12. Ustensiles divers

    Coupes d’argent : a priori, il y a lieu d’échauder les coupes d’argent ou de métal argenté dans lesquelles on boit le vin du Qidouch, ou d’autres boissons alcoolisées, car il arrive que des miettes y tombent, dans le vin ou telle boisson forte : alors, de l’avis de plusieurs décisionnaires, la coupe absorbe le goût du ‘hamets en dix-huit minutes.

Biberons en plastique pour bébé : il est bon de les remplacer, car les biberons absorbent les goûts à un degré de chaleur correspondant à ‘érouï keli richon (jet d’eau émanant d’un ustensile premier)[b]. En cas de nécessité, on peut les nettoyer puis les échauder.

Bouilloire électrique et bouilloire de Chabbat (que l’on pose sur la plata) : ils doivent être échaudés, de crainte que des miettes de ‘hamets n’y soient tombées, et que leur goût n’ait été absorbé. L’échaudage se fait en remplissant l’ustensile d’autant d’eau qu’il est possible, que l’on fait bouillir, et que l’on verse ensuite de la façon même dont on verse, habituellement, l’eau de l’ustensile. Il est bon de le nettoyer au préalable du tartre qui a pu s’y accumuler. Si l’on a l’usage de poser des pains (‘halot) sur le couvercle de la bouilloire sabbatique afin de les réchauffer à l’approche du repas de Chabbat, il faut également échauder son couvercle[9].

Bouteille thermos : on la nettoie bien et on l’échaude à l’eau bouillante. Quand il est difficile de l’immerger, on peut se contenter d’y jeter de l’eau bouillante, à l’intérieur et sur le verseur.

Grille-pain (toasteur) : sa cachérisation requerrait, théoriquement, un chauffage à blanc intégral ; mais en pratique, puisque l’appareil risquerait d’être endommagé par l’opération, il ne faut pas le cachériser.

Ustensiles servant au pétrissage de la pâte : si l’on suit l’opinion du Rama, il faut a priori procéder à un chauffage à blanc léger ; mais puisque l’opération risque d’endommager l’ustensile, il ne faut pas le cachériser (451, 16-17). Si l’on suit le Choul’han ‘Aroukh, on peut procéder à l’échaudage. A priori, on a coutume d’être rigoureux, conformément à l’avis du Rama (Kaf Ha’haïm 451, 196 et 263).

Dentier : on le nettoie bien, avant que ne commence la période d’interdiction du ‘hamets. Il n’est pas nécessaire de l’échauder, car il n’est pas d’usage d’introduire dans sa bouche de la nourriture ou des boissons bouillantes. De même que l’on mange des aliments carnés et lactés avec le même dentier, en se contentant de le nettoyer entre-temps, de même peut-il servir à manger à Pessa’h[10].


[b]. Car de l’eau y est versée directement de la bouilloire.

[9]. Le cas est peut-être un peu douteux, car il n’y a pas de sauce, et le pain de Chabbat parvient, au contact de l’ustensile, à la température de yad solédet bo : on pourrait donc considérer que l’absorption du goût du pain par le couvercle est l’effet du feu lui-même, ce qui obligerait à le cachériser par chauffage à blanc intégral. Or un couvercle d’aluminium ne pourrait supporter le chauffage à blanc. D’un autre point de vue, le goût du pain ne se transmet peut-être pas du tout au couvercle, car il n’y a là aucune humidité ou presque, de la même façon que des goûts ne peuvent se transmettre entre deux morceaux de métal chauds et secs. La coutume est d’être indulgent. On peut ajouter ici, comme motif d’indulgence, l’opinion selon laquelle le ‘hamets, durant l’année, est appelé chose permise (hitra), si bien que l’échaudage est efficace, dans le cas même où un chauffage à blanc serait normalement requis (comme nous l’avons vu ci-dessus, chap. 10 § 6). En outre, après l’expiration de vingt-quatre heures, le doute subsistant porte sur une norme rabbinique. Toutefois, puisqu’il est certain que du ‘hamets s’est trouvé placé sur l’ustensile, il faut en échauder le couvercle dans de l’eau bouillante.

[10]. Parmi les décisionnaires indulgents : les responsa Beit Yits’haq, Yoré Dé’a I 43, 12 ; Melamed Leho’il, Ora’h ‘Haïm 93 ; c’est aussi la position du Rav Tsvi Pessa’h Frank et du Yabia’ Omer III 24. Les responsa du Maharcham I 197 sont indulgents à l’égard du passage entre viande et lait, mais rigoureux à l’égard de Pessa’h : il faut, selon l’auteur, cachériser le dentier en y versant de l’eau bouillante. Selon le Tsits Eliézer IX 25, si l’on s’en tient à la stricte obligation, il suffit de bien astiquer le dentier, mais certains décisionnaires exigent un échaudage dans un keli chéni, voire dans un keli richon.

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