Chapitre 11 – Tri (borer)

11. Filtrage des boissons

Le filtrage des boissons est, lui aussi, susceptible d’être toraniquement interdit. La règle applicable dépend de l’état de la boisson. Si la boisson comporte des scories, et que, à moins de la filtrer, il serait impossible de la boire, le filtrage sera considéré comme un travail rendant ce liquide propre à la consommation ; c’est une transgression d’un interdit toranique. Mais si, même sans filtrage, la boisson est propre à la consommation, il sera permis de la passer au filtre ; bien que l’opération ait pour effet d’améliorer quelque peu cette boisson, cette amélioration ne modifie pas celle-ci de façon essentielle, aussi n’est-ce pas interdit.

Dans le cas intermédiaire, où la boisson est trouble, et où, sans filtrage, la majorité des gens n’auraient pas l’habitude de la boire, sauf dans un cas d’ardente nécessité, il sera interdit de filtrer cette boisson. Les décisionnaires discutent quant au fait de savoir s’il est permis de la filtrer au moyen d’un linge, de manière inhabituelle. Pour la majorité des Richonim, c’est permis, mais selon Maïmonide, c’est interdit. Les A’haronim écrivent qu’il convient d’être rigoureux sur ce point, conformément à l’opinion de Maïmonide (Choul’han ‘Aroukh 319, 10 ; Michna Beroura 42).

Par conséquent, quand de la lie est mêlée à du vin, puisque ce mélange n’est pas buvable, il est interdit de le filtrer pour en recueillir le vin ; un tel filtrage constituerait une transgression d’un interdit de la Torah (Choul’han ‘Aroukh 319, 9, Michna Beroura 32). Si le vin est trouble, au point que, dans leur majorité, les gens n’ont point l’habitude de le boire ainsi, mais qu’il soit néanmoins possible de le boire à la limite, il sera interdit de le filtrer ; il convient aussi de s’abstenir de le filtrer avec un linge. En revanche, quand un vin est propre à la consommation, il est permis de le filtrer pour qu’il soit plus clair : puisqu’il était déjà buvable avant le filtrage, ce dernier n’est pas considéré comme un travail.

De même, il n’est pas interdit de filtrer un jus d’orange contenant de la pulpe de fruit, puisque la plupart des gens ont l’habitude de boire un tel jus non filtré[12].

Il est permis, dans le même sens, d’ouvrir, pendant Chabbat, un robinet équipé d’un filtre, ou de verser de l’eau d’une carafe filtrante. Puisque, même avant cela, l’eau était potable, le filtrage n’est pas considéré comme un travail.


[12]. Il est certes interdit de filtrer la sauce de légumes cuits ; mais cela s’explique par le fait que la sauce et les légumes constituent deux catégories distinctes. Si je veux l’une d’elles, la seconde est considérée comme déchet, à mon égard. Tandis que, dans le cas du jus et de la pulpe d’orange, nous avons affaire à une même catégorie alimentaire. Le fait de les séparer n’est donc pas frappé par l’interdit de borer (Rav Chelomo Zalman Auerbach cité par Chemirat Chabbat Kehilkhata 3 § 53-54, 57, et note 173. C’est aussi ce qu’écrit Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm IV 74, Borer 3).

12. Séparer un bouillon des morceaux qui s’y trouvent

    S’agissant d’une soupe à laquelle sont mélangés des morceaux d’aliments, tels que des petits morceaux de légumes ou des pâtes, il est interdit de séparer la partie liquide des légumes et des pâtes. Certes, tous les éléments en présence, la partie liquide[b] comme les légumes ou les pâtes, sont comestibles ; mais nous avons vu (§ 3) qu’il est interdit de séparer deux catégories d’aliments l’une de l’autre. En revanche, il est permis de séparer ces deux éléments sur le mode de la consommation (dérekh akhila). Comme nous l’avons vu (§ 2), pour que l’acte de séparation soit considéré comme exécuté sur le mode de la consommation, il faut remplir trois conditions : 1) retirer la « partie comestible » d’entre le « déchet » ; dans notre cas, ce que l’on a l’intention de consommer maintenant est considéré comme « partie comestible » ; 2) prendre la partie comestible à la main, ou encore à la cuiller ou à la fourchette, et non à l’aide d’un ustensile destiné au tri ; 3) l’extraction de la partie désirée doit se faire pour les besoins d’une consommation immédiate, et non pour une consommation différée.

