03. Grilles des plaques de cuisson au gaz ; plaques électriques ou vitrocéramiques

S’agissant des cuisinières ou plaques de cuisson, on a l’habitude, tout au long de l’année, d’utiliser la même grille-support pour la viande et pour le lait, car, même s’il déborde un peu d’une sauce carnée ou lactée sur ladite grille, le feu qui y règne brûle et dénature ce qui s’est renversé. Mais à l’approche de Pessa’h, en raison de la sévérité de l’interdit du ‘hamets, on a l’usage de cachériser la grille par chauffage à blanc léger (Rama 451, 4, Michna Beroura 34). Toutefois, on peut, au lieu de cela, recouvrir de papier aluminium épais la structure métallique sur laquelle on dépose les marmites : de cette façon, il y aura une séparation entre la cuisinière, où l’on avait mis des mets ‘hamets, et les marmites de Pessa’h. Néanmoins, a posteriori, si l’on s’est abstenu de chauffer à blanc la grille et que l’on ait cuisiné directement sur elle pendant Pessa’h, la nourriture sera cachère.

Le reste des parties métalliques, qui n’entrent pas en contact avec les marmites, de même que la surface d’émail qui est sous la grille, et les brûleurs à gaz, doivent être bien nettoyés de tout résidu alimentaire ; mais dans la mesure où ces parties ne touchent pas les marmites, il n’est pas nécessaire de les chauffer à blanc ni de les recouvrir de papier aluminium. On a coutume de faire brûler tous les feux pendant environ une demi-heure[3].

Il importe encore de savoir que, tout au long de l’année, il faut veiller à ne pas manger de résidus alimentaires tombés sur l’émail (la surface de cuisson) qui s’étend sous la grille, car ces résidus proviennent de mets carnés et de mets lactés, qui débordent là, et cette surface a pris le statut de tarèfe (c’est-à-dire de non cachère). Si l’on sait que l’émail a été bien nettoyé, et que, pendant vingt-quatre heures, aucun aliment carné ni lacté n’y a débordé, il sera permis de manger ce qui y débordera par la suite. Mais quand ces deux conditions ne sont pas remplies, il y a lieu d’être rigoureux, et de s’abstenir de manger ce qui a touché la surface de cuisson, de crainte qu’elle n’ait absorbé des saveurs de viande et de lait. Si un morceau épais y est tombé, on peut couper la face qui a touché l’émail, et manger le reste.

Plaques électriques : on les nettoie bien, puis on porte les feux à la chaleur maximale pendant environ une demi-heure.

Plaques vitrocéramiques (qui ressemblent à du verre opaque, et sur lesquelles on pose directement les marmites) : on les cachérise également en les nettoyant bien, puis en les portant à la chaleur maximale pendant environ une demi-heure ; là encore, s’applique le principe qui veut que le mode d’expulsion soit semblable au mode d’absorption (kevol’o kakh polto).


[3]. Au cours de l’année, on a l’habitude de cuisiner sur la même grille dans des marmites aussi bien carnées que lactées, car le goût ne se transmet pas par le biais de métaux secs. Par exemple, si une marmite carnée bouillante a touché une marmite lactée bouillante, les deux marmites restent cachères dès lors qu’il n’y avait pas d’humidité à l’endroit où s’est fait le contact. De même pour la grille-support des cuisinières : bien qu’elle ait absorbé un goût de viande, ce goût, dès lors que la grille a séché, ne se transmet pas à la marmite lactée. Et même si un peu de lait déborde de la marmite lactée, et tombe sur une partie de la grille où, auparavant, de la sauce carnée avait débordé, la marmite reste cachère, car le feu règne (ha-ech choletet) sur la grille, et ce qui avait d’abord débordé de la marmite carnée a déjà été brûlé.

Mais en raison de la sévérité de l’interdit du ‘hamets à Pessa’h, nos sages ont exigé un chauffage à blanc léger à l’approche de la fête (Michna Beroura 451, 34 ; Kaf Ha’haïm 74). Selon le Choul’han ‘Aroukh Harav, il faut même un chauffage à blanc intégral ; mais d’autres décisionnaires se contentent d’un échaudage à l’eau bouillante (‘Hazon ‘Ovadia). À notre humble avis, le fait d’envelopper la grille de papier aluminium épais est au moins aussi efficace que le chauffage à blanc partiel, et peut-être aussi efficace que le chauffage à blanc intégral. En effet, cette couverture fait entièrement écran entre la grille et les marmites, puisque, même si de la sauce déborde, cette sauce ne touchera pas la grille.

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