16. Deux variétés d’une même espèce

Les décisionnaires sont partagés au sujet des fruits ou des légumes dont il existe plusieurs variétés. Certains disent qu’une seule bénédiction vaut pour elles toutes (Cheyaré Knesset Haguedola ; Birké Yossef). D’autres estiment que, puisqu’il existe entre ces variétés des différences significatives, on récite une bénédiction distincte pour chacune (Séfer ‘Hassidim ; Maharil ; Choul‘han ‘Aroukh 225, 4).

En pratique, il existe des variétés dont les différences sont petites, au point que seuls des spécialistes savent les distinguer. Il est clair qu’il n’y a pas lieu de dire Chéhé‘héyanou pour toutes les variétés d’une telle espèce. Même quand les différences sont discernables, du point de vue du goût et de l’apparence, le doute oblige à s’abstenir de redire la bénédiction, dès lors que ces différences ne sont pas grandes. Quand c’est possible, il est bon de se rendre quitte à l’égard de ces fruits, en récitant Chéhé‘héyanou sur un fruit requérant clairement cette bénédiction.

Mais quand il existe une grande différence entre les deux variétés, du point de vue gustatif et visuel, différence proche de celle qui distingue une espèce d’une autre, on sera autorisé, si l’on se réjouit de leur renouvellement, à dire Chéhé‘héyanou sur chacune. Le cas est en effet semblable à celui de deux espèces, plutôt que deux variétés d’une même espèce. Si, de plus, ces deux variétés ne poussent pas en même temps, il y a lieu de dire la bénédiction sur chacune[14].


[14]. Selon la majorité des décisionnaires, on récite la berakha pour chaque variété, car tel est l’avis du Teroumat Hadéchen, du Choul‘han ‘Aroukh 225, 4, du Maguen Avraham, du Gaon Rabbi Chnéour Zalman et de l’Elya Rabba. Face à cela, le ‘Hakham Tsvi, le Halakhot Qetanot, le Gaon de Vilna et le Birké Yossef écrivent que l’on ne redit pas la bénédiction. Selon le Cha‘ar Hatsioun 225, 18, chacun est autorisé à choisir quelle opinion il veut adopter. Quand les deux variétés mûrissent à des périodes différentes de l’année, nombre d’auteurs rigoureux admettent qu’il y a lieu de dire la berakha pour chacune ; c’est ce qu’écrivent le Birké Yossef, le Ben Ich ‘Haï, Réeh 13, et le ‘Hazon Ovadia, p. 447.

Exemples de variétés qui ont entre elles de grandes différences et qui croissent à des périodes différentes : le raisin blanc et le raisin noir ; les dattes jaunes [qui se consomment fraîches] et noires [qui ne se consomment que sèches] ; les prunes ordinaires (rondes) et les prunes de Californie (sombres et allongées). Pour les pommes également : si l’on sent la différence et la particularité des pommes du Hermon, par exemple, qui sont grandes, belles et rouges, dont le goût est acidulé et doux, et dont la saison revient à l’approche de Roch hachana, on sera fondé à dire Chéhé‘héyanou à leur sujet. Cf. Igrot Moché, Ora‘h ‘Haïm III, 33, selon qui, fondamentalement, même pour un type de fruit qui est présent chaque année grâce à la réfrigération, on peut dire Chéhé‘héyanou au retour de sa saison ; de sorte que l’on pourrait dire la bénédiction sur les pommes au moment de leur renouvellement. À plus forte raison sera-ce vrai pour la variété Hermon et certaines autres, qui sont spécifiques, et qui ne sont pas présentes toute l’année. Cf. cependant Vézot Haberakha p. 162, qui cite des opinions d’après lesquelles il n’y a pas lieu de dire Chéhé‘héyanou en ce cas.

En cas de doute, si l’on a un fruit ou un vêtement sur lequel on doit dire Chéhé‘héyanou, on pourra, par la berakha que l’on dira sur ce qui la requiert certainement, couvrir le fruit sur lequel porte le doute. Si, quand on a mangé pour la première fois des raisins blancs, on a oublié de dire Chéhé‘héyanou, et que l’on ait à présent des raisins noirs, il semble que l’on doive, d’après toutes les opinions, réciter Chéhé‘héyanou sur ces raisins noirs.

 

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