Par conséquent, si je veux manger immédiatement le bouillon, et non les légumes, le bouillon sera considéré à mon égard comme « partie comestible », et les légumes comme « déchet ». Il me sera donc permis de pencher la marmite, de manière telle que la soupe seule soit versée dans la soupière ; bien que le bouillon s’écoule véritablement du sein du mélange, cela n’est pas interdit, car c’est la partie comestible que j’extrais d’entre le « déchet ». En revanche, il est interdit de faire cela à l’aide d’une passoire. Même à l’aide d’un ustensile qui n’est pas destiné au filtrage – cas d’une fourchette ou d’une cuiller –, cela reste interdit. De même, il est interdit de faire jouer le couvercle de la marmite, en ménageant entre la marmite et son couvercle une petite ouverture, afin que la soupe seule puisse sortir. À l’inverse, il est permis d’introduire la louche dans la soupe, de telle façon que seule la soupe y entre ; en effet, telle est la manière habituelle d’extraire de la nourriture d’une marmite, et cela n’est pas considéré comme un filtrage effectué au moyen d’un ustensile[13].

Si l’on ne veut manger que les légumes et les pâtes, il est interdit de pencher la marmite afin d’en verser le bouillon, car cela serait considéré comme l’extraction du « déchet » d’entre la partie comestible, ce qui est interdit, même si l’on vise une consommation immédiate des légumes et des pâtes. En revanche, il est permis de faire remonter la louche du sein de la marmite en l’appliquant à la paroi, de façon telle qu’il ne reste dans la louche que les légumes et les pâtes. En effet, cet acte n’est pas exécuté sur le mode du tri au moyen d’un ustensile, mais comme le simple fait de prendre les morceaux choisis. Toutefois, quand on aura terminé d’extraire ces morceaux à la louche, on ne reversera pas dans la marmite le résidu de liquide resté dans la louche, car cela reviendrait à séparer le « déchet » de la partie désirée.

Quand les légumes et les pâtes se trouvent au fond de la marmite, et qu’au-dessus d’eux se trouve un bouillon clair, la soupe qui est au-dessus n’est pas considérée comme mélangée aux légumes et aux pâtes. Aussi, même si je ne veux manger que les légumes et les pâtes, je suis autorisé à extraire à la louche le bouillon qui est au-dessus, ou à pencher la marmite pour verser le bouillon qui se trouve au-dessus. Simplement, après avoir terminé de verser le bouillon qui était au-dessus des légumes et des pâtes, il sera interdit de continuer de pencher la marmite pour en extraire le liquide qui est mêlé aux légumes et aux pâtes[14].


[b]. Par commodité, nous écrirons bouillon pour désigner la partie liquide de la soupe.

[13]. Si l’on extrait la partie comestible (okhel) d’entre le « déchet » (psolet) afin de manger la première immédiatement, et qu’à cette fin on s’aide d’un instrument destiné au tri, tel qu’une passoire, on transgresse un interdit toranique. Si l’on trie à l’aide d’un instrument qui n’est pas destiné au filtrage – tel qu’une fourchette [en retenant par elle les légumes, le liquide passant entre les dents], le couvercle de la marmite –, l’interdit est rabbinique, puisque le tri s’effectue d’une manière inhabituelle. Concernant l’usage d’une louche afin de prendre la partie désirée, cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, note 177, qui estime qu’il est peut-être interdit de faire remonter la louche en l’appliquant à la paroi de la marmite afin de ne prendre que des légumes, car cela revient à filtrer à l’aide d’un ustensile.

 

Pour la même raison, le Menou’hat Ahava II 7, 34 interdit de plonger la louche dans la marmite de soupe afin que seul le liquide y entre. Le Or’hot Chabbat 3, 75-77 rapporte des opinions indulgentes. C’est en ce dernier sens que se prononce le Nichmat Chabbat 144. Il semble, en pratique, que l’on puisse être indulgent, car il n’y a pas d’interdit à extraire le okhel de la psolet d’une façon habituelle, quand il s’agit de le manger immédiatement ; et c’est en ce sens que nous nous sommes prononcé dans le corps de texte. Et quoi qu’il en soit, il s’agit d’un cas de doute portant sur une règle rabbinique, où il est de règle d’être indulgent.

[14]. Le traité Chabbat 139b et le Choul’han ‘Aroukh 319, 14 expliquent qu’il est permis de verser doucement du vin de la cruche, à condition de prendre soin de s’arrêter lorsque le jet s’achève et que des gouttes commencent à s’écouler d’entre la lie, afin de ne pas trier. À ce propos, les avis sont partagés quant au fait de savoir s’il est permis de verser ces mêmes gouttes afin de boire le vin sur-le-champ. Pour la majorité des décisionnaires, c’est permis, puisque ce que l’on verse est la chose que l’on souhaite consommer ; dès lors que ce que l’on vise est le vin, on considère que l’on extrait la partie comestible d’entre le déchet, ce qui est permis pour une consommation immédiate (Maguen Avraham, Michna Beroura 319, 55, Yalqout Yossef 319, 55). Toutefois, selon Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi dans son sidour, ainsi que le ‘Hayé Adam et le Eglé Tal, ce qui reste dans le verre que l’on a en main doit être considéré comme la partie triée ; [le critère n’est plus ici l’élément subjectif, l’intention qui se porte sur le vin, mais un élément objectif : le fait de manipuler le verre contenant le résidu ;] par conséquent, c’est le déchet qui est extrait d’entre la partie comestible, ce qui est interdit, même pour une boisson immédiate.

