08 – Aliments que l’on a touchés avant de faire nétilat yadaïm

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Nous avons appris au paragraphe 3 qu’en raison de l’esprit d’impureté qui repose sur les mains le matin, il ne fallait pas toucher à des aliments ou à des boissons avant l’ablution des mains. Quand un Juif qui ne s’est pas lavé les mains touche néanmoins des aliments, s’il s’agit d’aliments secs, tels que des fruits, que l’on peut rincer, on rincera trois fois ces aliments à l’eau : de même que la triple ablution des mains purifie les mains, le triple rinçage purifie les fruits. En revanche, si l’on a accidentellement touché des liquides ou des aliments que le rinçage abîmerait, l’opinion rigoureuse consiste à jeter ces aliments, en raison de l’esprit d’impureté qui réside sur eux (Od Yossef ‘Haï, Toledot 6) ; mais, d’après la majorité des décisionnaires, les aliments qu’il n’est pas possible de rincer sont, eux aussi, permis à la consommation.

Il y a deux raisons à cela : premièrement, selon la majorité des décisionnaires, l’esprit d’impureté qui réside sur les mains n’a pas la faculté d’altérer des aliments (‘Hayé Adam, principe 2, 2 ; Michna Beroura 4, 14 ; Aroukh Hachoul’han 4, 15). Certes, en ce qui concerne une boisson forte telle qu’une liqueur, certains décisionnaires sont rigoureux, car on peut craindre que le contact n’endommage ladite boisson. Mais quoi qu’il en soit, en ce qui concerne les autres aliments, la majorité des décisionnaires s’accordent à dire qu’ils ne sont pas disqualifiés par le contact avec des mains non rituellement lavées (Béour Halakha 4, 5 Lo). Deuxièmement, certains pensent (comme nous l’avons vu au paragraphe 4) que cet esprit d’impureté a disparu de notre monde, et qu’il n’est pas à craindre de dommage de ce côté. Il ne faut donc pas jeter et gâcher des aliments qui auraient été touchés par des mains non lavées1

De même, il est permis d’acheter, même a priori, du pain ou d’autres aliments présentés sur les étales des magasins, bien qu’il soit à craindre que des Juifs ne les aient touchés sans s’être lavé les mains le matin. En effet, nous avons vu que, d’après la majorité des décisionnaires, les aliments ne sont pas invalidés au contact de mains non rituellement lavées. De plus, il n’est pas certain qu’une personne dont les mains n’ont pas été rituellement lavées le matin ait effectivement touché ces aliments. Enfin, presque tout le monde a l’habitude de se laver les mains au robinet, le matin, et l’on rapporte au nom de Rabbi Isaac Louria (Od Yossef ‘Haï, Toledot 8) qu’un simple rinçage est utile pour affaiblir l’esprit d’impureté.

  1. La question qui se pose ici est halakhique et met en jeu, plus que la notion d’hygiène (qui peut se poser par ailleurs), celles de pureté et d’impureté, qui constituent des catégories juridiques.
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