04. Boré néfachot

Si l’on mange un kazaït d’aliments qui ne font pas partie des sept espèces, ou si l’on boit un revi‘it d’une boisson autre que le vin, on récite ensuite la bénédiction Boré néfachot. Jadis, cette bénédiction était facultative ; Rav, le grand Amora, ne la récitait qu’après avoir consommé des nourritures importantes, comme de la viande ou de l’œuf. Mais avec le temps, la coutume de dire cette berakha après la consommation de tout aliment ou boisson fut adoptée comme obligation (cf. Berakhot 44b).

Puisque la bénédiction initiale est relative à la jouissance même que l’on tire de la nourriture, les Sages ont institué une bénédiction particulière pour chaque catégorie d’aliment, afin que nous remerciions Dieu pour tout aliment de manière spécifique. La bénédiction qui suit la consommation, en revanche, porte sur l’utilité générale que l’alimentation prodigue à l’homme ; aussi les Sages ont-ils prévu une même bénédiction pour différentes catégories d’aliments. Par exemple, si l’on a mangé du riz, un fruit, un légume et de la viande, et bu un jus de fruits, on récitera quatre bénédictions initiales – Mézonot sur le riz, Ha‘ets sur le fruit, Ha-adama sur le légume et Chéhakol sur la viande et le jus de fruits. Mais après avoir consommé tout cela, on récitera Boré néfachot sur l’ensemble ; car cette bénédiction couvre toutes les catégories d’aliments et de boissons, en dehors des sept espèces par lesquelles il est fait l’éloge de la terre d’Israël (Choul‘han ‘Aroukh 207, 1).

Par la bénédiction Boré néfachot, nous remercions et louons l’Éternel, qui créa de nombreuses personnes, ainsi que tous les aliments indispensables au comblement de leurs manques, afin qu’elles pussent subsister, et qui, de plus, créa des aliments supplémentaires pour qu’elles pussent s’en délecter, et pour faire vivre, par eux, l’âme de tout être vivant. En effet, le plaisir que l’on tire des aliments supplémentaires ajoute, lui aussi, à la vitalité de l’homme, enrichit sa conscience et ses sentiments.

La bénédiction Boré néfachot diffère, en effet, de Chéhakol : Chéhakol est une bénédiction générale qui, a posteriori, couvre tous les aliments ; aussi, celui qui ignore quelle bénédiction réciter sur tel aliment – Mézonot ou Chéhakol, par exemple – pourra dire Chéhakol. Par contre, pour la bénédiction finale, une bénédiction ne couvre pas une autre, et si l’on doit réciter Mé‘ein chaloch, on ne pourra réciter Boré néfachot à la place ; l’inverse est aussi vrai (Michna Beroura 202, 55)[5].


[5]. Certes, selon le Knesset Haguedola, le Maharits, le Guinat Vradim, le Kaf Ha‘haïm 202, 79, l’Erets Tsvi I, 29 et l’Igrot Moché, Ora‘h ‘Haïm I, 74, Boré néfachot exempte a posteriori de la bénédiction Mé‘ein chaloch, de même que Chéhakol couvre toute nourriture. Aussi, en cas de doute, on peut réciter Boré néfachot. De même, si l’on ne se rappelle pas le texte de Mé‘ein chaloch, on pourra dire Boré néfachot.

Mais selon la majorité des décisionnaires, Boré néfachot n’exempte pas de Mé‘ein chaloch, ainsi qu’il ressort du Teroumat Hadéchen 30, du Choul‘han ‘Aroukh 202, 11, et comme l’écrivent le Maguen Avraham 208, 26, le Michna Beroura 202, 55 et le ‘Aroukh Hachoul‘han 39. Par conséquent, en cas de doute, ou quand on ne sait pas réciter Mé‘ein chaloch, on ne récitera aucune bénédiction. Toutefois, si l’on a déjà récité Boré néfachot, on ne dira pas ensuite Mé‘ein chaloch : on tiendra compte des avis selon lesquels on s’est rendu quitte de la bénédiction en récitant Boré néfachot (Yabia’ Omer I, 12, 7). Cf. ci-après, note 14, où nous disons que, après avoir mangé un demi-kazaït d’une des sept espèces et un demi-kazaït d’une autre catégorie d’aliment, on ne récite pas de bénédiction finale. Si les deux éléments forment un seul et même mets, on dit la bénédiction finale, et l’on va le plus souvent d’après la partie majoritaire.

 

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