03 – Dans quelle synagogue est-il préférable de prier ?

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Lorsqu’on veut se choisir un lieu de prière régulier, on doit prendre en compte plusieurs paramètres. Si l’on a le choix entre une maison d’étude (beit-hamidrach, yéchiva) et une synagogue, il est préférable de fixer sa place à la maison d’étude, lieu dont la sainteté est plus élevée et où la prière est davantage agréée (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 90, 18). Même lorsque le nombre de fidèles à la maison d’étude est moindre qu’à la synagogue, la maison d’étude est néanmoins préférable (Michna Beroura 90, 55). Il semble cependant que, si l’on ne peut trouver une place fixe à la maison d’étude, il vaille mieux se fixer une place à la synagogue.

Lorsque l’on doit choisir entre deux synagogues, on préférera celle où se tiennent le plus de cours de Torah, car une telle synagogue est plus proche de l’esprit d’une maison d’étude. De plus, il est préférable de se joindre à une communauté où l’on étudie davantage la Torah.

Si l’on a le choix entre deux synagogues, l’une où les fidèles sont nombreux et l’autre où ils sont en petit nombre, on préférera celle où les fidèles sont plus nombreux, car « le Roi se glorifie dans une grande assemblée » (Pr 14, 28). Cependant, si dans la grande synagogue il est difficile d’entendre correctement l’officiant, il est préférable de choisir la synagogue où l’on peut entendre l’officiant comme il convient (Michna Beroura 90, 28). Par conséquent, il vaut mieux en principe que les synagogues soient aussi grandes que possible, car l’honneur rendu au Ciel en est accru, mais ces dimensions ont une limite nécessaire car, au-delà de quelques centaines de fidèles, il devient impossible d’entendre correctement l’officiant.

Si, dans telle synagogue, il est fréquent que des fidèles bavardent durant la prière, et que dans telle autre on ne bavarde pas, il faut préférer la synagogue où l’on fait le plus honneur à la prière, car on pourra s’y concentrer davantage (Séfer ‘Hassidim 770).

Mais le principe le plus essentiel est la kavana. Par conséquent, au-delà tous les principes énoncés par les sages, le lieu où, personnellement, on peut se concentrer davantage est celui qu’il faut préférer (cf. Radbaz 3, 472).

De même, il est souhaitable de préférer une synagogue où l’on prie selon le rite de ses aïeux ; simplement, si l’on sait que l’on parviendra mieux à se concentrer dans une autre synagogue, on préférera la synagogue où l’on peut se concentrer le mieux (cf. chap. 6 § 3).

Chaque pas que l’homme fait en direction de la synagogue lui vaut une récompense ; aussi, bien que la synagogue préférable puisse être plus éloignée de son domicile, que l’on ne s’afflige pas de la fatigue causée par la marche car, pour chaque pas, on recevra une abondante recompense1.

  1. La récompense donnée pour chaque pas fait en direction du lieu de prière, nous l’apprenons du cas d’une veuve qui s’était rendue au beit-hamidrach lointain de Rabbi Yo’hanan (Sota 22a). De nombreux A’haronim, parmi lesquels le Michna Beroura 90, 37 laissent entendre que, si l’on a le choix entre deux synagogues égales en qualités, c’est un embellissement (hidour) de la mitsva que de choisir la plus éloignée, afin de mériter la récompense du supplément de pas faits en sa direction. Cependant plusieurs A’haronim écrivent que ce n’est que si la synagogue la plus éloignée est en soi préférable que l’on reçoit une récompense pour le supplément de pas effectués, soit qu’il s’y trouve une plus grande assemblée, soit qu’elle constitue aussi une maison d’étude, soit que l’on puisse s’y concentrer davantage. Mais quand la synagogue éloignée ne présente pas d’avantage, il n’y a pas de récompense particulière afférente au supplément de pas effectués pour s’y rendre. C’est ce qu’écrit le ‘Hida (Péta’h Einayim sur Sota, référence citée), ainsi que le Divré Malkiel et le Maharchag.
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