03 – Prière additionnelle volontaire (téphilat nédava) et cas de doute

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Nos sages ont institué trois offices quotidiens : Cha’harit, en regard du sacrifice journalier du matin, Min’ha en regard du sacrifice journalier de la fin de l’après-midi, ‘Arvit en regard de la combustion des membres et des graisses sacrificiels sur l’autel. Et comme à l’époque du Temple, où tout particulier qui le souhaitait pouvait apporter volontairement des offrandes additionnelles, le particulier est autorisé à dire une ‘Amida supplémentaire à titre volontaire (téphilat nédava). Or pour qu’il soit perceptible à sa propre conscience que cette prière est volontaire, il faut y ajouter, en dehors du texte fixé par les sages, quelque demande personnelle et spécifique. De même qu’on n’apporte pas une offrande de Moussaf par don volontaire, on n’ajoute pas non plus de façon individuelle une ‘Amida de Moussaf. Et de même que l’on n’apporte pas d’offrande volontaire les jours de Chabbat et de fête, on ne récite pas de ‘Amida additionnelle durant ces jours (Choul’han ‘Aroukh 107, 1-2). Si l’on souhaite dire une ‘Amida additionnelle, il faut bien connaître sa capacité d’attention et être sûr de pouvoir se concentrer sur les mots de la prière, du début à la fin. Mais si l’on ne peut se concentrer comme il faut, mieux vaut ne pas ajouter de ‘Amida additionnelle (Choul’han ‘Aroukh 107, 4). De nos jours, il est convenu de dire que nous ne nous concentrons pas comme il convient, et l’on donne donc pour consigne de ne pas ajouter de ‘Amida volontaire.

Si l’on ne se souvient plus d’avoir dit ou non l’une des trois prières quotidiennes, et dans la mesure où le temps de récitation de la prière considérée n’est pas expiré, on doit redire la ‘Amida en raison du doute. On formule alors intérieurement la condition suivante : dans le cas où j’aurais déjà prié, la présente ‘Amida constituerait une prière additionnelle volontaire, et dans le cas où je n’aurais pas encore prié, cette ‘Amida aurait valeur de prière régulière obligatoire. Dans un tel cas, il n’est pas nécessaire d’ajouter de requête personnelle, car le fait même de sortir du doute constitue pour le fidèle un élément de renouveau. Et bien que, de nos jours, la ‘Amida volontaire ne soit plus en usage, l’usage reste actuel quand il s’agit de sortir du doute. Si, après avoir ainsi entamé une ‘Amida additionnelle, on se souvient que l’on avait en réalité déjà dit la ‘Amida, on doit poursuivre sa prière additionnelle jusqu’à la fin. En effet, il avait été préalablement stipulé que, dans le cas où l’on aurait déjà prié, la présente ‘Amida aurait valeur de prière additionnelle volontaire. Simplement, en ce cas, on ajoutera une demande personnelle, afin de manifester qu’il s’agit effectivement d’une prière personnelle.

Si, croyant n’avoir pas encore prié, on entame la ‘Amida en pensant qu’il s’agit d’une prière obligatoire, et que l’on se souvienne soudain, au milieu de cette ‘Amida, que l’on avait en réalité déjà prié, on interrompt immédiatement sa prière. Il est impossible de poursuivre cette prière en stipulant intérieurement que la suite de celle-ci aurait le caractère de prière volontaire. En effet, de même qu’un sacrifice ne peut appartenir en partie à la catégorie de sacrifice obligatoire et en partie à celle de sacrifice volontaire, de même une prière ne peut commencer en tant qu’obligation et se terminer en tant que bénévolat (Choul’han ‘Aroukh 107, 1).

Quand l’esprit vagabonde au milieu de sa prière, au point de ne plus savoir à quelle bénédiction l’on se trouve – par exemple, quand on ne sait plus si l’on en est à la sixième bénédiction ou à la dixième – on doit, selon la majorité des décisionnaires, reprendre sa récitation à la première des bénédictions faisant l’objet de l’hésitation ; dans l’exemple cité, pour sortir du doute, on reprendra sa lecture à partir de la sixième bénédiction[3].


[3]. Certes, selon le ‘Hayé Adam 24, 21, on reprend sa lecture à partir de la bénédiction que l’on est certain de ne pas avoir dite. Toutefois, selon la majorité des décisionnaires, on reprend sa lecture à partir de la bénédiction que l’on est certain d’avoir dite, afin que ne subsiste aucune possibilité d’omission de l’une des bénédictions. C’est ce qu’écrivent le Kaf Ha’haïm 119, 20, le Yabia’ Omer 2, 9 et le Yalqout Yossef I p. 206. Cf. Iché Israël 31, 2.

Nous avons rapporté la règle selon laquelle, quand on ne sait plus si l’on a prié ou non, on doit dire une ‘Amida en spécifiant qu’il peut s’agir le cas échéant d’une ‘Amida volontaire. Le Béour Halakha 107,1 cite à ce sujet le ‘Hayé Adam, selon lequel, de nos jours, on ne fait plus de prière additionnelle volontaire, même quand le caractère volontaire est conditionnel. Toutefois, l’opinion du ‘Hayé Adam à ce sujet n’est pas partagée par la majorité des décisionnaires.

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