09. À quels moments il est permis de s’interrompre pour répondre à des paroles consacrées

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Comme nous l’avons vu, il est interdit de s’interrompre par des paroles au cours de la récitation des Pessouqé dezimra, du Chéma et de ses bénédictions ; toutefois, pour un motif urgent – pour empêcher un dommage ou une offense –, il devient permis de s’interrompre (chap. 16 § 14 ; chap. 15 § 6). Dès lors, de même qu’il est permis de s’interrompre pour une grande nécessité, de même est-ce permis pour répondre à des paroles consacrées (devarim chébiqdoucha). Par conséquent, si l’on est en train de réciter les Pessouqé dezimra ou le Chéma Israël et ses bénédictions, et que l’on entende le Qaddich, Barekhou, la Qédoucha ou encore Modim, on est autorisé à y répondre. Toutefois, ce n’est pas obligatoire, car réciter les Pessouqé dezimra, c’est déjà s’appliquer à des paroles saintes, et il n’y a aucune atteinte à l’honneur du Ciel à continuer sa prière. Cependant, si l’on se trouve parmi des femmes qui répondent à la Qédoucha ou à Modim, il convient de s’interrompre pour répondre avec elles, car les paroles qu’elles prononcent alors sont accompagnées de gestes : durant la Qédoucha on se tient pieds joints, pendant Modim on se tient debout et l’on s’incline ; or si l’on ne se levait pas, on semblerait se mettre en marge des autres fidèles, aussi est-il préférable de se lever avec l’assemblée ; et puisque l’on se sera déjà interrompu pour se lever comme les autres, il sera aussi préférable de répondre avec elles.

Lorsque nous disons qu’il est permis de s’interrompre pour répondre au Qaddich, nous visons la première partie de celui-ci (le « Qaddich abrégé », cf. supra § 4). En revanche, on ne répond pas aux phrases supplémentaires, car celles-ci ne ressortissent pas à la partie principale du Qaddich. De même, il est clair que l’on ne s’interrompt pas pour répondre Baroukh Hou ouvaroukh Chémo, car cette incise est seulement coutumière.

Quant au fait de répondre amen aux bénédictions, par exemple à celles que dit l’officiant lors de la répétition de la ‘Amida : si l’on est en train de réciter les Pessouqé dezimra, il est permis d’y répondre, mais si l’on se trouve dans la lecture du Chéma ou ses bénédictions, on n’y répondra pas (cf. La Prière d’Israël 14, 4, note 7 ; 16, 5, note 4)[4].


[4]. Suivant la coutume ashkénaze, quand on est au milieu des bénédictions du Chéma, on répond amen aux bénédictions HaE-l haqadoch et Choméa’ téphila (que l’on dit, pour cette dernière, les jours ouvrables), car ces bénédictions ont un statut plus élevé que les autres, en vertu du fait que, par elles, on conclut les bénédictions de louange, d’une part, et les bénédictions de requête, d’autre part. Suivant la coutume séfarade, le statut applicable à ces deux bénédictions est semblable à celui des autres, et l’on n’y répond pas. De même, selon la coutume séfarade, si l’on achève la lecture d’une des bénédictions du Chéma avant l’officiant, on ne répond pas amen à sa suite, non plus qu’à aucune autre bénédiction. Selon la coutume ashkénaze, en revanche, on répond amen : puisqu’il s’agit d’une bénédiction du Chéma, le fait d’y répondre ne constitue pas une interruption (Michna Beroura 59, 24-25, Kaf Ha’haïm 26, 28).
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