05 – Quand prononcer la bénédiction ‘Al nétilat yadaïm

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Le moment approprié pour prononcer la bénédiction Al nétilat yadaïm est immédiatement après l’ablution et avant le séchage des mains. Certes, le principe veut, pour toutes les bénédictions relatives à l’accomplissement d’une mitsva, que la bénédiction précède l’accomplissement ; c’est pourquoi nous disons la bénédiction sur les téphilines avant d’attacher celles-ci ; de même, nous disons la bénédiction sur la mézouzab avant de fixer celle-ci. Cependant, pour la bénédiction ‘Al nétilat yadaïm, la règle est différente, car il ne serait pas convenable de prononcer une bénédiction sans que ses mains soient propres ; aussi la bénédiction est-elle repoussée après l’ablution. Mais dans le même temps, il ne faut pas éloigner la bénédiction de l’accomplissement de la mitsva elle-même ; aussi, immédiatement après l’ablution, avant même le séchage des mains, il faut prononcer la bénédiction.

En pratique, on n’a pas l’habitude de dire la bénédiction dès la première ablution, qui suit immédiatement le sommeil, car en général, on a besoin d’aller aux toilettes au réveil, et il ne convient pas de prononcer une bénédiction alors que l’on a un besoin à soulager. De plus, de l’avis du Roch, la signification essentielle de l’ablution est de se préparer à la prière ; la bénédiction doit donc être relative à une ablution proche du moment de la prière. Aussi, après être allé aux toilettes, on se relave les mains, et l’on prononce la bénédiction avant le séchage. Celui qui n’aurait pas besoin, en se levant, d’aller aux toilettes, dirait la bénédiction sur l’ablution qui suit immédiatement son lever (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 6, 2 ; Michna Beroura 4, 4)[1].

Pour celui qui se lève longtemps avant d’aller prier, et sait avec certitude qu’il aura besoin, avant la prière, d’aller de nouveau aux toilettes pour les grands besoins, le moment requis pour dire la bénédiction Al nétilat yadaïm est incertain. Selon le Rachba, pour lequel l’ablution se fait en l’honneur du jour nouveau, il vaut mieux dire la bénédiction dès le lever. Mais selon le Roch, qui pense que l’ablution a été instituée comme préparation à la prière, il vaut mieux dire la bénédiction à l’occasion de l’ablution la plus proche du moment de la prière. Le conseil que l’on peut donner à ce sujet est de dire, immédiatement après l’ablution qui suit le lever, les bénédictions du matin (Birkot hacha’har) : de cette façon, les bénédictions matinales seront considérées, dans une certaine mesure, comme commencement de la prière, et l’ablution comme préparation à ces bénédictions ; on pourra ainsi, même de l’avis du Roch, dire la bénédiction Al nétilat yadaïm au lever.

Aussi, toute personne qui se lève après le milieu de la nuit (‘hatsot), se lavera les mains, dira la bénédiction Al nétilat yadaïm, puis récitera la suite des bénédictions du matin (Birkot hacha’har). Toutefois, si l’on a l’intention de se lever pour quelques heures, puis de se recoucher jusqu’à l’heure de la prière, on se lavera les mains sans bénédiction à son premier lever, puis on se les relavera à son second lever, cette fois avec bénédiction, puisque c’est ce second lever qui précède immédiatement la prière. (Au sujet des bénédictions du matin, en revanche, voir chap. 9 § 5, où l’on dit qu’il est préférable de dire ces bénédictions après le premier lever, à condition que cela soit après ‘hatsot)3.

  1. b. Parchemin sur lequel sont écrits les deux premiers paragraphes du Chéma Israël (Dt 6 et 11), que l’on fixe sur le montant de ses portes.