 

De cela, on peut conclure que, selon la majorité des décisionnaires, il est permis de verser la partie liquide d’une soupe à laquelle des légumes ou des pâtes sont mélangés, afin de manger cette partie liquide immédiatement. Et bien que d’autres l’interdisent, car à leur avis cela reviendrait à extraire le « déchet » d’entre la partie comestible, la halakha est conforme à l’opinion de la majorité : l’acte s’analyse comme une extraction du comestible d’entre le « déchet ». Il faut associer à cela l’opinion de ceux qui, comme le Rid et le Tour, pensent que, dès lors que l’on veut manger immédiatement, il est permis d’extraire le déchet d’entre la partie comestible, comme nous l’expliquions en note 1. De plus, certains estiment que, dès lors que l’on ne s’aide pas d’un ustensile destiné au tri, l’interdit de borer ne s’applique pas aux liquides (Maharit Tsahalon, Yechanot 203).

 

En revanche, il est interdit de verser la soupe d’entre les légumes afin de manger les légumes, car, pour la majorité des décisionnaires, cela s’analyserait comme l’extraction du « déchet » d’entre la partie désirée.

 

13. Séparation de la partie liquide des aliments : autres règles

Si l’on ouvre une boîte de conserve de cornichons, les cornichons ne sont pas considérés comme mélangés à l’eau, puisqu’ils sont grands ; il est donc permis de déverser l’eau qui les accompagne. En revanche, s’il s’agit d’une conserve de maïs ou de petits pois, leur petite taille les fait considérer comme mélangés à l’eau ; il est donc interdit de déverser l’eau de la boîte. De même, il est interdit de déverser l’huile d’une boîte de thon. Si l’on veut servir le thon sans huile, on peut recueillir le thon de la boîte, à la cuiller, et le déposer dans un autre récipient : ce faisant, on prend la partie comestible d’entre le déchet pour le manger immédiatement.

En ce qui concerne les olives qui trempent dans l’eau, un doute plane : sont-elles considérées comme mélangées à l’eau, ce qui les exposerait à l’interdit de borer ? Puisque ce doute touche à un interdit de la Torah, il faut être rigoureux. Aussi est-il interdit de déverser l’eau du bocal d’olives ; de même, il est interdit d’utiliser un ustensile spécialement conçu pour tirer les olives de l’eau. En revanche, il est permis de tirer les olives de l’eau à l’aide d’une fourchette ou d’une cuiller, afin de les consommer immédiatement[15].

Nous avons vu (§ 4) que, si l’on a une soupe contenant de grands morceaux de viande ou de légumes, ces derniers ne sont pas considérés comme mélangés à la soupe, en raison de leur taille, et qu’il est donc permis de les extraire de la marmite, même si l’on projette de les manger seulement plus tard. De même, il est permis de les prendre au moyen d’une écumoire : puisque ces pièces ne sont pas exposées à l’interdit de borer, il est permis de les extraire à l’écumoire, de la même manière qu’il est permis de le faire à la fourchette. Mais si l’on veut prendre de petits morceaux de viande ou de légumes – considérés comme mêlés au bouillon –, afin de les manger immédiatement, on les extraira avec un peu de bouillon, au moyen d’une cuiller ordinaire ou d’une louche, et l’on n’utilisera pas une écumoire, puisque cela reviendrait à trier les morceaux du sein de la soupe, au moyen d’un instrument de tri. Si l’on n’a pas d’autre ustensile, on sera autorisé à extraire ces morceaux à l’écumoire, à condition de ne pas avoir l’intention d’en séparer le bouillon, et de ne pas laisser ensuite l’écumoire au-dessus de la marmite pour que le bouillon s’en écoule (cf. Har’havot 11, 13, 5, Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 58).

Il est permis de jeter la soupe à laquelle sont mêlés des résidus de nourriture dans un évier équipé, à l’endroit où l’eau s’écoule, d’un filtre. Bien que le filtre ait pour effet de bloquer le passage des résidus alimentaires, cela n’est pas interdit, car l’interdit de borer ne s’applique que lorsqu’on sépare la partie comestible du déchet ; or ici, on n’a l’intention d’utiliser ni le liquide ni les résidus alimentaires, si bien que tout est considéré comme déchet (Chemirat Chabbat Kehilkhata 12, 17).


