On a l’obligation de réciter chaque jour cent bénédictions (Mena‘hot 43b ; Choul‘han ‘Aroukh 46, 3). Le roi David décida cela à une époque où sévissait une épidémie, dans laquelle mouraient chaque jour cent Israélites. David comprit, par l’effet de l’esprit saint (roua‘h haqodech), que cette épidémie avait pour cause le fait que l’on ne bénissait pas l’Éternel avec perfection, par le biais de cent bénédictions quotidiennes. Il décréta donc que les enfants d’Israël réciteraient désormais cent bénédictions par jour (Nb Rabba 18, 21 ; Tour, Ora‘h ‘Haïm 46).
Seuls les hommes sont assujettis à cette mitsva. Ils ont en effet l’obligation de réciter trois offices de prière quotidiens ; de sorte que, avec les repas, on arrive à plus de cent bénédictions quotidiennes. Les femmes, en revanche, n’ont pas l’obligation de réciter les trois prières quotidiennes ; et dès lors qu’elles ne les récitent pas, elles n’ont pas la possibilité d’arriver au nombre de cent bénédictions.
Les jours de Chabbat et de Yom tov, où l’on récite moins de bénédictions dans la ‘Amida, on doit prononcer plusieurs bénédictions supplémentaires. On les récitera sur des parfums et différentes nourritures (Mena‘hot 43b). Quand ce n’est pas possible – par exemple à Kipour, ou les autres jours de jeûne, où toutes les bénédictions de jouissance relatives à la nourriture sont manquantes –, on peut former l’intention d’associer à ses bénédictions celles que l’on entend prononcer par les appelés à la Torah et par le lecteur de la haftara. En cas de nécessité, on peut même inclure dans le compte les bénédictions que l’on entend réciter par l’officiant lors de la répétition de la ‘Amida (Michna Beroura 46, 14)[6].
Le Chabbat, manquent trente-six bénédictions au sein des trois ‘Amidot (elles en comptent sept au lieu de dix-neuf), et la bénédiction des téphilines ; en revanche, s’ajoutent les sept bénédictions de la ‘Amida de Moussaf, les trois du Qidouch, de sorte qu’il en manque en tout vingt-sept. Le Chabbat, se récitent donc à tout le moins quatre-vingt bénédictions. Afin d’atteindre le nombre de cent, il faut ajouter des bénédictions sur les parfums, et sur ce que l’on goûtera et boira en dehors du cadre des repas (cf. ci-dessus, chap. 3 § 6), ainsi qu’Acher yatsar, que l’on récite après être allé aux toilettes. Si néanmoins on ne parvient pas à atteindre les cent berakhot, on formera l’intention, en répondant amen à celles que prononcent les appelés à la Torah, de les joindre aux siennes propres. (Ce compte est basé sur une journée commençant le soir et se poursuivant le jour ; c’est de cette manière que calculent le Beit Yossef, le Maguen Avraham et le Michna Beroura. Il doit bien en être ainsi, car, dans le cas inverse, il n’y aurait pas de difficulté à parvenir, le Chabbat et à Kipour, au nombre de cent bénédictions.)