[1]. Le Michna Beroura 4, 4 écrit d’après le Maguen Avraham que celui qui se lève, au réveil, et a besoin d’aller aux toilettes, doit, avant d’aller aux toilettes, se laver les mains trois fois rituellement sans dire la bénédiction, cela afin de détacher de ses mains l’esprit d’impureté. Après avoir fait ses besoins, il se relavera les mains avec bénédiction, car telle est la règle, d’après le Roch, que de concevoir l’ablution avec bénédiction  comme une préparation à la prière. Toutefois, le Gaon Rav Ovadia Yossef (Halakha Beroura 4, 4, Bérour Halakha 4, 4) ne craint pas tellement le maintien quelque peu prolongé de l’esprit d’impureté sur les mains, et donne pour directive pratique de faire d’abord ses besoins, puis de se laver les mains avec bénédiction, de façon que la bénédiction soit dite sur la première ablution, ce qui est plus proche de l’opinion du Rachba.  Et, poursuit l’auteur, si l’on a un besoin urgent à soulager, au point qu’attendre constituerait une transgression de l’interdit de bal techaqetsou (souiller sa personne), il devient impératif d’aller aux toilettes avant l’ablution des mains. On peut cependant répondre à cela qu’un délai court, de la durée de l’ablution des mains, ne constitue pas une transgression de l’interdit de bal techaqetsou. L’usage est donc, en pratique, conforme à l’opinion du Michna Beroura et des kabbalistes, ce qui permet de se purifier promptement de tout esprit d’impureté.

Sur le fait de dire la bénédiction avant le séchage, voir Kaf Ha’haïm 4, 8. Et bien que, d’après l’usage ashkénaze, il soit possible de repousser la bénédiction et de la joindre à la récitation des bénédictions du matin (Birkot hacha’har), il est plus juste de dire la bénédiction au moment de l’accomplissement de la mitsva, comme l’écrit le Michna Beroura 6, 9.

  1. 3. Certes, le Michna Beroura (Béour Halakha 4, 1 ואפילו) tranche comme le ‘Hayé Adam, selon lequel, si l’on se lève longtemps avant la prière, et que l’on sache que l’on aura besoin de retourner aux toilettes avant la prière, on dit la bénédiction Al nétilat yadaïm sur l’ablution qui précède immédiatement la prière, car cela est conforme à l’opinion du Roch a priori. D’ailleurs, pour le Rachba lui-même, il est permis de repousser la bénédiction Al nétilat yadaïm et de la dire à l’approche de la prière. C’est aussi ce qu’écrivent Or lé-Tsion et Halikhot Chelomo. (Néanmoins, on explique, dans ces sources, que celui qui s’apprête à commencer sa prière doit dire la bénédiction Al nétilat yadaïm sur la première ablution, bien qu’il sache avec certitude qu’il aura besoin de retourner aux toilettes après les Pessouqé dezimra ; en effet, il amorce déjà son office de prière).

Toutefois, de nombreux A’haronim écrivent qu’il est préférable de dire la bénédiction plus près de son lever, car cela est plus conforme aux vues du Rachba ; et de l’avis même du Roch, si l’on dit les Birkot Hacha’har à la suite de sa première ablution, on peut considérer celles-ci comme commencement de la prière. C’est ce qu’écrivent le Chla, le Gaon Rabbi Chnéour Zalman de Liadi dans son sidour, le Chaaré Techouva, le Dérekh Ha’haïm et le Aroukh Hachoul’han 4, 5. Dans cette dernière source, l’auteur explique que, de l’avis même du Roch, les sages ont institué l’ablution et sa bénédiction au réveil, comme les autres bénédictions du matin. D’ailleurs, selon le Michna Beroura lui-même, on peut s’appuyer sur ces sources. Et c’est ce qu’écrit le Kaf Ha’haïm 4, 52 : on doit, selon lui, dire la bénédiction Al nétilat yadaïm peu de temps après le lever.

Cet auteur rapporte une controverse entre A’haronim : pour certains, on peut dire la bénédiction Al nétilat yadaïm dès avant le milieu de la nuit (‘hatsot), et tel est l’usage des Kabbalistes, tel que le rapporte le Ben Ich ‘Haï (Toledot 13). Mais le Gaon Rabbi Chnéour Zalman et d’autres écrivent que l’on ne peut dire la bénédiction Al nétilat yadaïm qu’après le milieu de la nuit. J’ai écrit qu’il y avait lieu de ne dire cette bénédiction qu’après ‘hatsot, afin de sortir du doute.

Si l’on a l’intention de redormir, selon le Ben Ich ‘Haï, le Kaf Ha’haïm 46, 49 se fondant sur la Kabbale, et Rabbi Chnéour Zalman, on dira la bénédiction Al nétilat yadaïm à son premier lever. Pourtant, cette fois, il semble plus souhaitable d’adopter l’usage du Michna Beroura, du ‘Hayé Adam et du Gaon de Vilna, et c’est dans ce sens que j’ai écrit. Cependant, il est évident que celui qui souhaite dire la bénédiction à son premier lever, suivant l’avis de nombreux décisionnaires, y est autorisé.

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