11. S’il est interdit de consommer des aliments nuisibles

Bien qu’il faille s’efforcer de ne consommer que des aliments sains, la consommation d’aliments qui ne sont pas favorables à la santé n’est pas entièrement interdite. Aussi, celui qui en mange doit-il réciter la bénédiction adéquate. S’il était interdit de les manger, il serait également interdit d’en dire les bénédictions (conformément à ce que nous avons vu au chapitre 12 § 10) ; or nous ne voyons pas que quiconque, parmi les décisionnaires, professe un tel avis. Maïmonide lui-même (en Hilkhot dé‘ot, chap. 4), qui énonce quels sont les aliments néfastes et qu’il ne convient pas de consommer, ne formule pas cela comme un interdit formel (cf. ci-dessus, chap. 9 § 2, note 3 ; Igrot Moché, ‘Hochen Michpat II, 76 ; Nichmat Avraham, ‘Hochen Michpat 155, 2, au sujet des propos du Rav Chelomo Zalman Auerbach).

La raison en est que, à ce qu’il semble, les recommandations de la diététique ne sont pas un absolu. Il est probable que, lorsqu’ils sont pris en petite quantité par une personne mangeant peu, les aliments considérés comme nuisibles eux-mêmes ne causent pas de dommages. De plus, il y a des personnes pauvres, qui n’ont pas la possibilité d’acheter les aliments les plus sains, lesquels sont généralement plus chers. Si donc ils s’abstenaient des aliments réputés néfastes, cela leur porterait davantage préjudice, car le manque de nourriture les affaiblirait et les rendrait malades. Cela tend à montrer que toute nourriture, même celle qui n’est pas réputée favorable à la santé, est, en certaines circonstances, utile, et ajoute à la santé.

En outre, les gens diffèrent les uns des autres dans leurs caractéristiques morales et physiques, et il se peut que les nourritures dont nous parlons ne soient préjudiciables qu’à une partie des consommateurs, tandis que les autres les prendraient sans dommage. De même, il y a d’autres facteurs qui influent sur la santé, et il est possible que tel aliment ne cause de grand dommage que s’il est associé à d’autres facteurs, tandis qu’il ne serait pas tellement néfaste sans leur être associé. De plus, le psychisme de l’homme influe, lui aussi, sur sa santé, et il se peut que, pour qui s’est habitué à manger tels aliments, s’en priver entièrement ait un effet si déprimant que l’état dépressif entraînerait lui-même des maladies plus dures encore.

Toutefois, il est évidemment interdit de consommer des aliments entraînant un danger immédiat ou proche ; et celui qui commet la faute d’en consommer ne doit pas en réciter la bénédiction. Par exemple, il est interdit à un malade dont l’état est dangereux, et à qui les médecins ont prescrit une diète sévère – faute de quoi il est à craindre qu’il meure en peu de temps –, de consommer les aliments qui lui nuiraient.

Mais pour les autres personnes, quoiqu’il faille s’efforcer grandement de consommer des nourritures saines et de s’abstenir des aliments néfastes, et quoiqu’il convienne de former le public à une alimentation et à un mode de vie sains, on ne saurait user de contrainte à cet égard, car il n’y a pas là d’interdit formel.

De même, si l’on a trop grossi, bien que l’on doive s’efforcer de perdre du poids, il convient de faire cela délicatement et graduellement. Car si l’on menait une guerre totale contre son corps et son appétit, il serait à craindre qu’un régime aussi extrême n’entraînât un dommage plus grave encore pour notre santé psychique et physique.

Il faut encore noter que, de temps à autre, se font connaître de nouvelles méthodes de santé. Chaque méthode a ses partisans et ses zélateurs, qui sont certains qu’elle seule est juste, et que quiconque agirait selon ses directives connaîtrait la santé, le bonheur et la longévité. Mais quelques années plus tard, il apparaît que, s’il se trouvait dans ladite méthode des aspects véridiques, elle était aussi entachée de graves erreurs. Aussi, la juste directive, selon la halakha, est de suivre les recommandations de la majorité des médecins (cf. Choul‘han ‘Aroukh, Ora‘h ‘Haïm 618). Et si l’on sent qu’une méthode déterminée est bonne pour soi, on pourra suivre ses indications, à condition qu’elle ne soit pas opposée à la position admise par la majorité des médecins spécialistes. Autre condition : ne pas la suivre de manière extrême, car une position extrême risque en soi d’être dangereuse.

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