01. Les jours de bein hametsarim

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Les trois semaines qui commencent le soir du 17 tamouz et se poursuivent jusqu’au 9 av sont des jours de tristesse, au sujet desquels il est dit : « Tous ses persécuteurs l’ont atteinte parmi les détresses (bein hametsarim[a]) » (La 1, 3). Aussi nos sages ont-ils suggéré de redoubler de prudence, durant ces jours, qui sont susceptibles de malheurs. Par exemple, ceux qui se rendent en promenade ou vont nager à la mer, bien qu’ils doivent en tout temps faire attention de protéger leur personne, prendront garde davantage durant ces jours (Eikha Rabba 1, 29).

Afin de marquer le caractère de ces jours, nos sages ont prescrit, durant les trois semaines de bein hamétsarim (les « jours de détresse »), de lire des haftarot[b] traitant de calamités ; puis, dans les sept semaines qui suivent le 9 av, des haftarot de consolation (Choul’han ‘Aroukh 428, 8, d’après la Psiqta).

Bien que nos sages n’aient pas pris de décrets particuliers pour marquer la tristesse de ces trois semaines, le peuple juif a pris l’usage de s’abstenir de danser, durant toute cette période, et l’on s’abstient de dire la bénédiction Chéhé’héyanou (« Béni sois-Tu… qui nous as fait vivre, nous as maintenus et nous as fait parvenir à pareille époque »)[1].

Certaines coutumes de deuil ne sont observées que dans une partie des communautés. Les Ashkénazes, ainsi qu’une partie des Séfarades, parmi lesquels les originaires du Maroc et de Djerba, ont coutume de ne pas se faire couper les cheveux durant les trois semaines. Les autres Séfarades ont coutume de n’être rigoureux à cet égard que durant la semaine même du 9 av. De même, s’agissant des mariages : les Ashkénazes, les Yéménites et la majorité des Séfarades ont coutume, durant toute la période des trois semaines, de ne pas célébrer de noces ; d’autres communautés séfarades sont indulgentes en cela, et ne s’abstiennent de célébrer des noces qu’à partir de la néoménie du mois d’av (cf. ci-après, § 7).

Dans les paragraphes suivants, nous expliquerons de manière détaillée les coutumes des trois semaines, des neuf premiers d’av, et de la semaine même au cours de laquelle tombe le 9 av.


[a]. Littéralement : « entre les détresses », ou « entre les limites ».

[b]. Sing. haftara : texte tiré des livres prophétiques, lu à la synagogue après la lecture de la Torah, le Chabbat.

[1]. Bien que le jeûne du 17 tamouz commence à l’aube seulement, les coutumes de deuil des trois semaines commencent dès la nuit. Nous avons vu en effet, plus haut, qu’à l’origine le jeûne devait commencer de nuit, et que, si l’on jeûne de nos jours à partir de l’aube seulement, c’est qu’il n’y a point de décrets (gzera, plur. gzerot) à cet égard, et le jeûne dépend de la volonté du peuple juif ; or le peuple a voulu jeûner depuis l’aube. Mais les trois semaines n’en commencent pas moins la nuit du 17. C’est ce qu’écrit le ‘Hida dans ses responsa ‘Haïm Chaal I 24, d’après Na’hmanide. Certes, le Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm I 168, est indulgent en cela, en matière de mariage. De même, dans le vol. IV 112, l’auteur permet, en cas de grande nécessité, de se couper les cheveux le soir du 17. Toutefois, le Tsits Eliézer X 26 ne partage pas son avis : à partir du soir du 17 tamouz, même un mariage, qui constitue une mitsva, ne doit pas être célébré. Cet avis semble convainquant. Cf. Pisqé Techouvot 551, 7.

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