08. Table à manger

Autrefois, on avait l’habitude de cachériser les tables à manger en y versant de l’eau bouillante. Certains, rigoureux, opéraient cette cachérisation en versant de l’eau bouillante dont on rehaussait la température par une pierre chauffée à blanc, afin que la cachérisation se fît au degré de keli richon. Mais les tables, de nos jours, sont délicates et fragiles ; si l’on y versait de l’eau bouillante, elles s’abîmeraient : soit qu’elles gonfleraient, soit que leur revêtement se détacherait.

Aussi, l’essentiel est-il de bien nettoyer la table, puis d’y coller une nappe de plastique ou de papier, afin de former une séparation fixe entre la table, d’une part, et les ustensiles et aliments de Pessa’h d’autre part. Sur cette nappe de plastique ou de papier, on étendra une nappe de tissu. Il est bon d’avoir soin de ne pas poser de marmites fumantes directement sur la table.

Les nappes de table sur lesquelles on a mangé du ‘hamets peuvent être lavées à la machine : de cette façon, elles seront rendues cachères pour Pessa’h.

Si l’on souhaite pétrir de la pâte durant Pessa’h, il faut prévoir d’autres surfaces, car il est difficile d’adapter les tables de cuisine ou de salle à manger au pétrissage de la pâte.

Une table sur laquelle, tout au long de l’année, on ne pose pas d’aliments ‘hamets chauds, et où l’on ne trouve pas non plus de rainures, doit être bien nettoyée, et il n’est pas besoin de la recouvrir[8].


[8]. Selon le Choul’han ‘Aroukh 451, 20, on a l’habitude de verser de l’eau bouillante sur les tables, car il arrive que s’y renverse de la soupe ‘hamets. Le Michna Beroura 114 ajoute que, selon le Mahari Weil 193, puisque l’on pose parfois des quiches chaudes sur les tables, celles-ci absorbent le goût du ‘hamets à un degré de keli richon. Aussi faut-il y verser de l’eau dont l’ébullition soit rehaussée par une pierre chauffée à blanc. Au paragraphe 17, le Michna Beroura écrit que les plaques sur lesquelles on dispose de la pâte, tout au long de l’année, requièrent un échaudage, car on y laisse reposer la pâte jusqu’à ce qu’elle fermente, ce qui les rend assimilables à l’ustensile ou se prépare le levain. Selon le Rama, la coutume est de ne point se servir, pour y pétrir de la pâte en vue de Pessa’h, des tables où l’on a l’habitude de pétrir durant l’année, car elles nécessiteraient un chauffage à blanc léger. De même, pour l’ustensile où se prépare le levain : pour le Rama, au paragraphe 16, on a coutume de le cachériser par chauffage à blanc léger.

Toutefois, il est clair qu’il faut distinguer les tables de l’époque des Richonim, qui étaient de bois épais et fort, et pouvaient supporter un jet d’eau bouillante à l’aide d’une pierre chauffée à blanc, de nos tables en aggloméré ou en « sandwich » et revêtues de formica, de feuille de bois, ou d’autres matières de ce genre. Par ailleurs, si l’on s’en tient à la stricte obligation, on peut, en cas de nécessité, se fonder sur l’usage majoritaire de la table, lequel est à froid. Aussi le Choul’han ‘Aroukh écrit-il que « l’on a l’habitude d’y verser de l’eau bouillante », ce qui laisse entendre que ce n’est pas une stricte obligation. Du point de vue du Rama lui-même, qui tient compte des usages minoritaires de la table, si l’on isole la table des aliments de Pessa’h, en y installant une surface de plastique ou de papier, il n’est plus à craindre que quelque goût de ‘hamets, incrusté dans la table, ne traverse cette surface, en particulier si l’on veille à ne pas poser directement sur la table des marmites fumantes, et que, chaque fois qu’une marmite est apportée à table, on la dépose sur une assiette ou quelque autre dessous de plat. De plus, puisque les tables d’aujourd’hui sont plus sensibles, on ne dépose plus guère de marmites fumantes directement sur la table. Dès lors, il est moins à craindre que du ‘hamets n’y soit absorbé à un degré de keli richon.

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