Si j’honore mon prochain en lui servant un plat, j’ai la responsabilité de veiller à ce qu’il récite la bénédiction ; faute de quoi je l’aiderais à enfreindre l’interdit consistant à manger une chose sans en dire la bénédiction (Choul‘han ‘Aroukh 169, 2).
Mais dans le cas où la personne en question est non pratiquante, et où il est sérieusement à craindre que, si on lui demandait de réciter la bénédiction, elle se vexerait, on lui servira la nourriture et la boisson sans lui demander d’en réciter la bénédiction. En effet, si on la vexait, on l’induirait à un interdit plus grand encore, en entraînant tension et haine entre elle et nous ; il se peut même que cela la conduirait à s’éloigner plus encore de la Torah et des mitsvot. Cependant, il n’y a pas lieu de craindre à l’excès que l’invité en question se vexe, car, en pratique, les Juifs qui ne se définissent pas comme religieux sont, pour la plupart, heureux de réciter les bénédictions, ou, tout au moins, d’y répondre amen quand ils sont invités chez un ami ou un parent pratiquant. Aussi peut-on généralement proposer à l’invité, avec douceur, de réciter la bénédiction ; ou, tout au moins, l’hôte peut-il dire celle-ci à haute voix : en répondant amen, l’invité sera considéré comme associé, dans une certaine mesure, à la bénédiction (cf. Igrot Moché, Ora‘h ‘Haïm V, 13 ; Min‘hat Chelomo I, 35 ; Chévet Halévi IV, 17 ; Pisqé Techouvot 169, 3-4).