07 – Quand on s’habitue au rituel d’une autre communauté

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La question se pose parfois de savoir quelle attitude le fidèle doit adopter lorsque son père est originaire de telle diaspora, mais s’est habitué à prier dans le rituel d’une autre communauté. Le fils doit-il adopter le rituel dans lequel prie son père, ou celui de la communauté d’origine de son père ? En principe, la directive est la suivante : la coutume qui oblige est celle de la communauté d’origine du père et non l’usage personnel du père. Toutefois, lorsque le fils préfère poursuivre l’usage personnel de son père, parce qu’il lui serait difficile d’en changer, ou pour quelque autre raison, il lui est autorisé de poursuivre l’usage paternel. Mais, puisque cette question a des répercussions dans plusieurs domaines, il est préférable que chacun prenne conseil auprès de son Rav.

Une question semblable est apparue chez des descendants de familles ‘hassidiques qui ont eux-mêmes étudié dans des yéchivot (maisons d’étude) lituaniennes et se sont habitués à prier selon le rituel ashkénaze. Après avoir quitté la yéchiva, ils hésitent : faut-il continuer à prier dans le rituel ashkénaze, comme ils s’y sont habitués à la yéchiva, ou revenir au rituel sfard-‘hassidique, selon l’usage de leurs parents ? Des rabbins adeptes du rituel ashkénaze enseignent que, en toute rigueur, il leur faut continuer de prier selon le rituel ashkénaze car, jadis, tous les Juifs des pays de langue germanique priaient selon ce rituel, et ce n’est que depuis deux cents ans que les ‘Hassidim ont modifié leur version de la prière. Et bien qu’après tant d’années on ne demande pas aux descendants de familles ‘hassidiques de revenir au rituel ashkénaze, une personne qui s’y est déjà habituée fera mieux de continuer de prier selon ce rituel, car c’est là le rituel originel de ses ancêtres. Mais les rabbins ‘hassidiques donnent au contraire pour consigne de revenir au rituel ‘hassidique. En effet, si, après que tout le monde eut prié selon le rituel ashkénaze, les grands maîtres du ‘hassidisme ont ordonné de passer au rituel sfard-‘hassidique – afin que la version de la prière concordât avec les kavanot de Rabbi Isaac Louria – à plus forte raison celui qui est déjà né dans une famille ‘hassidique doit-il continuer à prier selon ce rituel. En pratique, puisque chacune des deux options est soutenue par des autorités, on est autorisé à choisir quelle voie suivre ; mais il est bon de prendre conseil auprès de son Rav1.

    1. La position des rabbins adeptes du rituel ashkénaze est rapportée par Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm 2, 24. C’est dans ce sens que tranche le Téphila Kehilkhata 4, 2 au nom du Rav Elyashiv : le rituel ashkénaze, dit-il, est celui dans lequel il conviendrait que prient tous les Ashkénazes. Simplement, au paragraphe suivant, il précise que, si l’on s’est habitué depuis l’enfance à un autre rituel de prière et qu’il soit difficile d’en changer, on peut en rester au rituel auquel on s’est habitué, comme l’ont enseigné le ‘Hazon Ich et Rabbi Yaaqov Kaniewski. Quant à l’opinion des rabbins ‘hassidiques, elle est assez connue.
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