[15]. Il est certain que les cornichons, en raison de leur taille, ne sont pas considérés comme mélangés à l’eau. C’est ce qu’indiquent le Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 20, le Yalqout Yossef 319, 48, le Or’hot Chabbat 3, 25. Concernant les olives, le fait de les considérer comme mêlées à l’eau est douteux. Dès lors, si l’on utilise un ustensile conçu spécialement pour les olives, en haussant la tige centrale et en extrayant ainsi les olives de l’eau, on transgresse un interdit toranique. Certes, si l’on disait qu’en raison de leur taille les olives ne peuvent être considérées comme mêlées à l’eau, il serait permis de les en extraire, même au moyen d’un ustensile. Mais puisqu’il s’agit d’un doute portant sur une question toranique, il y a lieu d’être rigoureux.

 

S’agissant d’extraire l’eau qui surnage au-dessus du yaourt, le Chemirat Chabbat Kehilkhata est rigoureux, et interdit de déverser cette eau, car cela reviendrait à extraire le « déchet » d’entre la partie que l’on veut consommer. Mais de nombreux décisionnaires sont indulgents, car le yaourt est relativement solide, et l’eau qui surnage n’est pas, selon eux, considérée comme mélangée au yaourt (Yalqout Yossef 319, 47, Or’hot Chabbat 3, 28).

 

Quant au fait d’extraire le thon d’une boîte de thon à l’huile : nous avons écrit ci-dessus que l’on peut prendre le thon à l’aide d’une cuiller, et non d’une fourchette. Certes, il s’agit bien de prendre le thon pour le manger immédiatement, durant le repas proche ; mais dès lors qu’on ne le prend pas pour le mettre tout de suite en bouche, force est de constater que l’on s’aiderait d’un ustensile pour procéder à un tri. En revanche, s’il s’agit de mettre immédiatement en bouche le thon recueilli par la fourchette, ou encore le maïs pris de la même façon, il sera permis de les extraire à la fourchette, et même de les laisser un peu au-dessus de la boîte pour que le liquide dégoutte : dans ce cas, l’acte sera véritablement considéré comme accompli sur le mode de la consommation (dérekh akhila).

14. Théière et sachets de thé

Nous entendons ici par théière l’ustensile dans lequel on cuit des feuilles de thé pour en faire un concentré liquide. Le bec de la théière est pourvu d’une sorte de filtre qui empêche les feuilles de thé de se répandre dans la tasse. Quand les feuilles de thé stagnent au fond de la théière, et qu’au-dessus se trouve un concentré pur, il est permis de verser de ce concentré pur dans la tasse. Mais quand les feuilles de thé y sont mélangées, certains estiment qu’il ne faut pas verser le concentré par le bec de la théière, car le filtre trierait le concentré liquide d’entre les feuilles de thé. D’autres le permettent, même de cette manière. Dans la mesure où l’on peut facilement ajouter de l’eau chaude à la théière (à partir d’un keli chéni, ustensile second), grâce à quoi on aura, dans la théière, beaucoup d’eau non mêlée de feuilles de thé, il est préférable de procéder ainsi et de ne pas entrer dans une situation douteuse où l’on risque d’enfreindre l’interdit de borer. Quand il n’est pas possible d’ajouter de l’eau, on peut, a posteriori, verser le concentré par le biais de ce filtre[16].

Il est permis de préparer le thé en mettant un sachet dans une tasse d’eau chaude (dans un keli chelichi, comme nous l’avons vu au chap. 10 § 8). Cependant, au moment d’extraire le sachet de l’eau chaude, il est juste de ne pas le laisser dégoutter au-dessus de la tasse, car certains décisionnaires estiment que le sachet de thé, qui empêche les feuilles de thé de s’échapper, doit être considéré comme un instrument de filtrage, si bien qu’en laissant ainsi dégoutter le sachet, on trierait, à l’aide d’un instrument, le liquide d’entre les feuilles de thé (cf. § 7). On extraira plutôt le sachet de la tasse, et immédiatement on le jettera à la poubelle, ou on le déposera dans un autre récipient. Ceux qui sont rigoureux ont coutume d’extraire le sachet à l’aide d’une cuiller, de manière à extraire un peu de l’infusion de thé avec le sachet (cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 64).


[16]. Certains interdisent de rien verser par le biais du filtre, même si l’eau qui se trouve au-dessus n’est pas mêlée de feuilles de thé, lesquelles stagnent au fond. C’est la position du sidour Beit Menou’ha, du Ben Ich ‘Haï, seconde année, Bechala’h 18, du Kaf Ha’haïm 319, 113 et du Chévet Halévi I 84. Face à cela, d’autres sont indulgents, même quand les feuilles de thé sont mêlées à l’eau. Ainsi du Ye’havé Da’at II 51 et du Menou’hat Ahava II 7, 43 ; cela, en raison du fait que les feuilles de thé ne sont pas tellement dérangeantes, puisque, au besoin, on pourra les filtrer entre ses dents, et que ce thé s’apparente aux boissons que la majorité des gens peuvent boire non filtrées (Choul’han ‘Aroukh 319, 10 ; cf. supra § 11). Dans le corps de texte, nous avons retenu la position médiane, qui est celle du ‘Hazon Ich, Ora’h ‘Haïm 53 ד »ה מן האמור et du Or lé-Tsion II 31, 11. Le Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 62 mentionne les opinions médiane et indulgente. Dans sa note 140, il mentionne l’opinion, tendant à l’indulgence, du Rav Chelomo Zalman Auerbach, selon lequel il est peut-être permis de trier à partir d’un récipient aux fins d’une consommation immédiate. Le Choul’han Chelomo 319, 34, 2 rapporte que, si quelques feuilles passent au travers du filtre, il n’est plus à craindre que l’interdit de borer soit transgressé.

