11. La bénédiction sacerdotale (Birkat Cohanim)

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La Torah fait obligation aux prêtres (Cohanim)[m] de bénir le peuple d’Israël, comme il est dit (Nb 6, 22-26) :

L’Eternel parla à Moïse en ces termes : Parle à Aaron et à ses fils et dis-leur : « Ainsi bénirez-vous les enfants d’Israël ; vous leur direz : “Que l’Eternel te bénisse et te garde ; que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te prenne en grâce ; que l’Eternel porte Sa face vers toi et te donne la paix.” » Ils placeront Mon nom sur les enfants d’Israël et Je les bénirai.

À travers la Birkat Cohanim, nous apprenons à prêter attention à un fait essentiel : c’est le Saint béni soit-Il qui nous dispense la bénédiction ; et notre présence quotidienne pour recevoir la bénédiction sacerdotale enracine en nous la foi en ce principe (Guide des Egarés III, 44, Séfer Ha’hinoukh 378, Ha’aqéda 74). Aussi la bénédiction que le Saint béni soit-Il nous dispense est-elle liée à notre propre intervention ; ou, selon les termes de la Kabbale : « De l’éveil d’en bas dépend l’éveil d’en-haut. » En d’autres termes, par l’éveil de notre volonté de recevoir, durant la Birkat Cohanim, Sa bénédiction, s’éveille la volonté supérieure de déverser la bénédiction sur Israël.

À l’époque du Temple, les Cohanim récitaient la bénédiction sacerdotale après le service des sacrifices. C’est ce qu’enseigne la Torah au sujet du huitième jour de l’inauguration du Tabernacle, jour où les Cohanim commencèrent à servir dans le sanctuaire : « Après avoir offert l’expiratoire, l’holocauste et le rémunératoire,  Aaron étendit les bras en direction du peuple et le bénit, puis il descendit » (Lv 9, 22). On apprend donc que la bénédiction sacerdotale se faisait à la clôture du service des sacrifices.  La raison en est qu’après l’oblation des sacrifices, qui témoigne de notre disposition au renoncement et à l’abnégation en l’honneur de Dieu, béni soit-Il, nous devenons aptes à recevoir Sa bénédiction.

Nos sages ont décrété que, en-dehors du Temple, la Birkat Cohanim se réciterait durant la prière, car les sacrifices et la prière visent un but commun : se rapprocher de Dieu – et c’est la raison pour laquelle nos sages instituèrent les offices de prière en référence aux sacrifices journaliers. Et de même qu’après les sacrifices les Cohanim bénissaient le peuple, ainsi nos maîtres prescrivent-ils aux Cohanim de bénir le peuple à l’approche de la conclusion de la ‘Amida.


[m]. Cohen, plur. Cohanim: prêtre. Dans la suite du texte, nous utiliserons les termes Cohen et Cohanim, suivant l’usage de l’étude juive, sans les traduire systématiquement par prêtre(s).
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