13. Séparation de la partie liquide des aliments : autres règles

https://ph.yhb.org.il/fr/01-11-13/

Si l’on ouvre une boîte de conserve de cornichons, les cornichons ne sont pas considérés comme mélangés à l’eau, puisqu’ils sont grands ; il est donc permis de déverser l’eau qui les accompagne. En revanche, s’il s’agit d’une conserve de maïs ou de petits pois, leur petite taille les fait considérer comme mélangés à l’eau ; il est donc interdit de déverser l’eau de la boîte. De même, il est interdit de déverser l’huile d’une boîte de thon. Si l’on veut servir le thon sans huile, on peut recueillir le thon de la boîte, à la cuiller, et le déposer dans un autre récipient : ce faisant, on prend la partie comestible d’entre le déchet pour le manger immédiatement.

En ce qui concerne les olives qui trempent dans l’eau, un doute plane : sont-elles considérées comme mélangées à l’eau, ce qui les exposerait à l’interdit de borer ? Puisque ce doute touche à un interdit de la Torah, il faut être rigoureux. Aussi est-il interdit de déverser l’eau du bocal d’olives ; de même, il est interdit d’utiliser un ustensile spécialement conçu pour tirer les olives de l’eau. En revanche, il est permis de tirer les olives de l’eau à l’aide d’une fourchette ou d’une cuiller, afin de les consommer immédiatement[15].

Nous avons vu (§ 4) que, si l’on a une soupe contenant de grands morceaux de viande ou de légumes, ces derniers ne sont pas considérés comme mélangés à la soupe, en raison de leur taille, et qu’il est donc permis de les extraire de la marmite, même si l’on projette de les manger seulement plus tard. De même, il est permis de les prendre au moyen d’une écumoire : puisque ces pièces ne sont pas exposées à l’interdit de borer, il est permis de les extraire à l’écumoire, de la même manière qu’il est permis de le faire à la fourchette. Mais si l’on veut prendre de petits morceaux de viande ou de légumes – considérés comme mêlés au bouillon –, afin de les manger immédiatement, on les extraira avec un peu de bouillon, au moyen d’une cuiller ordinaire ou d’une louche, et l’on n’utilisera pas une écumoire, puisque cela reviendrait à trier les morceaux du sein de la soupe, au moyen d’un instrument de tri. Si l’on n’a pas d’autre ustensile, on sera autorisé à extraire ces morceaux à l’écumoire, à condition de ne pas avoir l’intention d’en séparer le bouillon, et de ne pas laisser ensuite l’écumoire au-dessus de la marmite pour que le bouillon s’en écoule (cf. Har’havot 11, 13, 5, Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 58).

Il est permis de jeter la soupe à laquelle sont mêlés des résidus de nourriture dans un évier équipé, à l’endroit où l’eau s’écoule, d’un filtre. Bien que le filtre ait pour effet de bloquer le passage des résidus alimentaires, cela n’est pas interdit, car l’interdit de borer ne s’applique que lorsqu’on sépare la partie comestible du déchet ; or ici, on n’a l’intention d’utiliser ni le liquide ni les résidus alimentaires, si bien que tout est considéré comme déchet (Chemirat Chabbat Kehilkhata 12, 17).


[15]. Il est certain que les cornichons, en raison de leur taille, ne sont pas considérés comme mélangés à l’eau. C’est ce qu’indiquent le Chemirat Chabbat Kehilkhata 3, 20, le Yalqout Yossef 319, 48, le Or’hot Chabbat 3, 25. Concernant les olives, le fait de les considérer comme mêlées à l’eau est douteux. Dès lors, si l’on utilise un ustensile conçu spécialement pour les olives, en haussant la tige centrale et en extrayant ainsi les olives de l’eau, on transgresse un interdit toranique. Certes, si l’on disait qu’en raison de leur taille les olives ne peuvent être considérées comme mêlées à l’eau, il serait permis de les en extraire, même au moyen d’un ustensile. Mais puisqu’il s’agit d’un doute portant sur une question toranique, il y a lieu d’être rigoureux.

 

S’agissant d’extraire l’eau qui surnage au-dessus du yaourt, le Chemirat Chabbat Kehilkhata est rigoureux, et interdit de déverser cette eau, car cela reviendrait à extraire le « déchet » d’entre la partie que l’on veut consommer. Mais de nombreux décisionnaires sont indulgents, car le yaourt est relativement solide, et l’eau qui surnage n’est pas, selon eux, considérée comme mélangée au yaourt (Yalqout Yossef 319, 47, Or’hot Chabbat 3, 28).

 

Quant au fait d’extraire le thon d’une boîte de thon à l’huile : nous avons écrit ci-dessus que l’on peut prendre le thon à l’aide d’une cuiller, et non d’une fourchette. Certes, il s’agit bien de prendre le thon pour le manger immédiatement, durant le repas proche ; mais dès lors qu’on ne le prend pas pour le mettre tout de suite en bouche, force est de constater que l’on s’aiderait d’un ustensile pour procéder à un tri. En revanche, s’il s’agit de mettre immédiatement en bouche le thon recueilli par la fourchette, ou encore le maïs pris de la même façon, il sera permis de les extraire à la fourchette, et même de les laisser un peu au-dessus de la boîte pour que le liquide dégoutte : dans ce cas, l’acte sera véritablement considéré comme accompli sur le mode de la consommation (dérekh akhila).

Ce contenu a été publié dans Chapitre 11 - Tri (borer). Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.