13.Cas d’erreur

Si l’on a pris un verre d’eau en sa main, et que, au moment où l’on récite les mots Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélekh ha’olam, on croie qu’il s’agit de vin, de sorte que l’on a l’intention de dire la bénédiction Haguéfen ; puis que, s’apercevant qu’il s’agit d’eau, on termine par les mots chéhakol nihya bidvaro, on est quitte (Rachi ; Tossephot).

Même si l’on ne s’aperçoit de son erreur qu’après avoir terminé sa bénédiction par la formule boré peri haguéfen, et que l’on se reprenne immédiatement en disant chéhakol nihya bidvaro – sans avoir marqué d’interruption trop longue entre les deux formules[i] – on sera quitte, puisque, somme toute, on se sera corrigé. Certains Richonim estiment, il est vrai, que, puisque l’on s’est trompé au cours de la bénédiction elle-même, aussi bien dans son intention que dans sa parole, on ne saurait être quitte (c’est ce qui ressort de Rachi et de Tossephot). Mais en raison du doute, la majorité des Richonim décident que l’on est quitte de son obligation (Raavad et Roch, d’après les Guéonim et le Rif ; et c’est en ce sens que tranchent le Choul‘han ‘Aroukh 209, 2 et le Michna Beroura 5-6).

Si l’on a un verre d’eau en main, et que l’on ait dit toute la bénédiction de l’eau, comme il convenait, mais que, après avoir terminé de la réciter, on s’égare et que l’on ajoute, croyant se corriger, les mots boré peri haguéfen : certains auteurs estiment que l’on n’est point quitte, puisque l’on a décidé d’achever la berakha par la mention du vin, et que la berakha du vin ne saurait couvrir la consommation de l’eau (Raavad, Rabbi Zera‘hia Halévi). D’autres pensent que, puisque l’on avait d’abord dit sa bénédiction correctement, on s’était déjà rendu quitte de son obligation, et qu’en se « corrigeant » ensuite, on n’a pas pu invalider la berakha que l’on avait déjà valablement conclue (Na‘hmanide, d’après les Guéonim). Puisque, en cas de doute portant sur une bénédiction, on est indulgent, il faut considérer que l’on est quitte[11].


[i]. On appelle cette pause rapide, qui n’est pas considérée comme une interruption, tokh kedé dibour (litt. « tout en parlant », c’est-à-dire « sur le mode d’une parole continue »). La pause ne doit pas être plus longue que le temps nécessaire pour dire « Chalom ‘alékha, Rabbi » (« Bonjour à toi, mon maître »).

 

[11]. Si l’on a pris en main un verre d’eau, et que l’on ait dit les mots Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hénou, Mélekh ha’olam tout en pensant terminer par chéhakol nihya bidvaro, et que l’on ait finalement dit, par erreur, boré peri haguéfen : selon la majorité des décisionnaires, on n’est pas quitte, puisque, en pratique, on a dit une bénédiction erronée (Raavad ; Roch ; Rachba). Selon Maïmonide, l’intention, formée au début de la bénédiction, de la réciter comme il convient, est efficace pour acquitter de son obligation celui qui l’a dite, quoiqu’il n’ait pas effectivement prononcé le texte adéquat. Certains auteurs, en raison du doute, donnent pour directive de ne pas répéter la bénédiction (Choul‘han ‘Aroukh 209, 1). Mais en pratique, nombreux sont les auteurs qui estiment que l’on n’est point quitte, et qu’il faut donc la répéter (Touré Zahav ; Maguen Avraham ; Michna Beroura 209, 1).

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