07. Nouvelle maison

Quand des époux ont acheté une maison, et qu’ils sont associés dans cette acquisition, l’un et l’autre doivent réciter la bénédiction Hatov vé-hamétiv. Si la maison appartient à l’un des époux seulement, et est enregistrée à son nom, c’est cet époux seul qui récitera une bénédiction ; mais puisque les deux époux jouiront de cette maison ensemble, c’est, là encore, Hatov vé-hamétiv qu’il dira. Si c’est une personne seule qui achète une maison pour elle-même, elle dira Chéhé‘héyanou. Mais un locataire, ou celui qui a l’autorisation d’occuper une maison pendant quelques années, ne dit pas de bénédiction en s’y installant, puisque la maison n’est pas à lui (Choul‘han ‘Aroukh 223, 3 ; Béour Halakha, passage commençant par Bana ; ‘Hatam Sofer, Ora‘h ‘Haïm 23).

Il y a lieu de réciter la bénédiction quand on entre dans la maison pour y habiter. S’il faut y fixer une mézouza, il sera bon de réciter la berakha à l’occasion de la pose de la mézouza, car alors la maison devient propre à être habitée (cf. Rabbi Aqiba Eiger 223, 3). Si l’on a oublié de dire la berakha à cette occasion, on la dira tant que se prolonge la joie du renouveau que l’on éprouve à l’égard de la maison.

Même si l’on a contracté un prêt immobilier, ou divers autres prêts, afin d’acheter sa maison, on doit réciter la berakha (Tsits Eliézer XII, 19). Cependant, si l’on contracte à cette fin de grandes dettes, que l’on n’ait pas de travail fixe et que l’on craigne de ne pas réussir à assurer les remboursements, on ne dira pas la berakha (Lev ‘Haïm III, 52 ; Kaf Ha‘haïm 223, 18 ; ‘Hazon ‘Ovadia, Berakhot p. 394).

Même si l’on est déjà propriétaire d’une maison, on doit réciter la bénédiction sur la seconde, si l’on a l’intention d’y habiter aussi. Mais si l’on a acheté une maison pour la donner à bail, ou si l’on est un opérateur immobilier, qui achète et revend des maisons, on ne dit point de bénédiction sur leur achat. De même, un commerçant en ustensiles ou en vêtements ne dira point la bénédiction quand il acquerra ces articles pour les besoins de son commerce (Mor Ouqtsi‘a 223).

Même pour l’agrandissement de sa maison, on récite la bénédiction ; de même, pour la réfection d’une pièce, quand elle apporte à la maison une amélioration et en rehausse le confort. En revanche, on ne dit pas de berakha pour des réparations ordinaires, ou pour un simple rafraîchissement de la peinture, que l’on effectue de temps à autre (cf. Michna Beroura 223, 12).

Quand, dans un village (yichouv), un groupe d’habitants font construire de leur propre initiative un bâtiment destiné à servir la communauté, un représentant de celle-ci dira la bénédiction Hatov vé-hamétiv au nom de tous, lors de l’inauguration du bâtiment – puisque les habitants sont associés dans la jouissance de ce nouvel édifice. De même pour une école : bien qu’elle appartienne au Conseil régional ou au ministère de l’Éducation, un représentant du public ou de l’école récitera à son propos la bénédiction Hatov vé-hamétiv, puisque l’école est destinée à l’usage public. Si le représentant hésite à prononcer une bénédiction relative à un bâtiment qui n’appartient pas aux habitants, il portera un vêtement neuf, sur lequel il pourra réciter la bénédiction Chéhé‘héyanou sans aucun doute. Et si, à l’occasion de cette inauguration, l’on apporte deux vins de caractères différents, on dira Hatov vé-hamétiv.

Selon certains auteurs, il est souhaitable que ceux qui font leur alya récitent la bénédiction Chéhé‘héyanou à leur arrivée en Erets Israël. De nombreux rabbins agirent ainsi, et il convient à quiconque se réjouit de son alya de réciter Chéhé‘héyanou, pour avoir eu le mérite d’accomplir cette grande mitsva, dont nos Sages disent (Sifré, Réeh 53) qu’elle équivaut à l’ensemble des mitsvot de la Torah[7].


[7]. Certains auteurs estiment qu’il n’y a pas lieu de dire Chéhé‘héyanou à l’occasion de l’alya (Lev ‘Haïm III, Ora‘h ‘Haïm 33 ; Choel Vénichal III, Yoré Dé‘a 404 ; Kaf Ha‘haïm 223, 27). D’autres pensent que l’on doit dire cette bénédiction (Rav Yits‘haq Nissim, Primat de Sion, Yayin Hatov I, 47 ; Rav Rabinovitch cité par Bemaré Habazaq VII, 20, et d’autres). De plus, il existe de nombreux témoignages au sujet de rabbins qui, au moment de leur alya, récitèrent la berakha. Parmi eux, le Rabbi de Boyan (en 5709 / 1949). Rav Mordekhaï Yitzhari rapporta que d’anciens maîtres du Yémen récitaient la bénédiction à la descente de l’avion qui les conduisait en Erets Israël. Le Rav Moché Botschko, le Rav Tsvi Guttman et bien d’autres agirent ainsi.

Si l’on acquiert une maison en Erets Israël, et à plus forte raison si l’on y construit une maison, on accomplit la grande mitsva de yichouv haarets (peuplement et mise en valeur du pays). Selon les responsa Beer Chéva’ 70, il sera bon d’offrir un repas de reconnaissance (sé‘oudat hodaya) à cette occasion ; et un tel repas sera considéré comme une sé‘oudat mitsva (repas offert à l’occasion d’une mitsva).

Mais en diaspora, il n’y a pas là de mitsva, comme il ressort du Talmud de Jérusalem (Sota 8, 4). Selon le Yam Chel Chelomo (Baba Qama 7, 37), même en diaspora, si le propos est d’inaugurer la maison par une étude de Torah et des louanges adressées à l’Éternel, afin de signifier que tous les repas et toutes les réjouissances qui se dérouleront en ces lieux seront liés à la sainteté, un tel repas est, lui aussi, une sé‘oudat mitsva. Le Maguen Avraham 568, 5 résume ces différents propos. Selon le Zohar (III, 50a), celui qui construit une nouvelle maison mentionnera explicitement que celle-ci est destinée au service de Dieu ; par cela, il bénéficiera de l’aide divine. Certains maîtres ont rédigé une suite d’études et de prières à réciter lors de l’inauguration d’une maison ; mais nombreux sont ceux qui n’ont pas coutume de réciter ces textes.

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