Si, par erreur, on a récité une bénédiction sur un aliment dont la consommation est interdite – par exemple, une viande tarèfe, ou du ‘hamets à Pessa‘h –, on n’en mangera pas du tout, et la bénédiction dite sera vaine. Dans le cas même où l’interdit de consommation est seulement rabbinique, on n’ingérera rien de cette nourriture.
De même, si l’on a mangé d’un aliment carné, et que, dans l’heure qui suit, on ait dit la bénédiction d’un aliment lacté : on ne goûtera point à l’aliment lacté, puisque, de l’avis de tous, la chose est rabbiniquement interdite. Mais si, avant d’avoir dit la bénédiction de l’aliment lacté, on a mangé d’un aliment neutre (parvé) et l’on a bu, de sorte que notre bouche est à présent nettoyée des résidus de viande, ou si une heure a passé depuis que l’on a terminé de manger la viande, on goûtera quelque peu à l’aliment lacté, puisque certains Richonim permettent de manger alors de tels aliments. Cela, afin de n’avoir pas prononcé vainement une bénédiction (cf. Pniné Halakha – Lois de la cacheroute 26, 2, notes 3 et 5).
Si, par erreur, on a récité la bénédiction d’un aliment à l’issue de Chabbat, avant la Havdala, et que, avant de commencer à manger, on se souvienne qu’il est interdit de manger avant la Havdala, on goûtera un peu de cet aliment. En effet, il n’y a pas d’interdit frappant l’aliment en tant que tel ; par conséquent, pour que cette bénédiction, une fois prononcée, ne soit pas vaine, il est préférable d’y goûter quelque peu. La règle est la même si, par erreur, on a dit une bénédiction sur quelque aliment avant le Qidouch (Rema 271, 5 ; Michna Beroura 26).
De même, si, par erreur, on a dit la bénédiction d’un aliment dont on doit s’abstenir en raison d’une coutume, on y goûtera quelque peu, afin de ne pas laisser vaine sa bénédiction. Si donc on dit par erreur la bénédiction d’un morceau de viande pendant les huit premiers jours du mois d’av, on y goûtera quelque peu. En effet, l’interdit de manger de la viande pendant ces jours est coutumier. De plus, le seul fait de goûter un morceau minime n’est pas source de joie, de sorte que cela porte très peu atteinte au deuil propre à ces jours.
Dans le même sens, si l’on a dit, par erreur, la bénédiction d’un aliment avant de réciter la prière de Cha‘harit, on y goûtera quelque peu, puisque le fait d’y goûter n’est pas, en ce cas, une expression d’orgueil : si l’on y goûte, c’est seulement pour éviter que la bénédiction prononcée soit vaine.
Si, oubliant que c’était jour de jeûne, on a récité la bénédiction Chéhakol sur un verre d’eau, la majorité des décisionnaires estiment que l’on ne boira pas. En effet, l’interdit de boire et de manger, les jours de jeûne, est clair, et il ne faut pas accomplir positivement un acte qui contreviendrait à cet interdit[10].
Si l’on a dit la bénédiction sur des fruits, et que l’on s’aperçoive que l’on n’a pas procédé aux prélèvements et aux dîmes, on fera lesdits prélèvements, en récitant tout le texte qui y est associé, puis on mangera [sans répéter la bénédiction]. Puisque tout le propos des prélèvements est de rendre possible la consommation, la récitation dudit texte ne sera pas considérée comme une interruption (hefseq) (cf. Pisqé Techouvot 167, 10, notes 79-80 ; Cha‘aré Haberakha 13, 19-20).