04. L’interdit ne s’applique que dans le cas d’un mélange

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L’interdit de borer n’existe que lorsque les deux espèces ou catégories sont mélangées l’une à l’autre. En revanche, si elles sont posées l’une à côté de l’autre, il n’est pas interdit de les séparer. Par exemple, quand on a face à soi des noix et des cacahuètes mélangées, et que l’on veuille manger immédiatement les noix, il est permis de prendre les noix d’entre le mélange, mais interdit de mettre à part les cacahuètes. Mais si les unes et les autres sont posées en deux tas côte à côte, il sera permis de mettre à part toutes les cacahuètes afin de ne servir que les noix : puisqu’elles ne sont pas mélangées, l’interdit de borer ne s’applique pas à elles.

Quand des morceaux de poisson de différentes sortes sont mélangés, les lois du tri s’appliquent : il sera permis de prendre les morceaux que l’on désire pour les manger immédiatement, mais interdit d’extraire les morceaux que l’on ne veut pas. Même si ces morceaux sont grands, dès lors qu’ils sont mêlés les uns aux autres et qu’il faut faire un effort minimal pour chercher les morceaux que l’on désire, les lois de borer s’appliquent. En revanche, si tous les morceaux que l’on désire se trouvent au fond du plat, il sera permis de retirer ceux qui sont en dessus afin de recueillir les morceaux du fond. En effet, puisque ces morceaux sont déjà ordonnés – une catégorie en haut, l’autre en bas –, le fait de les séparer ne contrevient pas aux lois de borer (Rama 319, 3, Béour Halakha, passage commençant par Léékhol miyad ; cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, note 7).

Si l’on a des prunes et des pêches mélangées, et qu’elles ne soient pas nombreuses, elles ne sont pas considérées halakhiquement comme mélangées, car ce sont de grands fruits ; en tout état de cause, il sera permis de les séparer les unes des autres. Mais si elles sont nombreuses, elles doivent être considérées halakhiquement comme mélangées, et les lois de borer s’appliquent : il sera interdit de les séparer sur le mode du travail (dérekh mélakha), mais permis de prendre les fruits que l’on souhaite manger immédiatement, car c’est le mode normal de consommation.

Si l’on a une soupe, à l’intérieur de laquelle il y a des petits morceaux de viande ou de légumes : puisque ces morceaux sont petits et que, pour les extraire de la soupe, il faut s’appliquer à les chercher, les lois de borer s’appliquent. En d’autres termes, il sera permis, pour les manger tout de suite, d’extraire ces morceaux de la soupe, mais il sera interdit de les extraire de la soupe dans le but de manger la soupe sans ces morceaux. De même, il sera interdit de les extraire pour les manger plus tard. Mais si les morceaux de viande qui sont dans la soupe sont grands, ils ne sont pas considérés comme mélangés à la soupe, puisqu’il n’est pas besoin de s’évertuer à les chercher ; les interdits de borer ne s’y appliquent donc pas. Par conséquent, il sera permis de les faire sortir de la soupe afin de manger la soupe seule. De même, il sera permis de les extraire dans le but de les manger plus tard. La règle est la même en ce qui concerne les boulettes qui garnissent une soupe claire : elles ne sont pas considérées comme mélangées à la soupe[3].


[3]. C’est l’opinion qui détermine si une chose doit être considérée comme un tri ; et plus les éléments sont grands, plus ils doivent être nombreux pour être considérés comme mélangés. Cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, et note 7 du Rav Chelomo Zalman Auerbach ; Chevitat Hachabbat, Borer, Beer Re’hovot 22 et 25 ; Yalqout Yossef 319, 41 ; Menou’hat Ahava II 7, 37.

 

À ce propos, plusieurs décisionnaires indiquent qu’il existe une notion de borer en matière de bouteilles, lorsqu’elles semblent mélangées. Par exemple, si l’on a un carton de bouteilles, les unes pleines, les autres vides, il est interdit de sortir les bouteilles vides (Rav Chelomo Zalman Auerbach, Choul’han Chelomo 319, 4, 2, Ayil Mechoulach 19, note 91 au nom du Rav Yossef Chalom Elyachiv). Le Menou’hat Ahava II 7, 27 tend à l’indulgence. En pratique, tout dépend du nombre de bouteilles. De même, après une fête, s’il reste de nombreuses tranches de gâteau de différentes sortes, elles doivent être considérées comme mélangées, puisqu’elles sont nombreuses : il ne faudra donc pas les classer par catégorie.

 

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