08. Quand on échappe à un danger ou à un accident

Nous l’avons vu, les Sages mentionnent quatre cas dans lesquels on doit réciter la Birkat hagomel : « ceux qui voyagent en mer, ceux qui traversent les déserts, le malade qui a guéri et le prisonnier libéré » (Berakhot 54b). Les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir si l’on doit également réciter la Birkat hagomel dans le cas où l’on a été sauvé d’autres dangers, par exemple si l’on a été attaqué par des brigands ou par des terroristes en ville, ou si un mur est tombé sur soi, ou si l’on a échappé à un incendie.

Certains estiment que l’on ne doit pas réciter Hagomel dans de tels cas, puisque cette bénédiction n’a été instituée que pour les quatre types de danger que mentionne le Talmud (Rabbi David Aboudraham au nom de Rabbi Guerchon). Mais la majorité des décisionnaires pensent que quiconque a échappé à un danger doit exprimer sa reconnaissance envers Dieu en récitant la Birkat hagomel (c’est l’opinion de Na‘hmanide, du Méïri, de Rabbi Yechaya A‘haron zal, du Rivach, du Tachbets et d’autres auteurs). Telle est, en pratique, la coutume ashkénaze et celle d’une partie des Juifs séfarades et orientaux (Michna Beroura 219, 32 ; au Yémen, Chtilé Zeitim 16 ; en Algérie, responsa Beit Yehouda du Rav Yehouda Ayache 6 ; en Turquie, Emet lé-Ya‘aqov et responsa Lev ‘Haïm de Rabbi ‘Haïm Falagi III, 53 ; au Maroc, Chémech Oumaguen III, Ora‘h ‘Haïm 63, 10).

Pour une autre partie du monde séfarade, puisque la question est controversée, quiconque échappe à un danger qui n’est pas inclus dans les quatre cas mentionnés par les Sages dira la Birkat hagomel sans mentionner le nom ni la royauté de Dieu (Choul‘han ‘Aroukh 219, 9 ; Kaf Ha‘haïm 52 ; ‘Hazon ‘Ovadia). Il semble cependant que, suivant cette coutume elle-même, un voyageur qui a été exposé à un accident ou à un attentat dangereux et y a échappé devra réciter Hagomel : puisque le danger est survenu en chemin, ce chemin est devenu dangereux à l’égard de cette personne ; or ceux qui empruntent des chemins dangereux sont l’un des quatre groupes auxquels les Sages ont destiné la bénédiction. De même, si l’on a été piqué par un serpent dangereux, on est considéré comme un malade en danger : d’après tous les avis, on devra réciter la berakha pour en avoir réchappé.

Savoir si tel accident ou tel attentat doit être considéré comme dangereux dépend de l’opinion de gens raisonnables : si, à leur sens, cet événement était dangereux, il y a lieu de réciter la bénédiction ; s’il ne s’y trouvait pas de danger, on ne la récitera pas, quoique celui qui l’a vécu ait pu éprouver une grande peur. Par exemple, si l’on est simplement passé près d’un serpent, sans qu’il y ait eu de danger véritable, ou que, par manque d’attention, on se soit trop rapproché d’une voiture en marche, qui aurait pu nous renverser, on ne dira pas la berakha, puisque en pratique on ne s’est pas véritablement trouvé en danger. Quand le cas est douteux, par exemple si l’on a été exposé à un accident moyen, c’est le sentiment de la personne qui est déterminant : si elle a senti un danger, et qu’elle ait mis du temps à retrouver son calme, elle dira la bénédiction ; sinon, elle ne la dira pas.

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