15. Extraction d’insectes d’entre la nourriture ; autres règles

Quand un insecte est tombé dans une tasse de thé et surnage sur le liquide, certains autorisent à l’extraire à lui seul, d’autres sont plus rigoureux et estiment qu’enlever l’insecte seul est  interdit au titre de borer, car cela revient à extraire le déchet d’entre la partie comestible. Il est juste d’être rigoureux en l’extrayant à la cuiller, de façon à recueillir, avec l’insecte, un peu de l’infusion ; ou bien encore on penchera la tasse et l’on versera un peu de thé avec l’insecte[17].

La règle est la même si l’insecte est tombé dans la soupe ou dans un plat : il est permis de l’enlever à l’aide d’une cuiller, avec un peu de nourriture. Mais si plusieurs insectes sont tombés dans la soupe ou dans le plat, il nous est interdit de les enlever avec un peu de nourriture, car il est clair que notre intention essentielle est d’ôter le déchet, et que la nourriture qui l’accompagne dans la cuiller n’est que secondaire (tafel), si bien que l’opération consiste en définitive à extraire le déchet d’entre la partie comestible, ce qui constitue une transgression de l’interdit du tri. La solution au problème est d’extraire, avec chaque insecte, beaucoup de nourriture, au moyen d’un verre, par exemple, si bien que l’essentiel de ce qu’on extraira sera considéré comme comestible. Alors, on considérera que l’on sépare le comestible d’entre le comestible, ce qui n’est pas interdit[18].

Il est permis de rincer des fruits auxquels de la terre est attachée, afin de les manger immédiatement, mais il est interdit de les tremper dans de l’eau pour que la terre s’en détache et tombe au fond[19].


[17]. C’est ce qu’écrivent le Taz 506, 3, le Michna Beroura 319, 61, le Ben Ich ‘Haï, seconde année, Bechala’h 13 et d’autres A’haronim. Rabbi Chnéour Zalman de Liady, dans son sidour, écrit qu’il est à craindre, en faisant cela, d’être redevable d’un sacrifice expiatoire (‘hatat). Face à cela, d’autres autorisent à retirer l’insecte à la main, parce que, dès lors qu’il surnage sur la boisson, on ne le considère pas comme mélangé à celle-ci (Mahari ‘Haguiz), ou encore parce qu’il n’est pas interdit d’extraire à la main un insecte d’entre une boisson, et que la chose n’est interdite que si l’on se sert d’une passoire (Maharitats, Yechanot 203). Cf. Menou’hat Ahava II 7, note 106 et Yalqout Yossef 319, 28, qui citent largement ces sources et qui, malgré cela, concluent en pratique qu’il est bon d’enlever l’insecte à la cuiller, avec un peu de liquide.

 

[18]. Cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, note 41, et 5, note 24, et Choul’han Chelomo 319, 43, qui explique la position de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, selon lequel il est interdit d’extraire plusieurs insectes mêlés à la soupe, même à l’aide d’une cuiller et en les prenant avec un peu de soupe : en effet, s’agissant même d’un seul insecte, Rabbi Chnéour Zalman, dans son sidour, écrit qu’il est à craindre de se rendre redevable d’un sacrifice expiatoire (‘hatat). Certes, de l’avis de nombreux A’haronim, l’interdit de borer ne s’applique pas à un tel cas, car l’insecte surnage au-dessus du liquide et n’est pas mêlé à la nourriture ; mais quand il est question de nombreux insectes, force est de dire qu’il y a mélange, et en les extrayant, fût-ce à la cuiller, notre intention essentielle vise les insectes, qui constituent le déchet.

 

Il est vraisemblable que, si l’on prend, avec chaque insecte, beaucoup de nourriture, l’extraction des insectes ne sera pas considérée comme tri du déchet, mais comme extraction conjointe de déchet et de comestible.

