Après être allé aux toilettes, on se lavera les mains, et l’on récitera la bénédiction Acher yatsar. Que l’on soit allé à la selle ou que l’on ait uriné, et même si seules quelques gouttes sont sorties, on devra réciter cette bénédiction ; car si ces gouttes s’étaient accumulées dans le corps sans possibilité de sortir, on en subirait le dommage (Choul‘han ‘Aroukh 7, 4). Même si l’expulsion des urines ou des selles s’accompagne de grandes douleurs, on dira cette bénédiction pour avoir réussi à se libérer (Choul‘han Gavoha 7, 3)[3].
Si l’on souffre de diarrhée et que l’on ait besoin d’aller souvent à la selle, on devra réciter la bénédiction Acher yatsar après chaque selle. Mais si, immédiatement après s’être soulagé, on sent que l’on aura bientôt besoin d’y retourner, on dira la berakha après cette deuxième fois (Michna Beroura 7, 2).
Puisqu’il a été tranché, en halakha, qu’après être allé aux toilettes on ne dit pas la bénédiction ‘Al nétilat yadaïm sur l’ablution des mains, celui qui sort des toilettes n’est pas tenu de se laver les mains rituellement, à l’aide d’un ustensile : il lui suffit de se laver les mains en une fois, au robinet. Certaines personnes apportent à leur pratique un supplément de perfection, en se lavant les mains avec un ustensile. Certains ont même coutume de verser l’eau trois fois sur chaque main, alternativement. Pour préserver l’hygiène et la santé, les bons usages veulent que l’on se lave aussi les mains au savon[4].
[3]. Même si l’on a besoin d’un petit tube (cathéter) introduit dans la vessie pour extraire les urines, on dira Acher yatsar après leur évacuation (Har Tsvi, Ora‘h ‘Haïm I, 6). Si le cathéter est doté d’un bouchon, que l’on ôte à intervalle régulier pour permettre l’évacuation de l’urine, on récitera la bénédiction à chaque fois, après ouverture. Si le cathéter est relié à un sachet où l’urine se dépose de façon continue, on dira Acher yatsar une fois par jour, parmi les autres bénédictions matinales, et l’on formera l’intention, en la récitant, d’inclure par-là toutes les évacuations du jour (Nichmat Avraham, Ora‘h ‘Haïm 7, au nom du Rav Chelomo Zalman Auerbach ; Tsits Eliézer XVIII, 78, 4).
[4]. Les Richonim sont partagés quant au fait de savoir si, selon les Sages, il y a lieu de réciter la bénédiction ‘Al nétilat yadaïm après que l’on est allé aux toilettes. Selon le Raavad, il faut la dire, même si l’on est simplement allé uriner. Selon le père de Rabbi Ya‘aqov Landau (auteur de l’Agour), la bénédiction ne se dit qu’après être allé à la selle. Selon le Mordekhi, c’est dans le cas où l’on s’apprête à étudier ou à prier que l’on doit réciter cette bénédiction. Pour le Roch, c’est seulement dans le cas où l’on s’apprête à prier, et où nos mains ont touché un endroit souillé, que l’on devra dire la bénédiction ‘Al nétilat yadaïm. D’après le Rachba, c’est seulement au lever matinal, ou avant un repas accompagné de pain, que les Sages ont prescrit de la prononcer. C’est aussi ce qu’écrit le Mahari Abouha au nom de Rabbénou Tam ; tel est l’usage, et c’est en ce sens qu’est fixée la halakha (Beit Yossef et Choul‘han ‘Aroukh 7, 1).
Puisqu’on ne dit pas la bénédiction ‘Al nétilat yadaïm, il n’est pas non plus nécessaire d’utiliser un ustensile verseur. Mais en utiliser un constitue un enjolivement de la mitsva (hidour), car, pour ceux d’entre les Richonim qui estiment qu’il faut dire cette berakha, il est nécessairement exigé de se laver les mains à l’aide d’un ustensile (en effet, les termes mêmes de la berakha se réfèrent à l’ustensile verseur ; cf. Roch sur Berakhot 9, 23). L’auteur du Hékhal Haqodech est rigoureux, et exige de verser l’eau trois fois sur chaque main, par alternance ; mais le Maguen Avraham 7, 1 réfute ses paroles. Telle est aussi la position du Michna Beroura 4, 39 et de la majorité des décisionnaires. Le Ben Ich ‘Haï, Toledot 16 prescrit de rincer chaque main trois fois, mais sans exiger d’ustensile (cf. Bérour Halakha 7, 3).
Jusqu’à quand peut-on réciter la bénédiction Acher yatsar ? Des termes du Choul‘han ‘Aroukh 7, 3, il apparaît que l’on peut la dire toute la journée. Bien plus : si l’on a oublié de réciter cette bénédiction, et que l’on soit ensuite retourné aux toilettes, on la récitera deux fois. Mais dans leur majorité, les décisionnaires ne partagent pas cet avis : selon eux, on ne dit pas deux fois de suite la bénédiction Acher yatsar. Mais, tant que l’on n’a pas besoin de retourner aux toilettes, on récite la bénédiction que l’on n’avait point récitée jusqu’ici ; et si un nouveau besoin se fait sentir, on dira Acher yatsar après avoir satisfait ce nouveau besoin (Maguen Avraham ; Michna Beroura 7, 6 ; Cha‘ar Hatsioun 4 ; telle est l’opinion des décisionnaires ashkénazes et d’une partie des décisionnaires séfarades). Mais selon le Ben Ich ‘Haï (Vayétsé 12), on ne peut dire Acher yatsar que dans la demi-heure qui suit la satisfaction de ses besoins. Selon le Ye‘havé Da‘at IV, 5, on peut dire cette bénédiction dans les soixante-douze minutes.
Les A‘haronim sont partagés quant au fait de savoir si l’on peut se laver les mains rituellement à un lavabo qui se trouve dans la pièce même des toilettes. Certains sont indulgents (Erets Tsvi 111) ; d’autres rigoureux (Har Tsvi I, 50). En pratique, en cas de nécessité pressante, on peut être indulgent (Min‘hat Yits‘haq I, 60). Et s’il s’agit de toilettes combinées à une salle de bain, on peut être indulgent en cas de nécessité simple. Mais a priori, même si les toilettes sont combinées à la salle de bain, il est préférable de ne pas s’y laver les mains rituellement. Cf. cependant Yabia’ Omer III, 2, où il est indiqué que, si l’agencement du lieu permet de considérer l’espace du lavabo comme distinct de celui des toilettes – s’il est encadré de deux montants latéraux surmontés d’un linteau, formant ainsi une « structure de porte » (tsourat hapétaḥ) –, cela peut suffire, même en l’absence de porte réelle.