02 – Nétilat yadaïm pour celui qui n’a pas dormi de la nuit

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De ce que nous avons appris dans le paragraphe précédent (où nous suivons la compréhension du Beit Yossef), il ressort que, selon le Rachba, une personne qui n’aurait pas dormi de la nuit devrait néanmoins se laver les mains avec bénédiction, afin de se sanctifier et de louer l’Eternel pour le jour nouveau. En revanche, d’après le Roch, dans la mesure où cette personne n’a pas dormi, il n’y a pas à craindre qu’elle ait touché, sans y faire attention, des parties habituellement couvertes de son corps ; il n’est donc pas nécessaire qu’elle se lave les mains avant de prier.

Par conséquent, le Choul’han ‘Aroukh (4, 13) a décidé que, si l’on reste éveillé toute une nuit, on doit, au matin, se laver les mains sans bénédiction. D’un côté, on doit se laver les mains, conformément à l’avis du Rachba, mais de l’autre, on ne dit pas de bénédiction, afin de ne pas prononcer de bénédiction vaine du point de vue du Roch.

À ce sujet, l’auteur du Michna Beroura (4, 30) écrit que la meilleure solution, si l’on n’a pas dormi durant la nuit, est d’aller faire ses besoins avant la prière ; alors, du fait que les mains auront touché des parties habituellement couvertes du corps, on sera, même de l’avis du Roch, dans l’obligation de se laver les mains avec bénédiction. De cette façon, on pourra se laver les mains puis dire la bénédiction, en accord avec toutes les opinions. Tel est l’usage ashkénaze pour ceux qui veillent durant la nuit de Chavou’ot1.

Mais selon l’usage séfarade, même si l’on a touché des parties de son corps habituellement recouvertes, on doit se laver les mains avant la prière sans bénédiction, car on prend en compte l’opinion selon laquelle les sages n’ont institué une bénédiction sur l’ablution que dans le cas où l’on a dormi durant la nuit – tandis que celui qui se serait sali les mains sans avoir dormi auparavant serait semblable à celui qui se salit les mains avant les offices de Min’ha ou d’Arvit, cas dans lequel on se lave les mains sans bénédiction. La seule parade pour qui veut être quitte d’après toutes les opinions est d’écouter la bénédiction dite par un tiers, en ayant l’intention de s’acquitter de son obligation par l’écoute (Kaf Ha’haïm 4, 49). (Voir ci-après, § 5 et chap. 9 § 4-5, la règle applicable à celui qui resterait éveillé toute la nuit ou qui se lèverait au milieu de la nuit, quant aux bénédictions du matin et à la bénédiction ‘Al nétilat yadaïm).

  1. Chavou’ot : fête des semaines ou pentecôte, célébrée sept semaines après Pessa’h. Durant la nuit de Chavou’ot, nombreux sont ceux qui ont adopté la coutume de prendre part à une veillée d’étude.
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