La vue de tel grand mont ne retire rien aux impressions que nous inspire tel autre : si, un moment après avoir contemplé le Hermon, on prend l’avion pour l’Europe et que l’on y voie les Alpes, on récitera de nouveau la bénédiction ‘Ossé ma‘assé Béréchit. Ce n’est que si l’on voit une même montagne dans les trente jours suivant sa précédente vue qu’on ne répétera pas la bénédiction.
On peut donc contracter l’obligation de dire ‘Ossé ma‘assé Béréchit plusieurs fois le même jour : si l’on voit, un même jour, la mer Méditerranée, puis le mont Hermon, puis le lac de Tibériade, puis la mer Morte, puis la mer Rouge, on dira la bénédiction pour chacun d’entre eux séparément. De même, si, d’Israël, on prend l’avion pour les États-Unis, on dira ‘Ossé ma‘assé Béréchit en voyant la mer Méditerranée ; puis, après avoir traversé l’Europe, quand on verra l’océan Atlantique, on dira Ché‘assa et hayam hagadol. Et si, depuis l’avion, on voit des montagnes particulièrement grandes, on dira, sur elles également, ‘Ossé ma‘assé Béréchit.
Si l’on voit ensemble plusieurs paysages justifiant que l’on récite la bénédiction, on n’en récitera qu’une, qui vaudra pour tous ces paysages. Par exemple, si l’on se trouve à un endroit d’où l’on voit le lac de Tibériade et le mont Arbel, on dira une seule berakha, portant sur les deux.
Si l’on se promène dans une région où se trouvent plusieurs collines particulières, mais qui se ressemblent par leur forme, on récitera une seule bénédiction pour toutes, même si on les voit l’une après l’autre, puisque toutes appartiennent à la même région et qu’elles sont de formes ressemblantes. De même pour les grands monts : dès lors qu’ils se trouvent dans une même région, on récitera une seule bénédiction qui portera sur tous. Par exemple, le Carmel est tout entier considéré comme une seule et même région. La Judée, la Samarie et la Galilée, qui sont des territoires plus vastes, sont partagés en plusieurs secteurs selon les tracés du terrain. On dira la bénédiction pour les monts séparément et les collines séparément, à moins de les voir ensemble.
Si l’on fait une excursion dans le désert de Judée, on prononcera la bénédiction sur le désert en y entrant ; puis, si l’on voit plus tard un mont particulièrement grand, on redira sur lui la bénédiction. Si l’on arrive ensuite sur le site d’impressionnantes falaises, on dira également la berakha sur elles ; et si l’on voit par la suite, au cours de l’excursion, d’autres falaises particulières, la berakha que l’on aura dite précédemment portera sur elles toutes, puisqu’elles se trouvent dans la même région, et que leurs formes se ressemblent.