04. Honorer le Chabbat par ses vêtements

C’est une mitsva que de faire honneur au Chabbat, comme il est dit : « Tu appelleras le Chabbat “délice”, le jour saint de l’Eternel “honoré” » (Is 58, 13). Parmi les éléments qui concourent à l’honneur du Chabbat, il y a le fait de ne pas être habillé, ce jour-là, comme en semaine (Chabbat 113a) ; les vêtements de Chabbat seront plus beaux, et devront être propres. Les décisionnaires ont écrit au nom de Rabbi Isaac Louria, de mémoire bénie, qu’il est bon de ne rien porter, le Chabbat, de ce que l’on a porté durant les jours profanes (Maguen Avraham 262, 2). En d’autres termes, que les vêtements soient spécifiques au Chabbat et aux fêtes, et que l’on change de sous-vêtements à l’approche de Chabbat, pour des sous-vêtements propres et lessivés. Certains sont rigoureux et achètent même des souliers particuliers pour Chabbat (cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 42, note 206). Même si l’on se trouve seul pendant Chabbat, c’est une mitsva que d’honorer ce jour par de beaux vêtements, car ces vêtements ne sont pas portés pour faire honneur à ceux qui nous voient, mais pour faire honneur au Chabbat (Michna Beroura 262, 6).

Si l’on se trouve, par l’effet des circonstances, en un endroit où l’on ne dispose pas de vêtements spécifiques pour Chabbat, ou si l’on est un pauvre qui ne dispose que d’un seul habit, on s’efforcera d’embellir son habit autant que possible à l’approche du saint jour. C’est ainsi que le Talmud de Jérusalem raconte : un jour, Rabbi Simlaï fit un exposé public, dans lequel il dit que chacun devait disposer de deux vêtements, l’un pour les jours de semaine, l’autre pour le Chabbat. Les élèves pleurèrent devant lui et lui dirent : « Nous sommes pauvres, et nous n’avons qu’un habit. » Il leur répondit : « Malgré tout, vous devez embellir votre habit à l’approche de Chabbat » (Péa 8, 7). De même, les soldats doivent porter durant Chabbat un uniforme de catégorie alephc ; faute d’autre possibilité, ils arrangeront et nettoieront leurs vêtements comme il leur sera possible.

L’un des dix règlements que prit Ezra le scribe prescrit de laver son linge le jeudi (Baba Qama 82a). Cette disposition a deux objets : 1) on ne doit pas porter, le Chabbat, de vêtements qui ne soient propres ; c’est pourquoi Ezra a ordonné de nettoyer son linge en l’honneur de Chabbat ; 2) dans la mesure où la lessive était un travail pénible, Ezra a prescrit de la faire le jeudi, afin que le vendredi restât disponible pour y préparer les plats de Chabbat et la maison. Cependant, de nos jours, où la lessive est faite par une machine, il est permis de faire de la lessive le vendredi, car cela n’entraîne pas de grande fatigue ni ne gêne les préparatifs de Chabbat. Toutefois, en ce qui concerne les vêtements de Chabbat eux-mêmes, il est bon de les laver dès le jeudi, conformément au règlement d’Ezra.

En règle générale, on peut apprendre de la décision d’Ezra qu’il faut prendre soin de ne pas transformer le vendredi en journée chargée de travaux pénibles et de tracas, mais de garder ce jour relativement libre, afin de pouvoir se préparer au Chabbat dans la sérénité et le calme (comme nous l’avons vu au paragraphe 2).


[4]. Catégorie « A » : uniforme ordinaire, soigné, que l’on porte quand on rentre chez soi. On n’exige pas, le Chabbat, un uniforme de cérémonie. En revanche, on veut éviter la catégorie beit (« B »), réservée aux classes, à l’entraînement et aux opérations de terrain.

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