07. Bénédiction Chéhé’héyanou durant les trois semaines

https://ph.yhb.org.il/fr/05-08-07/

Certains des grands Richonim s’abstenaient de manger un fruit nouveau et d’acheter un vêtement neuf, durant les trois semaines, afin de ne pas avoir à prononcer la bénédiction Chéhé’héyanou. « Comment, disaient-ils, pourrions-nous prononcer les mots Chéhé’héyanou véqiyemanou véhigui’anou lazman hazé (“Béni sois-Tu… qui nous as fait vivre, nous a maintenus et nous as fait parvenir à cette époque”), en un temps d’adversité ? » (Séfer ‘Hassidim 840). On compte, il est vrai, certains grands décisionnaires qui pensaient qu’il n’était point nécessaire de prendre garde à cela (Touré Zahav, Gaon de Vilna). Mais au fil des générations, la coutume s’est répandue d’être rigoureux à cet égard, et de ne pas dire Chéhé’héyanou pendant la période de bein hametsarim. Par conséquent, on prend soin de ne pas manger de fruit nouveau pour lequel on devrait dire Chéhé’héyanou, et l’on n’achète pas non plus de vêtement neuf justifiant de réciter ladite bénédiction.

En revanche, il est permis d’acheter des choses sur lesquelles cette bénédiction ne se récite pas, cela jusqu’à la fin du mois de tamouz. Par exemple, il est permis d’acheter des chaussettes ou des tricots de peau : puisque ces sous-vêtements ne sont pas tellement importants, ils ne requièrent pas la bénédiction Chéhé’héyanou. De même, il est permis à ceux qui n’ont pas coutume de dire cette bénédiction pour des chaussures neuves d’en acheter (Choul’han ‘Aroukh et Rama, Ora’h ‘Haïm 223, 6 ; cf. Pniné Halakha, Les Bénédictions[e] 17, note 4).

De même, il est permis à un couple d’acheter un meuble ; en effet, puisque les époux sont associés dans cet achat, la bénédiction d’usage est Hatov véhamétiv (« Béni sois-Tu… qui est bon est fait du bien »). Par contre, une personne seule doit s’abstenir d’acheter un meuble, car dans ce cas, la bénédiction est Chéhé’héyanou (Choul’han ‘Aroukh 223, 5, Pniné Halakha, Lois des bénédictions 17, 3).

De même, il est permis d’acheter un vêtement important qui nécessite une retouche afin de pouvoir le porter après le 9 av : puisque, au moment de l’achat, il est encore impossible de le porter, on ne saurait réciter la bénédiction Chéhé’héyanou à ce moment (Michna Beroura 223, 17). Pour ceux qui ont coutume de réciter cette bénédiction au moment où ils portent le vêtement pour la première fois (et tel est l’usage le plus courant), il est même permis d’acheter un vêtement neuf pendant les trois semaines, à condition de ne le porter qu’après le 9 av. Ce n’est qu’alors que l’on récitera Chéhé’héyanou sur ce vêtement. Mais à partir de l’entrée du mois d’av, on restreint les achats ; et même quand il n’y aurait pas lieu de dire Chéhé’héyanou sur la chose achetée, il est juste de s’en abstenir (cf. ci-après § 18).


[e]. Titre original : Pniné Halakha, Berakhot. Encore inédit en français à cette date (2017).
Ce contenu a été publié dans Chapitre 08 - Coutumes des trois semaines. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.