Si l’on a besoin d’uriner ou d’aller à la selle, il convient de le faire sans tarder, afin de se nettoyer des déchets qui sont en son corps. Si le besoin est si urgent que l’on doive se retenir pour empêcher que la matière ne s’échappe, et que l’on ne puisse détacher l’esprit de ce besoin tant il est pressant, mais que malgré tout l’on n’aille pas aux toilettes, on enfreint l’interdit de bal techaqetsou (« vous ne vous rendrez point abominables[m] ») (Makot 16b ; Choul‘han ‘Aroukh Harav, deuxième édition 3, 11 ; Echel Avraham de Rabbi Avraham Botchatch). De plus, celui qui se retient porte atteinte à sa santé (Maïmonide, Maakhalot assourot 17, 31). Et retenir ses urines, chez l’individu mâle, c’est se mettre en danger, au point de risquer la stérilité (cf. Yévamot 64b ; Michna Beroura 3, 31).
Si l’on est en mesure de se retenir plus du temps nécessaire pour parcourir une parsa[n] (soixante-douze minutes), et quoiqu’il soit souhaitable d’aller se soulager, cela n’est pas une obligation, et il est permis d’étudier la Torah pendant ce temps, ou de réciter des bénédictions (Michna Beroura 92, 7). Si l’on a commencé à étudier ou à vaquer à quelque autre occupation alors que l’on n’avait pas besoin d’aller aux toilettes, et que, par la suite, le besoin s’en soit fait sentir, au point que l’on ne pourrait se retenir soixante-douze minutes, mais sans que l’on soit pour autant obligé de se retenir afin que la matière ne s’échappe pas du corps, la majorité des décisionnaires estiment que l’on devra a priori s’interrompre et aller aux toilettes. Mais si l’on est en plein milieu d’une action, on pourra repousser quelque peu le moment d’aller aux toilettes, pour pouvoir finir cette action (Béour Halakha 92, 2, passage commençant par Qoré). Certains décisionnaires écrivent cependant que, même si l’on est au milieu d’un sujet ou d’une activité, il est préférable de s’interrompre immédiatement afin de se soulager (Ben Ich ‘Haï, Vayétsé 1). Toutefois, dans le cas même où le besoin est très pressant, mais où le fait de sortir pour aller aux toilettes nous causerait un grand embarras auprès des autres, tout le monde s’accorde à dire qu’il est permis d’attendre encore : si grand est l’honneur dû aux créatures qu’il repousse l’interdit de bal techaqetsou (Michna Beroura 3, 31 ; La Prière d’Israël 5, 9).
Aux toilettes, on se conduira de manière honorable, sans se déshabiller au-delà de ce qui est nécessaire afin de ne point se salir. Après s’être soulagé, on se nettoiera bien. Si c’est nécessaire, il est bon de se nettoyer à l’eau, ou à l’aide de lingettes humides (Choul‘han ‘Aroukh 3, 4 ; Michna Beroura 31). De même, on prendra grand soin de ne pas salir les toilettes ; et si, involontairement, on a causé quelque salissure, on nettoiera ce que l’on aura sali, afin de ne pas affliger ceux qui viendront faire leurs besoins après soi.