Certains disent que, si l’on mange une « création entière » (bria chléma) – telle qu’un grain de raisin, une graine de grenade, un pois chiche ou un petit pois –, il faut réciter la bénédiction finale. Quoiqu’il ne s’y trouve pas la mesure d’un kazaït, la bénédiction finale est requise, puisque ce végétal possède une importance particulière, en ce qu’il constitue une création complète, une entité unitaire (d’après le Talmud de Jérusalem). Cependant, la halakha est tranchée différemment : si l’on n’a pas mangé un kazaït, on ne récite pas la berakha finale (Rif ; Maïmonide). Toutefois, a priori, afin de ne pas entrer dans un cas douteux, il convient de ne pas manger une telle « création complète » sans en consommer une quantité requérant la bénédiction finale (Roch ; Choul‘han ‘Aroukh 210, 1). Mais si l’on croque un morceau de cette entité complète, et que l’on en mange le reste ensuite, cela n’est plus considéré comme la consommation d’une création complète, puisqu’on ne l’aura pas introduite tout entière dans sa bouche, en une fois (Ben Ich ‘Haï, Matot 5). De même, si l’on n’avale pas le noyau d’un fruit – par exemple le noyau de la datte, de l’olive ou de la cerise –, on n’est point considéré comme ayant consommé une entité complète (Michna Beroura 210, 7 et 9)[9].
De même, à ceux qui apportent à leur pratique un supplément de perfection, il convient de procéder de deux manières l’une : soit de manger moins du volume d’une de nos olives contemporaines – alors, tout le monde s’accorde à dire que l’on n’aura pas à réciter la bénédiction finale –, soit de manger un volume égal ou supérieur à la moitié d’un œuf – alors, selon toutes les opinions, on devra dire la bénédiction finale. Mais si l’on mange un volume compris entre une olive et moins d’un demi-œuf, et quoique l’on doive dire la bénédiction finale selon une partie des décisionnaires, en pratique on ne la récitera pas, puisque en cas de doute portant sur une bénédiction, on est indulgent (cf. ci-dessus, § 5).
Tout cela vaut pour qui veut être rigoureux envers soi-même ; mais, si l’on s’en tient à la stricte règle de halakha, il n’y a pas là d’obligation, et, si l’on veut manger une quantité douteuse, on y est autorisé. Après cela, on ne récitera pas de bénédiction finale, en vertu du susdit principe : en cas de doute portant sur une bénédiction, on est indulgent.