10. Extraire les grains de pastèque et les fruits pourris

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Si l’on découpe une pastèque pour la servir à table, on est autorisé à secouer les parts afin d’en ôter les grains. Quant aux grains qui restent attachés, malgré ce mouvement, il est permis de les enlever à la main ou au couteau – car telle est la manière habituelle de manger ce fruit (dérekh akhila) –, à condition de le faire peu avant la consommation. À plus forte raison est-il permis à celui qui mange la pastèque d’ôter les grains avant d’introduire la pastèque dans sa bouche, car tel est le mode normal de consommation. Si l’on veut apporter à sa pratique un supplément de perfection, et que l’on coupe la pastèque afin de la servir à table, on ôtera les grains de manière « incidente » (kil-a’har yad) en apportant un certain changement (chinouï) à la manière habituelle ; ou bien on présentera les morceaux de pastèque sans en avoir enlevé les grains, et ce sera au convive d’en manger quelque peu, après quoi il pourra ôter les grains sans faire de changement[11].

Si l’on a devant soi une assiette où sont mélangés des fruits, les uns bons, les autres qui commencent à pourrir, il est permis d’enlever du mélange tous les fruits que l’on a l’intention de manger, ou que l’on a l’intention de présenter à ses invités lors du proche repas (Michna Beroura 319, 7).

Si l’on n’a pas l’intention, pour l’instant, de manger tous les bons fruits, et que l’on craigne que les fruits abîmés ne contaminent les bons fruits qui les touchent, on peut disperser tous les fruits, afin que les fruits abîmés ne touchent plus les bons. Mais on ne séparera pas les fruits en plaçant les bons ici et les mauvais là.

Quand un fruit est partiellement pourri, en sorte qu’il n’est plus tellement propre à la consommation, on considère que le lieu de la jonction entre la partie abîmée et la partie saine est le lieu d’un mélange ; aussi est-il interdit de couper à cet endroit pour ôter la partie pourrie, car ce serait extraire le déchet d’entre la partie comestible. La solution consiste à ôter, avec la partie pourrie, un peu de la partie saine.


[11]. La position rigoureuse consiste à introduire le morceau dans sa bouche, avec ses grains, puis d’extraire les grains de sa bouche (‘Hazon Ich 54, 1). Certains décisionnaires tiennent compte, a priori, de l’opinion du ‘Hazon Ich à cet égard. (Cf. Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm IV 74, Borer 7, qui est indulgent pour qui ne peut manger autrement, ou quand il s’agit de nourrir un bébé. Le Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 17 rapporte les deux opinions, et écrit que celui qui ôte les pépins avant de porter le morceau en bouche a sur qui s’appuyer.) Cependant, le Rav Chelomo Zalman Auerbach (cité par Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, note 34) est indulgent, parce que tel est le mode habituel de consommation, et que ce cas est plus léger que celui de l’arête de poisson. En effet, on peut prendre l’arête de poisson avec la chair qui y est attachée, l’introduire dans la bouche afin de manger cette chair et retirer l’arête, tandis qu’un procédé semblable n’est pas possible avec la pastèque. Or d’après ce que nous avons vu au paragraphe précédent et dans la note qui s’y rapporte, ceux-là même qui apportent à leur pratique un supplément de perfection n’ont pas besoin de tenir compte, à cet égard, de l’opinion du ‘Hazon Ich. Il suffit donc de manger d’abord un peu de pastèque, puis d’extraire les grains. Le Ben Ich ‘Haï (seconde année, Bechala’h 7) permet d’enlever les grains comme à son habitude, puisque tel est le mode normal de consommation ; mais il ajoute qu’il est bon d’apporter un changement à la manière habituelle, c’est-à-dire de repousser les grains « de manière accessoire » (kil-a’har yad, « du revers de la main »). C’est aussi ce qu’écrivent le Kaf Ha’haïm 319, 47 et le Yalqout Yossef 319, 63.

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