04. Importance du deuxième repas

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Le repas que l’on prend le jour de Chabbat est plus important que celui de la veille au soir ; c’est pourquoi il convient de réserver à ce deuxième repas les meilleurs plats. Certes, du point de vue du Qidouch, il en va différemment : le Qidouch du soir est plus important, car il y a lieu de réciter la bénédiction sur la sainteté du jour dès que possible après l’entrée du Chabbat. Mais en ce qui concerne l’honneur dû au Chabbat, l’honneur propre au jour a préséance sur l’honneur propre à la nuit (Pessa’him 105b ; Choul’han ‘Aroukh 271, 3).

Celui qui fait davantage honneur au repas du soir qu’au repas du jour doit craindre la punition, estiment certains auteurs, car il porte atteinte à l’honneur du repas du jour (Rachi sur Guitin 38b). Aussi, certains ont soin de ne pas manger de poisson le soir de Chabbat, afin qu’il n’en résulte pas que le repas du soir ait plus d’importance que celui du jour (Yam Chel Chelomo ad loc.).

S’il se trouve que le repas du soir est plus considérable que celui du matin pour la seule raison que l’on a pu y servir des plats chauds et frais, il n’y a là aucun mal. Aussi, on ne s’abstiendra pas de préparer, pour le repas du soir, des poissons qui doivent être servis chauds, ni une soupe ou d’autres mets qui, si on les laissait reposer jusqu’au matin, s’abîmeraient, et cela, bien qu’en pratique il en résulte que le repas du soir sera plus prestigieux que celui du jour. En revanche, pour les autres aliments, qu’il est possible de servir aussi bien le soir que le jour – tel que le vin ou les fruits –, il faut avoir soin de donner honneur et préséance au repas du jour. Chez de nombreuses personnes il n’y a pas le moindre problème, car, s’il est vrai que l’on sert des mets chauds et frais le vendredi soir, on aime davantage encore les mets du jour, tels que le cholent[b], la tafina[c] ou le kougel[d], dont le goût particulier vient de ce qu’ils mijotent longtemps sur la plaque chauffante (‘Aroukh Hachoul’han 271, 9).

En pratique, celui qui aime davantage les spécialités du jour honore évidemment par cela le repas du jour. Mais celui qui ne les aime pas davantage que celles du soir devra ajouter au repas du jour des mets particulier, qu’il prise, afin de manifester ainsi que ce repas revêt une plus grande importance. Il n’est pas nécessaire de se restreindre pour autant durant le repas du soir.

Certains auteurs estiment qu’il convient, a priori, d’entamer le repas accompagné de pain immédiatement après le Qidouch du jour, et de ne pas manger, avant ce repas, de gâteaux ni d’autres aliments. En effet, la mitsva de faire du Chabbat son délice s’accomplit principalement par le repas sabbatique ; or si l’on mange différents aliments avant cela, on n’aura plus faim pour le repas proprement dit. Cependant la chose n’est pas interdite, car ce dont on se délecte à la suite immédiate du Qidouch est également considéré comme consommé en l’honneur du jour. L’essentiel est de garder de l’appétit pour le repas accompagné de pain, car c’est par lui que l’on accomplit la mitsva du deuxième repas (Darké Moché 249, 4 ; Béour Halakha 2, passage commençant par Moutar ; ‘Aroukh Hachoul’han 12-13).

Certains ont coutume de prendre pour repas du matin de Chabbat un repas léger, lacté, afin de rester frais et dispos, et de pouvoir étudier ensuite la Torah toute la journée ; le repas principal, carné, ils le font à l’approche du soir, en tant que troisième repas (cf. Maïmonide, Chabbat 30, 10). Il semble qu’eux aussi s’acquittent ainsi de leur obligation, car l’essentiel est que le repas principal ait lieu dans la journée de Chabbat.


[b]. Le texte original porte ‘hamin, littéralement plat chaud. La version ashkénaze se nomme cholent. Plat d’orge perlée, de blé, de haricots secs, qui mijotent toute une nuit dans une sauce, accompagnés de viande, de saucisse…

 

[c]. Version séfarade du ‘hamin, avec pois chiches, riz, œufs…

 

[d]. Kougel ou kygel : gâteau de pâtes, recette hiérosolymitaine.

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