 

[19]. Au traité Chabbat 140a, le Talmud explique qu’il est interdit de tremper des vesces pour les séparer des déchets qui y seraient attachés. Le Choul’han ‘Aroukh 319, 8 rapporte cette disposition. Le Michna Beroura 28-29 précise que la règle est la même pour les autres végétaux. Selon le Béour Halakha, l’interdit est toranique ; pour le Peri Mégadim (Michbetsot Zahav 5), il est rabbinique, car le tri se fait ici de façon inhabituelle. Certains, pour la même raison, ont voulu interdire de rincer le fruit (Min’hat Yits’haq V 38, pour qui, à tout le moins, on devra introduire un changement dans la façon de rincer). D’autres interdisent de rincer de nombreux fruits (cf. Chibolé Haléqet 1, 52, Az Nidberou I 15 et VIII 6-7). Cependant, la majorité des décisionnaires estiment qu’il n’est pas interdit de rincer des fruits : soit parce que l’interdit de borer ne s’applique pas du tout au cas où l’on nettoie un fruit en le rinçant, soit parce que cet acte se fait sur le mode habituel de la consommation (dérekh akhila). Si l’on s’en tient au second motif, l’autorisation n’a cours qu’à l’approche de la consommation elle-même ; c’est ce qu’écrivent le Qtsot Hachoul’han 125, Badé Hachoul’han 16, Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm I 125, Tsits Eliézer VI 37, Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 22, Liviat ‘Hen 52, Menou’hat Ahava II 7, 20.

16. Vaisselle, jeux, couverts et livres

De même qu’il existe un interdit de borer en matière de produits alimentaires, de même cet interdit existe quant aux autres objets, tels que les livres, la vaisselle ou les vêtements (Taz, Michna Beroura 319, 15). Tous les principes du tri qui ont été énoncés en matière alimentaire s’appliquent également aux autres types de mélange. En d’autres termes, il est permis de prendre, au sein d’un mélange, une chose que l’on a besoin d’utiliser immédiatement, car son extraction ne se fait pas sur le mode du travail (dérekh mélakha), mais sur le mode de l’usage de ladite chose (dérekh chimouch). En revanche, il est interdit d’extraire cette chose afin de s’en servir plus tard ; de même, il est interdit de classer les éléments d’un mélange, et à plus forte raison d’extraire d’un mélange les parties qui ne nous intéressent pas.

Par exemple, quand des enfants ont mélangé deux sortes de jeux de cubes, il est interdit de séparer les deux jeux l’un de l’autre. Mais si ces enfants souhaitent jouer, pour le moment, avec l’un des deux jeux, il est permis de prendre à leur intention ce jeu d’entre le mélange, car cela ne peut être considéré comme un classement accompli sur le mode laborieux, mais bien sur le mode du jeu même. En effet, au début du jeu, il est normal de prendre les cubes qui y sont destinés.

Il est de même interdit de trier des couteaux, cuillers et fourchettes qui se sont mélangés ; bien qu’ils soient grands, que la différence entre eux soit nette, ils sont considérés, dès lors qu’ils sont nombreux, comme mélangés. Par conséquent, il est interdit de les classer et de déposer chaque sorte d’ustensile séparément. En revanche, il est permis, après avoir fait la vaisselle, de sécher chaque ustensile séparément et de le déposer dans le compartiment spécifique qui lui est réservé, chaque cuiller dans le compartiment des cuillers et ainsi de suite. En effet, de cette façon, on ne choisit pas l’ustensile, au sein du mélange, dans le but de le classer, mais on le prend de manière aléatoire afin de le sécher ; dès lors que l’on a déjà l’ustensile en main, il est permis de le ranger dans son compartiment particulier[20].

À l’approche du repas, il est permis de prendre les couverts mélangés et de placer à côté de chaque assiette les couverts qui conviennent, car cet acte ne se fait pas sur le mode du classement, mais sur le mode de la préparation du repas, dès lors qu’on l’accomplit peu de temps avant de passer à table.

Les livres peuvent, eux aussi, être exposés aux lois de borer. Par exemple, si de nombreux ‘houmach[c] sont mélangés dans une pile, et que le bedeau de la synagogue veuille apporter à chacun des fidèles le ‘houmach dans lequel on lit ce Chabbat, il lui est interdit d’extraire de la pile les ‘houmach qui ne conviennent pas. De même, il est interdit d’extraire de la pile, longtemps avant la prière, les ‘houmach qui conviennent. Mais à l’approche de la prière, il est permis d’extraire de la pile les ‘houmach qui conviennent, car l’acte ne ressortit pas au mode du tri, mais au fait de prendre des livres pour étudier.

Quand des livres sont rangés sur une étagère, ils ne sont pas considérés comme mélangés ; par conséquent, il est permis de préparer les livres que l’on se propose d’étudier, même si cette étude doit avoir lieu quelques heures plus tard. Si l’on a étudié dans de nombreux livres, il est permis de les replacer dans sa bibliothèque durant Chabbat afin de maintenir en ordre son salon ; et dès lors qu’on les replace, on peut les ranger chacun à sa place (Rav Chelomo Zalman Auerbach, cité par Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, notes 220 et 239).


