12. « Quand commence le mois d’av, on réduit les manifestations de joie »

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Nos sages enseignent dans la Michna : « Quand commence le mois d’av, on réduit les manifestations de joie[f] » (Ta’anit 26b). Car ces jours sont des jours de deuil pour la destruction du Temple. Par conséquent, il ne faut pas y organiser d’événements réjouissants, tels que des excursions, un séjour de vacances à l’hôtel, ni même de petites fêtes, comme une soirée entre amis ou une soirée donnée à l’occasion de l’entrée sous les drapeaux. Il est seulement permis d’organiser des événements dont le but essentiel est éducatif ou social. De même, si l’on a besoin de repos pour raison de santé, on pourra partir en vacances à l’hôtel ou en maison de repos, durant ces jours (cf. ci-dessus § 6).

On a coutume de ne pas ourdir les fils de chaîne d’un vêtement, pendant les neuf jours. En effet, à pareille époque, il fut porté atteinte au statut de la pierre d’assise du Temple, qui était le soubassement du monde ; aussi s’abstient-on de disposer les fils de chaîne, qui forment la base du vêtement. De même, il est interdit de coudre des vêtements neufs, durant les neuf jours. Il ne faut pas non plus tricoter des vêtements ou des kipas, pendant ces jours (Choul’han ‘Aroukh 551, 7-8). En revanche, il est permis de repriser des vêtements anciens. Celui qui tire ses revenus de la couture ou de la préparation d’étoffes, et pour qui ce travail, pendant les neuf jours, est nécessaire, consultera son rabbin.

Il est préférable d’annuler les cours de couture, pendant les neuf jours. En cas de nécessité, on pourra les maintenir, à condition de ne pas se livrer à la couture de vêtements neufs, mais de repriser des vêtements anciens, ou de faire des exercices de couture sur des étoffes qui ne présentent pas d’utilité.

Nos sages ont prescrit de limiter, durant ces jours, les achats de choses réjouissantes, et il convient de limiter tous les types de transaction commerciale. De même, on s’abstient, pendant cette période, d’effectuer des plantations ou de construire des édifices (maisons, etc…) qui apportent de la joie ; ces règles seront exposées plus loin (§ 18). Puisque l’on restreint, durant ces jours, les expressions de joie, on a coutume de ne pas manger alors de viande, ni de boire du vin, car cela réjouit (comme nous le verrons ci-après, § 13-15).

Puisqu’il s’agit de jours d’adversité, nos sages recommandent à ceux qui ont un différend judiciaire avec un non-Juif de tenter de s’y dérober au mois d’av, car alors Israël n’est pas chanceux, et l’on risque de perdre son procès (Choul’han ‘Aroukh 551, 1)[8].


[f]. Plus littéralement : « On diminue la joie. »

[8]. De prime abord, il faut comprendre que cette recommandation porte sur les neuf premiers jours d’av, où l’on essaie d’esquiver le règlement d’un différend avec un non-Juif ; ensuite, on pourra s’opposer à lui, comme dans le reste de l’année. C’est ce qu’écrit le Qorban Netanel au nom du Zohar. Toutefois le Maguen Avraham écrit, au nom de Rabbénou Yerou’ham, qu’il est souhaitable d’esquiver le règlement dudit différend pendant tout le mois d’av. Cf. Michna Beroura 551, 2, Cha’ar Hatsioun 2.

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