03. Le Qaddich

Le Qaddich a ceci de particulier que, dans sa majeure partie, il traite de l’honneur du Ciel. Aussi faut-il être très attentif quand on y répond, et à plus forte raison prendre garde de bavarder quand il est récité (Choul’han ‘Aroukh 56, 1, Michna Beroura 1). Nos sages disent que, lorsqu’une personne répond Amen, yehé chemeh rabba mévarakh lé’alam oul’almé ‘almaya (« Amen ; que Son grand nom soit béni à jamais, pour l’éternité ») de toute la force de son esprit, on déchire l’éventuel mauvais décret qui pouvait avoir été promulgué à son encontre pour soixante-dix ans (Chabbat 119b ; élèves de Rabbénou Yona). Nos sages disent également que, lorsque les Juifs entrent dans les synagogues et disent Yehé chemeh rabba mévarakh à voix haute, de durs décrets sont annulés à leur profit (Pessiqta citée par Tossephot ad loc.). Ils disent encore que le fait de répondre au Qaddich éveille la miséricorde divine à l’égard d’Israël en exil. Car lorsque les Juifs entrent dans les synagogues et les maisons d’étude et répondent Yehé chemeh hagadol mevorakh[d], leur souvenir est rappelé devant le Saint béni soit-Il. À ce moment, si l’on peut s’exprimer ainsi, le Saint béni soit-Il secoue la tête en signe d’affliction et dit : « Heureux le Roi que l’on glorifiait ainsi en Sa demeure » ; la volonté de délivrer Israël s’éveille alors en Lui (cf. Berakhot 3a).

Puisque, par le Qaddich, nous sanctifions le nom de l’Eternel, il faut le dire au sein d’un minyan, car le Saint béni soit-Il se sanctifie par le biais d’une assemblée (‘eda) d’Israël.

Le Qaddich est rédigé en langue araméenne, qui était la langue en usage à l’époque du Deuxième Temple parmi tout le monde juif, de façon que les ignorants eux-mêmes pussent le comprendre et, en y répondant, appliquer leur pensée au sens des mots. En voici la traduction :

Que soit élevé et sanctifié Son grand nom

Dans le monde qu’Il créa selon Sa volonté ; qu’Il y établisse Son règne, qu’Il fasse germer Son salut et rapproche la venue de Son messie

Durant votre vie et de vos jours (ceux de l’assemblée des fidèles), et du vivant de toute la maison d’Israël, promptement, en un temps prochain, et dites amen.

L’assemblée répond :

Yehé chemeh rabba mévarakh lé’alam oul’almé ‘almaya, ce qui signifie :

Que Son grand nom soit béni à jamais, pour l’éternité

L’officiant poursuit :

Que soit béni, loué, magnifié, élevé, exalté, glorifié, vénéré, célébré le nom du Saint béni soit-Il

Au-delà de toute bénédiction, cantique, louange et consolation qui se disent dans le monde, et dites amen.

Telle est la partie principale du Qaddich, appelée couramment ‘Hatsi-Qaddich (« demi-Qaddich » ou Qaddich abrégé) ; y répondre importe davantage que de répondre à la Qédoucha (Michna Beroura 56, 6)[3].


[d]. Version hébraïque de la phrase araméenne Yehé chemeh rabba mévarakh (« Que Son grand nom soit béni »).

[3]. Il y a des différences de coutume quand il s’agit de répondre Amen, yehé chemeh rabba mévarakh Suivant la coutume ashkénaze et yéménite Baladi, les derniers mots prononcés par le fidèle doivent être lé’alam oul’almé ‘almaya ; selon l’usage ‘hassidique et yéménite Chami, on ajoute encore le mot yitbarakh ; et selon l’usage séfarade, on continue jusqu’à daamiran bé’alma. Autre différence : après que l’officiant a ponctué sa phrase par les mots berikh Hou, les Ashkénazes répètent berikh Hou, tandis que, pour les Séfarades, si l’on a eu le temps de réciter jusqu’aux mots daamiran bé’alma, on répond amen, et si l’on n’en a pas eu le temps, on ne répond pas à la suite de berikh Hou. Il faut encore savoir que, lorsqu’on répond Amen ; yehé Chemeh rabba…, on doit faire une pause entre le mot amen et les mots yehé chemeh rabba…, car le mot amen se rapporte à ce que l’officiant a dit auparavant, tandis que yehé chemeh rabba… est une louange en soi (Michna Beroura 56, 2).

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