07. Les bénédictions de la Torah sont dites en vue de l’ensemble de la journée

Les bénédictions de la Torah que l’on récite le matin couvrent l’ensemble de la journée. Bien que l’on aille, après cela, manger et travailler, on ne devra pas redire ces bénédictions quand on voudra, par la suite, étudier la Torah.

Les décisionnaires sont partagés, au sujet des hommes, sur la question de savoir si, après un sommeil dit « régulier » (cheinat qéva’, d’au moins une demi-heure), il leur faut répéter les bénédictions de la Torah (cf. La Prière d’Israël, chap. 10 § 6) ; quant aux femmes, cependant, il est convenu de dire qu’en pratique elles ne répètent pas ces bénédictions, même après un sommeil « régulier », et ne les prononcent qu’une fois par jour. Aussi, une femme qui se réveille après le milieu de la nuit (‘hatsot), et qui a l’intention de rester éveillée quelques heures avant de retourner dormir quelques heures supplémentaires, devra réciter les bénédictions de la Torah et les bénédictions matinales après son réveil principal (comme nous l’avons vu au chapitre 6 § 6)[5].

Les décisionnaires sont partagés sur la question de savoir si un homme qui a veillé durant une pleine journée, nuit comprise, doit réciter les bénédictions de la Torah une fois le matin levé (cf. La Prière d’Israël 10 § 7). Si c’est une femme qui est ainsi restée éveillée toute une journée, nuit comprise, elle ne dira pas, le matin venu, les bénédictions de la Torah ; elle récitera plutôt la bénédiction Ahavat ‘olam suivie du premier paragraphe du Chéma Israël, et par cela, s’acquittera des bénédictions de la Torah (cf. ci-dessus, chap. 6, note 4). En revanche, si elle a dormi d’un sommeil « régulier » avant que ne tombe la nuit où elle a veillé, elle récitera les bénédictions de la Torah une fois le matin venu (Michna Beroura 47, 28 ; cf. La Prière d’Israël chap. 10, note 9).


[5]. Le Tsla’h, dans son commentaire sur Berakhot 11b, donne un enseignement original : une femme, dit-il, qui, après avoir étudié quelque passage, se serait interrompue par des paroles sans rapport avec son étude, devrait répéter les bénédictions de la Torah avant de reprendre son étude. La raison en est que, si les hommes n’ont pas besoin de répéter ces bénédictions, c’est parce que l’obligation de l’étude, à leur égard, se prolonge tout au long du jour et de la nuit ; tandis qu’une femme, sur laquelle ne pèse pas une telle obligation, doit redire ces bénédictions chaque fois qu’elle reprend son étude. Cependant, les propos du Tsla’h n’ont pas été retenus en pratique. Ainsi, le Rav Kook écrit-il que, puisque l’obligation féminine, en matière de bénédictions de la Torah, est accessoire par rapport à celle des hommes, il n’est pas vraisemblable qu’une obligation accessoire soit plus exigeante que l’obligation principale (Tov Roï sur Berakhot 75). De plus, en tout cas de doute, écrit le Birké Yossef cité par le Kaf Ha’haïm 47, 34, les femmes ne doivent pas réciter ces bénédictions. Certes, en note 4, nous rapportons que certains décisionnaires ne s’accordent pas avec le Birké Yossef – lequel pense que, de l’avis de tous, l’obligation des femmes en matière de bénédiction de la Torah est de rang rabbinique. Toutefois, en pratique, il semble que ces décisionnaires s’accordent avec le Birké Yossef sur un point : en cas de doute, elles ne répètent pas la bénédiction (c’est en ce sens que se prononcent le Halikhot Beitah 3, 3-5 et le Halikhot Chelomo 6, 4).

On peut encore dire, à la lumière de ce que nous avons précédemment vu aux paragraphes 1 à 3, que la raison principale pour laquelle les femmes récitent les bénédictions de la Torah est leur relation avec les principes directeurs de la Torah et son accomplissement pratique. Or, afin d’entretenir cette relation, elles aussi ont besoin d’étudier les lois de la Torah, ainsi que les fondements de la foi et de la morale. Si bien que les bénédictions de la Torah ne se rapportent pas à une étude particulière, mais constituent des bénédictions générales sur l’essence même de la Torah ; et comme toutes les bénédictions matinales, il n’est besoin de les réciter qu’une fois par jour.

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