[20]. Le Yabia’ Omer V 31 écrit, se fondant sur plusieurs A’haronim, que, puisque les couverts sont grands, et que la différence entre eux est reconnaissable, ils ne sont pas considérés comme mélangés ; dès lors, l’interdit de borer ne s’y applique pas. Mais la majorité des décisionnaires estiment que, même en matière de couverts, il est interdit de trier les éléments mêlés. Dans la mesure où nous sommes ici dans un cas de doute portant sur une question toranique, il y a lieu d’être rigoureux. C’est la position du Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 85, du Menou’hat Ahava II 7, 27 et de nombreux autres auteurs. Il faut signaler que, le Chabbat, il n’est permis de faire la vaisselle et de sécher les ustensiles que lorsqu’il y a une possibilité que l’on s’en serve durant ce même Chabbat ; en revanche, il est interdit de le faire pour les besoins de l’issue de Chabbat (Choul’han ‘Aroukh 323, 6, Michna Beroura 29 ; cf. ci-après chap. 22 § 15).

[c]. ‘Houmach : ce mot désigne, dans un premier sens, l’un des cinq livres du Pentateuque ; dans un second sens, le Pentateuque dans son entièreté. Dans les synagogues, les fidèles suivent la lecture sabbatique de la Torah, soit dans un Pentateuque contenant l’intégralité des cinq livres de Moïse, soit dans un volume contenant seulement celui des livres qui fait l’objet de la lecture du jour : la Genèse, ou l’Exode, ou le Lévitique, etc. Dans le cas dont on parle, la pile de livres contient, dans le désordre, des exemplaires de chacun des cinq livres.

17. Battre les céréales (dach) ; démonter (méfareq)

Le battage (dach) est la mélakha consistant à séparer les grains de blé des épis. Le mode habituel d’exécution de ce travail veut que l’on s’aide d’un ustensile ou d’un animal (comme nous l’avons vu, § 1). Certes, si l’on broie des épis à mains nues afin d’en détacher les grains, on ne transgresse pas en cela d’interdit toranique, puisque ce n’est pas comme cela, mais bien avec un ustensile, que l’on a l’usage de battre le blé. Cependant, nos sages ont interdit cela, car en pratique, cet acte revient à séparer les grains de blé des épis. Cet interdit n’a cours que dans le cas où l’on broie les épis sans apporter de modification à cet acte, tel qu’il serait spontanément exécuté. En revanche, si l’on souhaite manger des grains de blé humides, on est autorisé à broyer l’épi de façon inhabituelle, c’est-à-dire du bout des doigts, et non avec la paume de la main[21].

Ce n’est pas seulement la récolte céréalière qu’il est interdit de battre : quiconque exécute un travail de séparation d’un comestible du siège de sa pousse transgresse l’interdit de dach. Il est ainsi interdit d’extraire de leurs gousses des légumineuses, telles que des pois ou des haricots. Si l’on fait cela à la manière dont on écosse des légumineuses en nombre, comme on le fait de quantités commerciales, on transgresse un interdit toranique. Si on le fait à la main, on transgresse un interdit rabbinique. Il est toutefois permis de le faire à la main en introduisant un changement. Si les gousses sont tendres et propres elles-mêmes à être consommées, il est permis d’en extraire les graines sans changement, car l’interdit de battre ne s’applique que lorsque la capsule est impropre à la consommation (Michna Beroura 319, 21).

La mélakha du battage possède un dérivé (tolada) appelé méfareq (« démonter »), qui consiste à extraire une chose d’une autre. Cette tolada est, elle aussi, interdite par la Torah. Au titre de cette catégorie, il est interdit de presser des raisins ou des olives (comme nous le verrons plus loin, chap. 12 § 8) ; de même, il est interdit de traire une bête (cf. infra chap. 20 § 4). Dans le même sens, lorsqu’on souhaite obtenir le liquide retenu dans un linge, il est interdit d’essorer ce linge. Simplement, les Richonim discutent du degré d’interdit frappant l’essorage du linge. Selon Maïmonide et Na’hmanide, si l’on essore un linge parce que l’on a besoin du liquide écoulé, on transgresse un interdit rabbinique ; selon Rabbénou Tam et le Roch, c’est un interdit de la Torah que l’on transgresse (cf. Har’havot).

Il est permis à une femme d’allaiter son bébé, mais il est toraniquement interdit de verser le lait dans un récipient, car cela reviendrait à accomplir la tolada appelée méfareq (Choul’han ‘Aroukh 328, 34-35). Quand une femme souffre de l’accumulation de son lait, elle est autorisée à le tirer pour le jeter, par exemple en le tirant au-dessus d’un lavabo ou sur un récipient contenant une matière propre à dénaturer le lait (détergent, par exemple), car, lorsque le lait est perdu, l’interdit est seulement rabbinique, or les rabbins eux-mêmes sont indulgents dans un cas de douleur (Choul’han ‘Aroukh 330, 8). On peut, à cette fin, brancher un tire-lait électrique sur une minuterie de Chabbat, et utiliser le tire-lait au moment où il fonctionne (cf. ci-après chap. 28 § 7).


