20. Vêtements d’enfants ; hôpitaux

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Les vêtements de bébés, que ceux-ci ont l’habitude de souiller, ne font pas partie de l’interdit. De même, il est permis de lessiver des draps et des couvertures d’enfants quand ceux-ci ont mouillé leur lit la nuit. Nombreux sont ceux qui ont coutume d’être indulgents, en cas de nécessité, en permettant de laver des vêtements de grands enfants, car eux aussi salissent leurs vêtements, et le fait de lessiver ne comporte, à leur égard, aucun élément de joie (Rama 551, 14). Jusqu’au Chabbat ‘Hazon, les Ashkénazes sont fondés à être indulgents, en cela, a priori (Michna Beroura 551, 82 d’après le ‘Hayé Adam). Après Chabbat ‘Hazon, en cas de grande nécessité, c’est-à-dire dans le cas où tous les vêtements se sont salis, au point qu’il serait laid d’en vêtir les enfants, on pourra être indulgent et permettre de les lessiver[17].

Quand on lave des vêtements d’enfants à la machine, il n’est pas permis d’y ajouter de vêtements de grandes personnes. S’agissant même des vêtements d’enfants, il est bon, quand c’est possible, de les faire sécher discrètement, à l’intérieur de la maison, afin de ne pas sembler s’abstenir de prendre le deuil.

Dans les hôpitaux, il est permis de changer les draps et de lessiver les vêtements des malades, comme on en a l’usage tout au long de l’année, car le propos est ici de conserver l’hygiène et d’empêcher des contaminations, et non d’augmenter le plaisir et le bien-être. Dans les auberges, les hôtels, il est permis de changer les draps en vue de l’arrivée des prochains pensionnaires, car les gens sont dégoûtés à l’idée de dormir dans les draps d’autrui (Tsits Eliézer XIII 61). A priori, il est bon, avant d’utiliser les draps et accessoires de literie nouveaux, que le pensionnaire les piétine quelque peu, afin qu’ils ne soient pas considérés comme lessivés ; de plus, il demandera au personnel de ne pas lui changer davantage ses draps et accessoires de literie, ce jusqu’à l’expiration du 9 av[18].


[17]. Selon le Rama 551, 14, il n’est pas d’usage de s’abstenir de lessiver les vêtements des petits, et la coutume veut que l’on soit indulgent jusqu’à l’âge de l’éducation, six ans. Et en cas de nécessité on étend le champ de l’indulgence. Le Hilkhot ‘Hag Be’hag 4, 16 écrit au nom du Rav Elyachiv que « l’on a coutume de considérer les enfants de huit ans comme des petits ». Il semble que, lorsqu’il s’agit d’enfants qui se salissent beaucoup, et quoiqu’ils soient plus grands, on les considère comme petits.

[18]. Il est interdit à un Juif, durant la semaine où tombe le 9 av, de faire de la lessive pour des non-Juifs. Les Ashkénazes eux-mêmes ne sont rigoureux, en cela, que durant la semaine où tombe le 9 av (Michna Beroura 551, 43). L’interdit a pour cause la crainte de paraître faire de la lessive pour un Juif [marit ‘ayin : prise en considération de l’apparence]. Toutefois, s’il est manifeste que les vêtements sont ceux de non-Juifs, il sera permis de les lessiver. Un blanchisseur juif, qui n’aurait pas de quoi manger s’il n’exerçait pas son métier, pourra nettoyer les vêtements des non-Juifs durant ces jours (Michna Beroura 551, 42). Si l’on tire sa subsistance d’une blanchisserie, on est autorisé, même si l’on est ashkénaze, à être indulgent, et à faire fonctionner ladite blanchisserie jusqu’à Chabbat ‘Hazon. En effet, pour les Séfarades, il est encore permis de lessiver jusqu’alors, et, pour les Ashkénazes eux-mêmes, on a coutume d’être indulgent à l’égard de ceux qui n’ont qu’une tenue, ou en l’honneur du Chabbat. (Cf. Hilkhot ‘Hag Be’hag 4, 20, qui permet de travailler dans une blanchisserie, même dans la semaine du 9 av, si l’on risque d’être congédié. Tout cela mérite approfondissement ; cf. aussi op. cit. 4, 28.)

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