05. Temps prescrit pour la mitsva du compte

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La période de supputation de l’omer commence la nuit du 16 nissan, comme il est dit : « Sept semaines tu compteras : dès que la faucille sera aux blés, tu commenceras à compter sept semaines. » (Dt 16, 9). « Dès que la faucille sera aux blés » correspond à la moisson de la gerbe, car la première chose moissonnée, parmi l’ensemble de la récolte céréalière annuelle, est la gerbe d’orge, consacrée à l’offrande de l’omer. Or le moment de la moisson de la gerbe est la nuit qui suit le premier jour de fête de Pessa’h, c’est-à-dire la nuit du 16 nissan. Tel est le temps où commence la mitsva du compte.

On doit compter de nuit, car il est écrit, au sujet du compte de l’omer : « Sept semaines, qui seront entières (temimot) » (Lv 23, 15) : l’adjectif temimot, littéralement « intègres » est expliqué par nos sages comme signifiant entières, complètes. Comme on le sait, une journée comporte la nuit et le jour ; or si nous voulons inclure toutes les nuits et tous les jours des sept semaines de l’omer, nous devons commencer à compter de nuit (Mena’hot 66a)[f]. Et pour que le compte inclue toutes les heures de la journée, c’est une mitsva que de compter aussitôt que possible, au début de la nuit. En particulier, on est pointilleux à cet égard au commencement de la période de l’omer, le premier soir, afin que le compte inclue toutes les heures des sept semaines. Mais les autres jours également, la façon la plus parfaite de réaliser la mitsva est de compter au début de la nuit, afin que le compte de chaque jour soit intègre et inclue la journée entière.

Bien que, a priori, compter dès que possible, au commencement du soir, participe de la mitsva, cela n’est pas une obligation (‘hova). Par conséquent, si l’on s’apprête à faire la prière d’Arvit, on dit Arvit avant de compter l’omer. Nous avons en effet pour principe qu’une mitsva permanente a priorité sur une mitsva non permanente ; or les mitsvot consistant à réciter le Chéma et à faire la prière d’Arvit sont d’usage constant, tout au long de l’année ; elles sont donc permanentes, plus que ne l’est le compte de l’omer (‘Hoq Ya’aqov ; cf. Béour Halakha 489, 1, passage commençant par A’har)[4].


[f]. Rappelons que la journée juive commence à la tombée de la nuit, comme il est dit : « Il fut soir, il fut matin » (Gn 1, 5).

[4]. Des propos de Maïmonide et du Ran, on peut inférer que toute la nuit convient indifféremment au compte de l’omer. Toutefois, s’agissant de l’ensemble des mitsvot, nos maîtres ont dit que ceux qui sont zélés pour le service divin se hâtent de les accomplir. Selon les tossaphistes et le Roch, il est préférable de compter l’omer au début de la nuit, de façon que le compte soit plus complet. En pratique, le Choul’han ‘Aroukh 489, 1 décide qu’il faut procéder au compte dès le commencement de la nuit, et c’est en ce sens que se prononcent le Michna Beroura 2 et le Kaf Ha’haïm 12.

Simplement, on récite d’abord la prière d’Arvit, car la lecture du Chéma et la prière ont un caractère de plus grande permanence (‘Hoq Ya’aqov). Selon le Mor Ouqtsi’a, il faut donner priorité au compte de l’omer, car l’horaire qui lui est fixé est immédiatement au début de la nuit, ce qui n’est pas le cas de la lecture du Chéma, ni de la prière : en effet, on peut, a priori, retarder celles-ci d’une demi-heure. Mais en pratique, on compte l’omer après Arvit (Béour Halakha 489, 1). En effet, il n’y a pas d’obligation, mais seulement un supplément de perfection, à compter l’omer dès le début de la nuit, puisque quiconque compte l’omer durant la nuit donne effet, ce faisant, à la notion d’ « intégrité du jour » (c’est-à-dire de journée complète). Aussi récite-t-on le Chéma et Arvit en premier lieu, puisque ces mitsvot ont plus de permanence.

Afin de ne pas retarder le compte de l’omer, nombre de décisionnaires écrivent qu’il faut compter immédiatement après le Qaddich Titqabal, par lequel on clôt la récitation de la ‘Amida, et avant ‘Alénou léchabéa’h, qui constitue une prière additionnelle. C’est l’opinion du Michna Beroura 489, 2 et celle du Nehar Mitsraïm, et tel est l’usage de la majorité des communautés juives, parmi lesquelles les communautés ashkénazes, et de nombreuses communautés d’Afrique du nord. Toutefois, nombre de fidèles séfarades ont coutume de compter après ‘Alénou léchabéa’h, afin d’achever d’abord tout ce que l’on a l’habitude de dire au titre de la prière d’Arvit.

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