03. Quelques règles relatives à Mé‘ein chaloch

Il est juste de veiller à réciter la bénédiction Mé‘ein chaloch à l’endroit même où l’on a mangé, et de la réciter assis. Certains décisionnaires pensent en effet que les règles applicables à Mé‘ein chaloch sont semblables à celles du Birkat hamazon (Choul‘han ‘Aroukh 183, 10 ; 184, 3 ; cf. ci-dessus, chap. 4 § 13-14).

Si l’on a mangé des aliments mézonot, bu du vin et mangé des fruits appartenant aux sept espèces, on mentionnera dans la bénédiction finale les trois catégories d’aliments selon leur ordre d’importance : mézonot, puis vin, puis fruits (Choul‘han ‘Aroukh 208, 12). Si l’on a oublié de mentionner l’une de ces catégories, il arrive que ce que l’on a mentionné inclue déjà ce que l’on a oublié de dire, et le couvre donc a posteriori ; d’autres fois, ce que l’on a mentionné n’est pas inclusif, et l’on doit donc répéter la bénédiction[3].

Si l’on a mangé de la pâtisserie (ou d’autres aliments mézonot) dans une quantité obligeant à réciter la bénédiction finale, et un fruit appartenant aux sept espèces, ou du vin, dans une quantité telle que l’on doute si elle justifie de dire la bénédiction finale, la règle est la suivante : puisque, de toutes façons, on doit réciter la bénédiction Mé‘ein chaloch sur la pâtisserie, il sera bon de mentionner également les fruits et le vin, afin de sortir du doute (Touré Zahav 208, 19).

Si l’on a mangé du gâteau, et qu’un des convives présents ait mangé du gâteau et des fruits appartenant aux sept espèces, on pourra – dans le cas où l’on ne souviendrait pas bien de la berakha – s’acquitter de son obligation en écoutant la berakha récitée par ledit convive, bien que celui-ci mentionne également les fruits. En effet, la mention des fruits n’est pas considérée comme une interruption à l’égard de celui qui a seulement mangé du gâteau (Birké Yossef 213, 1).

Si l’on mange un kazaït d’un fruit appartenant aux sept espèces, et d’autres fruits, qui n’en font pas partie, on dira à la fin la bénédiction Mé‘ein chaloch, ce par quoi on couvrira également les autres fruits : puisque l’on exprime, dans le texte de Mé‘ein chaloch, sa reconnaissance pour les fruits, cela inclura tous ceux que l’on aura mangés. Mais si l’on a mangé un fruit appartenant aux sept espèces, d’une part, et des légumes (« fruits de la terre ») d’autre part, on dira Mé‘ein chaloch pour le premier, et Boré néfachot pour les seconds[4].

Si l’on a bu du vin et d’autres boissons, la bénédiction Mé’ein chaloch sur le vin couvre les autres boissons, de même que, avant de boire, Haguéfen couvre les autres boissons (cf. ci-dessus, chap. 7 § 4 ; Choul‘han ‘Aroukh 208, 15).


[3]. Si, dans la formule finale de la bénédiction, on a seulement dit ‘al hami’hia, on a couvert a posteriori le vin et les dattes (car on considère qu’eux aussi sont nourrissants, et qu’ils restaurent quelque peu), mais non les autres fruits (Birké Yossef 208, 7 et 14). Par conséquent, si l’on a mangé, par exemple, du raisin, il faudra répéter la bénédiction pour lui. Si l’on a terminé par ‘al haguéfen, on a couvert a posteriori le raisin, mais non les pâtisseries ni les autres fruits (Choul‘han ‘Aroukh 208, 15). Si l’on a dit ‘al ha’ets, on a également couvert a posteriori le vin, mais non les pâtisseries (Béour Halakha 208, 18 ; Tsits Eliézer XIX, 8, 2).

 

[4]. C’est ce qu’écrit le Choul‘han ‘Aroukh 208, 13. Cependant, certains auteurs estiment que la bénédiction finale des fruits couvre également les légumes ; tel est l’avis du Rachbats et du ‘Hayé Adam. Le Halikhot ‘Olam II, p. 108 tient compte de leur avis. Mais la coutume courante est conforme à la position du Choul‘han ‘Aroukh : il faut réciter Boré néfachot sur les « fruits de la terre ». C’est aussi ce qu’écrivent le Cha‘ar Hatsioun 64 et le Kaf Ha‘haïm 73. Et bien que, en général, on récite Mé‘ein chaloch avant Boré néfachot – puisque la première est une bénédiction plus importante –, le cas présent est différent. En effet, dans le cas où il existe une opinion selon laquelle Mé‘ein chaloch couvre l’aliment sur lequel on dit ordinairement Boré néfachot, mais où la halakha tranche dans le sens opposé, comme c’est le cas ici, il est préférable de réciter Boré néfachot en premier (Michna Beroura 208, 64).

 

Si, par erreur, on a récité ‘Al hami‘hia sur du riz, on est quitte. Si l’on a mangé des pâtisseries (ou autres aliments mézonot) et du riz, les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir si la bénédiction ‘Al hami‘hia peut couvrir le riz. A priori, il est préférable de manger un autre aliment dont la bénédiction finale est Boré néfachot ; si l’on n’en a pas mangé, ‘Al hami’hia couvrira également le riz (Ben Ich ‘Haï, Pin‘has 18).

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