22. Chabbat ‘Hazon

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Chabbat ‘Hazon est le Chabbat qui précède le 9 av. C’est durant ce Chabbat que nous lisons la haftara ‘Hazon Yechayahou (« Vision d’Isaïe », Is 1, 1-27), où sont écrites des remontrances qui furent proférées avant la destruction du Temple. Selon la coutume séfarade, les usages de deuil, telles que l’interdit de lessiver et de se laver, commencent essentiellement à l’issue de ce Chabbat, car c’est alors que débute la semaine où tombe le 9 av. Par conséquent, d’après la coutume de la majorité des Séfarades, aucune trace de deuil n’est perceptible pendant Chabbat ‘Hazon. En revanche, selon la coutume ashkénaze, plusieurs usages de deuil sont observés dès Roch ‘hodech du mois d’av, de sorte que Chabbat ‘Hazon fait partie des jours de deuil. Aussi, nombre d’Ashkénazes ont l’usage de ne pas se laver à l’eau chaude à l’approche de Chabbat ‘Hazon, ni de porter des vêtements sabbatiques durant ce Chabbat. C’est en ce sens que se prononce le Rama (551, 1, 16).

Mais plusieurs décisionnaires ashkénazes, parmi les plus grands, ne s’accordent pas avec cet usage, car, soutiennent-ils, il ne faut pas montrer de signes de deuil pendant Chabbat. De nos jours, l’usage répandu, parmi les Ashkénazes, est de se laver à l’eau tiède, à l’approche de Chabbat ‘Hazon, en utilisant du savon et du shampooing ; de même, on porte des vêtements sabbatiques lessivés. Certains, toutefois, sont rigoureux : ils retirent de leur tenue l’un des vêtements sabbatiques, ou le remplacent par un vêtement plus ordinaire, afin d’exprimer de la souffrance quant à la destruction du Temple (Michna Beroura 551, 6)[20].

Lorsqu’un jeune homme fêtant sa bar-mitsva monte à la Torah pendant Chabbat ‘Hazon, on organise en son honneur un Qidouch, comme le veut l’usage pour tout autre Chabbat. Il n’y a pas lieu, en effet, de montrer des signes de deuil pendant Chabbat. De même, si un Chabbat ‘hatan[h] tombe à pareille date, on maintient le repas et le Qidouch conformément à l’usage. Dans le même sens, quand un petit garçon est né, ceux qui ont coutume d’organiser une fête de Chalom zakhar[i] peuvent le faire comme à l’habitude. [La règle applicable au 9 av tombant le Chabbat ou le dimanche sera expliquée plus loin, chap. 9 § 4.]


[20]. Les Ashkénazes ont l’usage de lire, le Chabbat ‘Hazon (même quand celui-ci ne tombe pas à la date du 9 av), de nombreux versets de la Haftara, ainsi qu’un verset de la paracha Devarim, sur la mélodie du livre des Lamentations (Eikha). Nombreux sont ceux qui, parmi les originaires d’Afrique du nord, ont l’usage de lire les trois haftarot annonciatrices d’adversité – qu’on lit pendant les trois semaines – suivant une mélodie proche de celle des Lamentations. Mais la majorité des Séfarades s’abstiennent de cela, afin de ne pas donner expression au deuil pendant Chabbat.

[h]. Chabbat précédant (chez les Ashkénazes) ou suivant (chez les Séfarades) un mariage, où il est de coutume de faire monter le fiancé à la Torah.

[i]. Repas organisé la nuit de Chabbat suivant la naissance d’un garçon ; on bénit les parents à cette occasion.

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