14. Théière et sachets de thé

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Nous entendons ici par théière l’ustensile dans lequel on cuit des feuilles de thé pour en faire un concentré liquide. Le bec de la théière est pourvu d’une sorte de filtre qui empêche les feuilles de thé de se répandre dans la tasse. Quand les feuilles de thé stagnent au fond de la théière, et qu’au-dessus se trouve un concentré pur, il est permis de verser de ce concentré pur dans la tasse. Mais quand les feuilles de thé y sont mélangées, certains estiment qu’il ne faut pas verser le concentré par le bec de la théière, car le filtre trierait le concentré liquide d’entre les feuilles de thé. D’autres le permettent, même de cette manière. Dans la mesure où l’on peut facilement ajouter de l’eau chaude à la théière (à partir d’un keli chéni, ustensile second), grâce à quoi on aura, dans la théière, beaucoup d’eau non mêlée de feuilles de thé, il est préférable de procéder ainsi et de ne pas entrer dans une situation douteuse où l’on risque d’enfreindre l’interdit de borer. Quand il n’est pas possible d’ajouter de l’eau, on peut, a posteriori, verser le concentré par le biais de ce filtre[16].

Il est permis de préparer le thé en mettant un sachet dans une tasse d’eau chaude (dans un keli chelichi, comme nous l’avons vu au chap. 10 § 8). Cependant, au moment d’extraire le sachet de l’eau chaude, il est juste de ne pas le laisser dégoutter au-dessus de la tasse, car certains décisionnaires estiment que le sachet de thé, qui empêche les feuilles de thé de s’échapper, doit être considéré comme un instrument de filtrage, si bien qu’en laissant ainsi dégoutter le sachet, on trierait, à l’aide d’un instrument, le liquide d’entre les feuilles de thé (cf. § 7). On extraira plutôt le sachet de la tasse, et immédiatement on le jettera à la poubelle, ou on le déposera dans un autre récipient. Ceux qui sont rigoureux ont coutume d’extraire le sachet à l’aide d’une cuiller, de manière à extraire un peu de l’infusion de thé avec le sachet (cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 64).


[16]. Certains interdisent de rien verser par le biais du filtre, même si l’eau qui se trouve au-dessus n’est pas mêlée de feuilles de thé, lesquelles stagnent au fond. C’est la position du sidour Beit Menou’ha, du Ben Ich ‘Haï, seconde année, Bechala’h 18, du Kaf Ha’haïm 319, 113 et du Chévet Halévi I 84. Face à cela, d’autres sont indulgents, même quand les feuilles de thé sont mêlées à l’eau. Ainsi du Ye’havé Da’at II 51 et du Menou’hat Ahava II 7, 43 ; cela, en raison du fait que les feuilles de thé ne sont pas tellement dérangeantes, puisque, au besoin, on pourra les filtrer entre ses dents, et que ce thé s’apparente aux boissons que la majorité des gens peuvent boire non filtrées (Choul’han ‘Aroukh 319, 10 ; cf. supra § 11). Dans le corps de texte, nous avons retenu la position médiane, qui est celle du ‘Hazon Ich, Ora’h ‘Haïm 53 ד »ה מן האמור et du Or lé-Tsion II 31, 11. Le Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 62 mentionne les opinions médiane et indulgente. Dans sa note 140, il mentionne l’opinion, tendant à l’indulgence, du Rav Chelomo Zalman Auerbach, selon lequel il est peut-être permis de trier à partir d’un récipient aux fins d’une consommation immédiate. Le Choul’han Chelomo 319, 34, 2 rapporte que, si quelques feuilles passent au travers du filtre, il n’est plus à craindre que l’interdit de borer soit transgressé.
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