04. Vision comportant un élément de nouveauté et faisant impression

Si l’on habite près de la mer, ou que l’on ait l’habitude de s’y rendre, on ne récitera pas de bénédiction en voyant la mer, puisqu’il n’y a guère d’élément nouveau (‘hidouch) pour soi dans cette vision. Mais si l’on voit une autre mer, on dira la bénédiction. Par conséquent, quelqu’un qui habite près d’une plage méditerranéenne, ou qui a l’habitude de circuler en voiture sur la route attenante, s’abstiendra de réciter la berakha s’il voit la Méditerranée, même si c’est depuis une autre plage que celle à laquelle il est habitué. Même si, occasionnellement, trente jours passent sans qu’il la voie, il ne dira point de bénédiction la fois suivante : dans la mesure où il aurait facilement pu la contempler, le fait de la voir à présent ne présente pas de nouveauté. Mais s’il quitte son lieu de résidence pendant trente jours et que, à son retour, il veuille voir la mer, on considérera qu’il la « voit » véritablement, avec l’intensité que ce spectacle renouvelé produira en lui ; il dira donc la bénédiction. La règle est la même pour ceux qui habitent près d’une montagne ou d’une colline particulière[2].

Si l’on se trouve loin du paysage admirable, ou que des nuages voilent son apparence, on ne prononcera pas de bénédiction, puisque cette vision n’est guère impressionnante. Si, le lendemain, on approche de nouveau de ce lieu et qu’on le voie bien, cette vision sera considérée comme nouvelle, et l’on aura l’obligation d’en dire la berakha.

On ne peut fixer de distance en la matière : tout dépend de la taille du paysage et de l’angle de vue. Le principe est que, lorsque la vision est impressionnante, on dit la bénédiction.


[2]. Le fondement de cette règle se trouve dans celle qui régit la personne habitant près d’un lieu d’idolâtrie (cf. ci-après, § 16) : celle-là ne récitera pas de bénédiction en voyant un tel lieu, puisque cela ne présente rien de nouveau pour elle (Tossephot sur Berakhot 57b ; Nimouqé Yossef, ad loc. ; Hagahot Maïmoniot sur Michné Torah, Berakhot 10, 9). Selon ‘Olat Tamid, l’intention de ces auteurs est de dire que, dès lors qu’il ne s’est pas passé trente jours sans qu’on ait vu l’édifice idolâtre, on ne dit pas de bénédiction. Mais selon l’Elya Rabba, même si, occasionnellement, on n’a pas vu ce lieu d’idolâtrie pendant trente jours, on ne dira pas la bénédiction la fois suivante, car, pour ceux qui habitent à proximité, il n’y a point de nouveauté à le revoir. C’est aussi l’avis du Nehar Chalom, du Peri Mégadim et du Michna Beroura 224, 3. De ce cas découle la règle applicable à toutes les bénédictions portant sur la vision.

 

Toutefois, un doute existe quant aux personnes qui habitent en un lieu quelque peu éloigné de la mer, de sorte que, naturellement, elles ne voient la mer qu’une fois par quelques mois : ces personnes sont-elles comptées au nombre de celles qui « peuvent facilement voir la mer » ? En pratique, si une telle personne ne voit effectivement pas la mer pendant trente jours, et qu’elle soit impressionnée en la revoyant, elle dira la bénédiction. Il se peut en effet qu’il ne faille pas considérer une telle personne comme « habitant à proximité de la mer » ; et même si elle doit être considérée comme telle, le ‘Olat Tamid et ceux qui partagent son avis estiment que, dès lors qu’on n’a pas vu le lieu trente jours durant, on se doit de réciter la bénédiction. Toutefois, si l’on n’est pas particulièrement impressionné, on ne la récitera pas.

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