07. Voyages en avion ou en bateau

Dans les dernières générations, la question s’est posée de savoir si ceux qui voyagent en avion doivent être assimilés à « ceux qui traversent les déserts », et doivent à ce titre réciter la Birkat hagomel. Selon certains, ils ne sont pas comparables à ceux qui voyagent dans le désert. De plus, voyager en avion, de nos jours, n’est pas plus dangereux que de voyager en voiture ; et de même que l’on ne dit pas la bénédiction après un trajet en voiture, de même n’y a-t-il pas lieu de la dire après un vol en avion (‘Helqat Ya‘aqov II, 9 ; Dvar Yehochoua, Berakhot 9 ; Rav Goren ; Rav ‘Haïm David Halévi en ‘Assé Lekha Rav VI, 16). Face à cela, de nombreux décisionnaires donnent pour instruction de réciter la Birkat hagomel après un voyage en avion. Le Rav Feinstein (Igrot Moché, Ora‘h ‘Haïm II, 59) explique que la bénédiction Hagomel a été instituée pour les cas où l’homme sort de son activité ordinaire pour se placer dans une situation dangereuse ; or il n’est pas naturel que l’homme reste dans l’air sans tomber. Et dans la mesure où l’on bénéficie là d’un secours à l’égard d’un danger, il y a lieu de réciter ensuite Hagomel (c’est aussi ce qu’écrivent le Qtsot Hachoul‘han et le Halikhot Chelomo 23, 5). Toutefois, certains décisionnaires estiment qu’il n’y a lieu de réciter la berakha qu’après un voyage d’au moins soixante-douze minutes (Tsits Eliézer XI, 13, Ye‘havé Da‘at II, 26)

En pratique, il semble qu’il soit juste de s’abstenir de dire la berakha, puisque celle-ci a été instituée pour des situations sortant de l’ordinaire, tandis que, de nos jours, voyager en avion est devenu chose ordinaire, qui n’est pas plus dangereuse que de voyager en auto. Mais quand une personne n’est pas habituée à prendre l’avion et en éprouve de la peur, elle pourra, si elle souhaite réciter la bénédiction après son arrivée, s’appuyer sur l’opinion d’après laquelle il faut la réciter.

Dans le même sens, les décisionnaires sont partagés quant aux voyages entrepris dans les bateaux fiables de notre temps. En pratique, il semble que, si aucun incident dangereux ne s’est produit pendant le trajet, il n’y ait pas lieu de réciter Hagomel pour un voyage ordinaire[7].


[7].Selon l’Or lé-Tsion II, 14, 43 et le Birkat Hachem IV, 6, 21, on récite la berakha. Pour le Dvar Yehochoua, hilkhot berakhot 9, on ne la récite pas. Or il est vraisemblable que tous ceux qui, autrefois, estimaient qu’on ne la récite pas pour des traversées courtes – parce que celles-ci ne présentent pas de danger – diraient aujourd’hui de ne pas la réciter, même pour des traversées longues ; ainsi du ‘Hida, en Lé-David Emet 23, 9, et du Min‘hat Yits‘haq IV, 11 ; cf. Pisqé Techouvot 219, 2. Il faut associer à cela l’opinion selon laquelle, pour les voyages en mer également, on ne récite la berakha que si l’on s’est trouvé en danger (Yad Hamélekh, hilkhot berakhot 10, 8). Nous n’avons pas ajouté que, si le voyageur a peur, il devra réciter la bénédiction ; en effet, de nos jours, ceux qui voyagent en mer sont soit des professionnels, comme les marins, qui n’ont pas peur, soit des plaisanciers, qui, puisqu’ils ont choisi ce mode de transport, ne sauraient dire la berakha.

Sports extrêmes : il semble que ceux qui choisissent de partir en randonnée dans le désert ou dans la jungle, de nager ou de faire du surf en haute mer, ou de se livrer à d’autres activités dangereuses dans le cadre de « sports extrêmes », que certains pratiquent pour le plaisir – tels que parapente, parachutisme ou descente en rappel (rappelling) –, n’aient pas à réciter la berakha, dès lors que l’activité s’est déroulée suivant son protocole, sans danger particulier. En effet, il s’agit d’une activité que l’on a choisie pour son plaisir, et, de prime abord, on se sera préparé convenablement afin d’éviter de se mettre en danger.

Si c’est à une activité proprement dangereuse que l’on a choisi de se livrer, c’est l’activité même qui est interdite, en raison de la mitsva de préserver son intégrité physique (cf. Pniné Halakha, Liqoutim II, 9, 7). Dès lors, si l’on a enfreint l’interdit, il n’y a nullement lieu de réciter une berakha à ce propos (de même que nous l’expliquions en note 4, au sujet du suicide). Cependant, il semble que l’on doive dire la berakha si, au cours de cette activité à laquelle il était interdit de se livrer, un incident a eu lieu, qui a ajouté un danger significatif à celui que l’on avait prévu ; en effet, on ne se sera pas volontairement livré à ce danger supplémentaire.

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