Si l’on a mangé un kazaït en marquant de grandes interruptions, mais qu’entre le début et la fin de sa consommation s’est écoulée une durée inférieure à celle dite d’akhilat pras (litt. « consommation d’une demi-miche »), ladite consommation est encore considérée comme unitaire, et l’on devra donc réciter la bénédiction finale. Mais si l’on a mangé son kazaït en davantage de temps, on ne considère pas qu’il s’agisse là d’une seule et même consommation ; on ne récitera donc pas sur elle de bénédiction finale.
Le pras, demi-miche, est la quantité de pain qu’il était d’usage de manger, jadis, au cours d’un repas. Simplement, un doute est apparu quant au nombre de minutes nécessaires pour qu’un homme moyen mange cette mesure de « demi-miche ». Selon les tenants de l’évaluation la plus longue, il y faut neuf minutes ; pour les tenants de l’évaluation la plus courte, trois minutes. En pratique, il est bon de terminer la consommation de son kazaït en quatre minutes. Cependant, même si l’on a mangé un kazaït (volume de la moitié d’un œuf) en sept minutes, on devra tout de même réciter la bénédiction finale. En effet, la mesure d’akhilat pras a été définie d’après la majorité des gens ; or, puisque bon nombre de personnes mangent la mesure d’une demi-miche en sept minutes environ, ce délai est pertinent en halakha[8].
Bien qu’a priori il soit bon d’achever son kazaït en quatre minutes, il semble en pratique que, dès lors qu’on l’a mangé en sept minutes, il faille dire la bénédiction finale. Il n’y a pas lieu de dire que la coutume tient pour quatre minutes, car ce n’est que dans les livres de notre génération que l’on a pris l’habitude de mentionner cette durée (cf. Vézot Haberakha, p. 42 ; Pisqé Techouvot 210, notes 10-12) ; cela ne signifie pas que, dans la pratique réelle, le temps de consommation d’un pras soit de quatre minutes.
Il faut, de plus, associer ici les avis, nombreux, d’après lesquels la mesure de kazaït est notablement plus petite que celle d’un demi-œuf ; par conséquent, si l’on a mangé le volume d’un demi-œuf en sept minutes, on récitera la bénédiction. Le Rav Israeli se prononce en ce sens. Le Ye‘havé Da’at I, 17, qui tend à tenir compte, en cette matière, du principe selon lequel on est indulgent en cas de doute portant sur une bénédiction, écrit que l’on peut encore dire la bénédiction jusqu’à 7 minutes et demie ; on peut s’appuyer sur ses propos. En effet, la mesure ne doit pas être fixée suivant une moyenne : elle doit prendre en compte ceux qui mangent plus lentement, tant qu’ils restent proches de la moyenne. Simplement, nous avons écrit « sept minutes », dans le corps de texte, parce que ce chiffre est entier.
Il faut signaler que, selon la majorité des décisionnaires, on a coutume de compter le délai d’akhilat pras en fonction d’un pain ordinaire. Cependant, selon le Min‘hat ‘Hinoukh et le Torat ‘Hessed, Ora‘h ‘Haïm 32, pour tout aliment, on tient compte de la facilité ou de la difficulté de sa consommation ; dès lors, selon ces auteurs, pour la majorité des aliments, la durée sera plus longue.