16. Construction et plantation durant les neuf jours

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Puisque l’on restreint l’expression de la joie durant les neuf jours, il est interdit de faire, durant cette période, une construction concourant à la joie, par exemple d’agrandir sa maison ou sa terrasse, sans qu’il y ait à cela une nécessité vitale. De même, il est interdit, durant ces jours, de blanchir à la chaux ou de repeindre les murs de sa maison, car on considère cela comme des superfluités réjouissantes. On peut en effet vivre chez soi sans cela (Choul’han ‘Aroukh 551, 2). De même, il est interdit de faire, pendant cette période de neuf jours, des réparations destinées à l’agrément visuel ou à quelque superfluité : changer ses volets, armoires, rideaux, etc., ou d’installer des objets précieux et réjouissants, qui ne sont pas d’une indispensable nécessité[12].

Mais si l’on habite, sa famille et soi-même, dans un appartement à l’étroit, il sera permis de construire une pièce supplémentaire pendant les neuf jours. De même, il est permis de faire tout travail de construction destiné à empêcher un dommage. Par exemple, si l’on a un mur qui menace de tomber, quoique l’on n’ait pas besoin de la pièce où il se trouve, et que cela ne présente pas de danger, il sera permis de le démolir selon la méthode habituelle et de le reconstruire, car de cette façon on s’évite une danger.

De même, il est permis de construire, de blanchir à la chaux ou de repeindre pour les nécessités d’une mitsva : par exemple de construire une synagogue ou une école (Michna Beroura 551, 12, Kaf Ha’haïm 25). Selon le ‘Aroukh Hachoul’han (551, 7), toute chose qui est  faite pour les besoins du public est considérée comme répondant aux nécessités d’une mitsva, et est permise.

Il est également interdit, durant ces jours, de faire une plantation contribuant à la joie, c’est-à-dire de planter des végétaux destinés à l’agrément visuel, tels que des arbres ornementaux, des myrtes, des roses et autres fleurs (Choul’han ‘Aroukh 551, 2). Mais il est permis d’entretenir les jardins d’agrément, de les arroser, de tondre le gazon et de poursuivre l’entretien courant.

En revanche, toute plantation réellement utilitaire est permise ; par conséquent, il est permis de planter des arbres fruitiers durant les neuf jours. De même, il est permis à celui qui tire sa subsistance de la culture d’arbustes décoratifs et de fleurs de les planter dans sa serre afin de les vendre.


[12]. Des volets ou des armoires non indispensables sont considérés comme une installation contribuant à la joie, comme l’écrit le Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm III 82 au sujet d’une armoire. Il semble juste d’interdire aussi le collage de papier peint destiné à l’agrément visuel, comme l’écrit le Betsel Ha’hakhamim 4, 54 (et contrairement à Igrot Moché ibid.). Il y a également lieu d’interdire l’installation de rideaux destinés à l’agrément visuel, comme l’écrit le Hilkhot ‘Hag Be’hag 4, 4. Mais quand le but essentiel des rideaux est d’assurer la discrétion de la vie domestique, il semble juste d’autoriser la pose de volets ou de rideaux. L’exemple classique de construction contribuant à la joie est donné par le traité Ta’anit 14b : la construction d’une maison qu’un père destine à son fils à l’occasion de son mariage. Mais de nos jours, cela n’a plus guère cours ; aussi ne l’avons-nous pas mentionné dans le corps de texte.

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