04. Four

Pour cachériser le four lui-même, il faut le bien nettoyer, puis le mettre en marche à chaleur maximale pendant une demi-heure.

Les moules, quant à eux, sont difficiles à cachériser, car ils ont absorbé les saveurs de ‘hamets par le biais du feu, ce qui justifie un chauffage à blanc intégral (liboun ‘hamour) ; or cette opération est de nature à les endommager grandement, si bien qu’il ne faut pas les cachériser (cf. ci-dessus, chap. 10 § 7). Aussi faut-il acheter des moules que l’on vouera spécialement à la fête de Pessa’h ; quant aux moules ‘hamets, on les nettoiera et on les rangera avec le reste de la vaisselle ‘hamets. Si l’on n’a pu se procurer des moules qui conviennent à Pessa’h, on pourra utiliser des moules jetables. En ce cas, on cachérisera, en même temps que le four porté à température maximale pendant une demi-heure, sa grille, pour y déposer ensuite les moules jetables.

Les fours nouveaux, qui s’auto-nettoient à une température d’environ 500°, n’ont pas besoin d’être nettoyés avant cachérisation, car un nettoyage à une telle température est considéré comme un chauffage à blanc intégral, ce qui suffit à cachériser le four pour Pessa’h[4].


[4]. Certains décisionnaires, rigoureux, interdisent la cachérisation des fours pour Pessa’h, en raison d’une crainte qui s’appliquait aux anciens fours : que des miettes ne soient tombées dans la porte du four, et qu’elles ne ressortent et se mélangent aux aliments de Pessa’h. La solution est de laver la porte du four avec beaucoup de savon liquide, afin que les miettes qui s’y trouvent soient dénaturées et deviennent impropres à la consommation d’un chien. Certains restent néanmoins rigoureux, car on peut craindre que de la nourriture ‘hamets n’ait touché les parois du four : en ce cas, la cachérisation du four requerrait un chauffage à blanc intégral, ce qui est impossible, car le four en serait endommagé. Mais la majorité des décisionnaires sont indulgents, car le four, dans sa partie principale (hors accessoires tels que les moules), n’a généralement pas de contact avec les aliments qui s’y trouvent : il absorbe simplement la vapeur de ce que l’on y cuit ; or un chauffage à blanc léger (liboun qal), que l’on met en œuvre en portant le four à température maximale pendant une demi-heure, suffit certainement à cachériser le four de ladite absorption. Et si, quelquefois, il arrive que de la nourriture ‘hamets déborde et que son goût soit absorbé par les parois du four, à un degré correspondant à l’absorption que produit le feu, le Choul’han ‘Aroukh (451, 6), estime, nous l’avons vu, que l’on se fonde sur la majorité des utilisations. Le Michna Beroura lui-même (451, 48) est indulgent à cet égard, et n’exige qu’un chauffage à blanc léger (liboun qal).

Il faut encore associer à ce motif d’indulgence l’opinion selon laquelle l’absorption de ‘hamets avant Pessa’h porte sur une chose permise, cas dans lequel un chauffage à blanc léger est efficace a priori (comme nous l’avons vu au chap. 10 § 6). Associons encore ceux des décisionnaires qui estiment que le principe kevol’o kakh polto (« le mode d’expulsion suit le mode d’absorption ») s’applique également à une absorption produite par la chaleur du feu (cf. ci-dessus, chap. 10 § 5), si bien que le chauffage du four à température maximale est efficace.

S’agissant des moules, par contre, nous adoptons l’opinion rigoureuse, qui exige un chauffage à blanc intégral. Toutefois, si un moule a subi un chauffage à blanc léger, il est certain que ce moule pourra servir de support sur lequel on déposera un moule jetable pour Pessa’h. À plus forte raison, la grille du four pourra servir de support, après chauffage à blanc léger. Mais il est bon de recouvrir ce support, moule ou grille, de papier aluminium, afin qu’aucun contact ne se crée, même si quelque aliment déborde du moule jetable. Il n’est pas nécessaire, pour procéder à la cachérisation des moules ‘hamets ou de la grille, d’attendre vingt-quatre heures : la cachérisation se fait en effet par chauffage à blanc léger, qui a pour effet d’expulser le goût absorbé par l’ustensile et de le brûler.

Quant aux nouveaux fours, qui s’auto-nettoient à une température d’environ 500°C, en transformant toute la saleté en poussière : puisque cette chaleur aurait évidemment entraîné, avec les anciens métaux, la production d’étincelles, ou le changement de couleur (cf. ci-dessus chap. 10 § 5), un tel chauffage-nettoyage est considéré comme un chauffage à blanc intégral, qui brûle toute saveur que recèle le métal ; on peut donc cachériser ainsi le four. Les moules pourraient aussi être cachérisés à une telle température, mais il faut vérifier si cela n’est pas susceptible de les endommager, selon les recommandations des fabricants.

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