[21]. Selon le Rif, Maïmonide, le Roch et Na’hmanide, quand le traité Beitsa 13b autorise à broyer du blé à la main, en apportant un changement à cet acte, c’est du Chabbat qu’il est question, tandis que, les jours de fête (yom tov), il est permis de broyer ce blé à la main sans changement. Selon Rachi et Tossephot, l’autorisation de broyer à la main, en imprimant à l’acte un changement, n’est donnée que les jours de fête, tandis que le Chabbat, cela reste rabbiniquement interdit, même si l’on assortit l’acte d’un changement. La halakha suit l’opinion indulgente, car telle est l’opinion de la majorité des décisionnaires ; de plus, en cas de doute portant sur une règle rabbinique, on est indulgent. C’est en ce sens que tranche le Choul’han ‘Aroukh 319, 6. Cf. Rama 510, 1.

18. Casser des noix, des amandes, des cacahuètes

Il est permis de casser des noix le Chabbat. Bien que, ce faisant, on « démonte » (méfareq, cf. paragraphe précédent) la noix du sein de sa coquille, cela n’est pas constitutif de l’interdit de dach (le battage). En effet, la mélakha de dach se fait dans les champs, ou à l’usine : on extrait les grains de céréales des épis, avant de les vendre ou de les porter à moudre ; on extrait les pois ou les haricots de leurs gousses, avant de les commercialiser. En revanche, pour un fruit que l’on n’a pas l’habitude d’extraire de son enveloppe à l’expiration de sa récolte, mais bien au moment même de le manger, l’interdit de dach ne s’applique pas. Le fait de casser des noix n’est donc pas constitutif de l’interdit de dach, puisqu’on a l’usage de les casser juste avant de les manger.

De même, il est permis d’extraire des graines de cacahuète de leur gousse externe et de leur pellicule interne. Bien que, de nos jours, on extraie la grande majorité des grains de cacahuète en usine, on ne considère pas que le fait de les extraire afin de les manger soit constitutif du travail de dach, puisque l’on a, de nos jours encore, l’usage de vendre des cacahuètes en gousse, destinées à la consommation.

Les amandes sont dotées de deux enveloppes : l’une, extérieure (la peau), est verte, l’autre, intérieure (le noyau), est dure. On a l’habitude de vendre les amandes une fois que l’on a ôté la peau, tandis que le noyau rigide est laissé. Par conséquent, il est permis d’extraire des amandes de leur noyau afin de les manger. Mais si les amandes ont gardé leur enveloppe extérieure, verte, il est interdit de les en extraire, en raison de l’interdit de dach (Rama 319, 6, Michna Beroura 24). Toutefois, il est permis d’éplucher une seule amande et de la manger, puis d’en éplucher une autre et de la manger. En effet, dès lors que l’on extrait à chaque fois une seule amande pour la manger immédiatement, l’épluchage n’est pas considéré comme accompli sur le mode du travail de battage, mais sur le mode alimentaire (cf. Kalkalat Chabbat)[22].


[22]. Le Chévet Halévi I 81 interdit d’extraire des amandes, si elles sont en nombre, de leur noyau dur. C’est aussi ce qu’écrit le Menou’hat Ahava II 6, 3 en matière d’amandes et de cacahuètes. Le Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, note 104 autorise à extraire plusieurs amandes de leurs noyaux durs afin de les manger : puisque on a l’habitude de les vendre dans leurs noyaux durs, cela ne s’apparente pas à la mélakha de dach mais au mode normal de consommation. C’est aussi la position du Az Nidberou XII 7, s’agissant des cacahuètes en gousses. Dans la mesure où il s’agit d’un cas de doute portant sur une règle rabbinique – puisque l’épluchage se fait à la main et non à l’aide d’un instrument –, la halakha est conforme à la position indulgente, et tel est l’usage. De même, il est permis d’ôter la pellicule fine (brune-rouge) qui recouvre la graine de cacahuète, comme l’indiquent le Or lé-Tsion II 31, 7 et le Yalqout Yossef 319, 59.

 

Si l’on veut être quitte d’après toutes les opinions, on épluchera les amandes et les cacahuètes une par une, au fur et à mesure qu’on les mangera. En effet, le Tséma’h Tsédeq et le Kalkalat Chabbat écrivent que, de cette manière, l’interdit de dach ne s’applique pas du tout ; cf. Menou’hat Ahava ad loc., note 16. En cas de doute sur le fait de savoir si l’extraction d’un fruit de son enveloppe relève de l’interdit de dach, il est préférable de sortir du doute en épluchant les fruits un par un, au fur et à mesure de la consommation. De même, quand on introduit une modification dans le mode d’épluchage, par exemple quand on le fait du bout des doigts, l’interdit de dach ne s’applique pas.

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