Certaines bénédictions instituées par les Sages ont été formulées de façon courte : elles consistent en une louange unique, sans développement. Ainsi des Birkot hacha‘har (bénédictions matinales) et des birkot ha-néhénin (bénédictions de jouissance). D’autres ont été formulées de manière large, et contiennent de nombreux détails. Dans une bénédiction courte, on ne dit qu’une fois Baroukh Ata…, tandis que, dans une bénédiction longue, on commence par Baroukh Ata, et l’on répète cette formule à la fin. C’est le cas, par exemple, de la bénédiction Acher yatsar, ou encore de Mé’ein chaloch. Quand une bénédiction est toujours récitée à la suite d’une autre, on ne commence pas par la formule Baroukh…, car on considère que la bénédiction précédente, qui commence et s’achève par Baroukh…, lui sert d’introduction (Pessa‘him 104b). Aussi, dans la ‘Amida et le Birkat hamazon, seule la première bénédiction débute par Baroukh ; pour les autres, quoiqu’elles soient longues, on ne dit Baroukh Ata qu’en leur conclusion[e] (cf. ci-dessus, chap. 4 § 2). Il existe aussi un petit nombre de bénédictions de reconnaissance qui, bien qu’on ne les récite pas toujours en les juxtaposant à une autre, ne débutent pas par Baroukh ; ainsi d’Elo-haï néchama, que l’on récite le matin (Choul‘han ‘Aroukh 6, 3 ; cf. Michna Beroura 6, 12).
Il ne faut pas modifier les textes de bénédiction institués par nos Sages. Si l’on a modifié le texte d’une bénédiction, on est néanmoins quitte de son obligation si l’on a observé les quatre mentions propres à toute bénédiction. Ces quatre mentions sont : a) le mot baroukh (« béni ») ; b) la mention du nom divin ; c) le fait que Dieu est Roi de l’univers ; d) le contenu particulier à la bénédiction ; il en est certaines dont le contenu inclut plusieurs détails dont la mention est indispensable, comme c’est le cas du Birkat hamazon (cf. ci-dessus, chap. 4 § 5). Si l’on a dérogé à l’une de ces quatre exigences, on n’est pas quitte de son obligation (Berakhot 40b ; Choul‘han ‘Aroukh 214, 1 ; Choul‘han ‘Aroukh Harav 185, 2 ; Michna Beroura 68, 1).
Dans le cas d’une série de berakhot récitées de manière continue – c’est le cas du Birkat hamazon, des bénédictions du Chéma, de la ‘Amida –, il n’est pas nécessaire de mentionner la royauté divine à chaque berakha : puisque cette mention apparaît déjà au sein de la première berakha, toutes celles qui seront dites continûment à sa suite seront sous l’effet de cette première mention. Mais le nom divin lui-même doit être obligatoirement mentionné dans toutes les berakhot : puisque le fondement même de toute idée de bénédiction est de s’adresser personnellement à l’Éternel, on se doit de mentionner son nom.