03. Jouer d’un instrument et chanter lors d’un repas associé à une mitsva

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Il est permis d’interpréter des chants de joie lors d’un repas associé à une mitsva (sé’oudat mitsva) : par exemple, lors du repas qui suit une circoncision, le rachat d’un premier-né, ou un repas donné en l’honneur de nouveaux mariés, où se récitent les sept bénédictions (chéva’ berakhot). De même, il est permis de faire une fête de bar-mitsva ou de bat-mitsva, à condition qu’elle soit organisée le jour même où l’adolescent(e) parvient à l’âge de l’observance des mitsvot.

Les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir si, en un endroit où l’on a l’habitude constante de faire venir des musiciens pour animer une sé’oudat mitsva, il est permis d’en faire venir aussi pendant les trois semaines. Selon certains, puisque le jeu instrumental est ici destiné aux besoins d’une mitsva, ce sera permis ; mais d’autres l’interdisent. Si l’on veut être indulgent, on a sur qui s’appuyer, à condition que tel soit l’usage, en cet endroit, tout au long de l’année.

Par conséquent, en un lieu où il est toujours d’usage de commander un orchestre pour une fête de bar-mitsva, on pourra le faire. Mais si certaines personnes, en ce lieu, font venir ordinairement deux musiciens, et que d’autres en fassent venir trois, il sera juste, pendant les trois semaines, de n’en faire venir que deux. La règle est la même pour toutes les célébrations joyeuses associées à une mitsva : on suit l’usage de toute l’année.

Mais lorsque commence le mois d’av, on ne fait plus venir d’orchestre, pour aucune célébration. De même, il n’y a plus lieu de diffuser, depuis un matériel de sonorisation, des chants de joie. Il ne sera permis que de chanter, sans accompagnement instrumental, les chants directement liés à la joie de la mitsva. Il sera même permis de danser en rond, quelque peu, comme beaucoup ont l’usage de le faire lors de la célébration d’une circoncision[2].

Des fiancés appartenant à des communautés ayant coutume de célébrer des mariages jusqu’à la fin du mois de tamouz seront autorisés à faire venir à leurs noces un orchestre « standard », car la joie des noces ne se fête pas sans instruments de musique. Ceux-là même qui ont coutume de ne pas se marier durant ces jours pourront se joindre à une telle fête et participer, en dansant, à la joie des époux, car il s’agit là d’une joie consacrée à une mitsva.


[2]. Le Kaf Ha’haïm 551, 40 rapporte une controverse entre A’haronim au sujet du jeu instrumental lors de festivités données à l’occasion d’une mitsva. Le Hilkhot ‘Haguim 25, 6 est rigoureux, tandis que le Torat Hamo’adim 5, 4 cite plusieurs A’haronim à l’appui de l’indulgence. Cf. Pisqé Techouvot 551, 13, lequel précise que, après Roch ‘hodech av, il n’y a plus lieu d’être indulgent.

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