05 – Les treize attributs de miséricorde (Cheloch esré midot ra’hamim)

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Après que Dieu eut pardonné la faute du veau d’or à Israël, et qu’Il eut même accordé à Israël d’être favorablement distingué d’entre tous les peuples, par son lien particulier avec le Saint béni soit-Il, Moïse notre maître demanda : « Fais-moi voir, de grâce, ta gloire. » Dieu lui répondit : « Je ferai passer toute Ma bonté devant ta face et proclamerai le nom YHWH [le Tétragramme] devant toi » ; c’est-à-dire : Je te révèlerai Mon nom saint, qui peut se révéler dans le monde, mais quant à Mon essence, il est totalement impossible de la saisir « car nul homme ne peut Me voir et vivre » (Ex 33, 18-20). « L’Eternel descendit dans la nuée ; Il se tint là avec lui ; (Moïse) invoqua le nom de l’Eternel[d]. L’Eternel passa devant sa face et proclama (Dieu proclama et révéla Ses noms à Moïse) : “YHWH est YHWH, Dieu miséricordieux et favorable, longanime et abondant en bonté fidèle ; Il maintient sa bonté envers des milliers de générations, pardonne la faute, la rébellion, le crime, et absout…” » (Ex 34, 5-7). Ce sont là les treize attributs de miséricorde.

Le Talmud élabore : « Rabbi Yo’hanan dit : “S’il n’y avait un verset explicite, il serait impossible de le dire. Cela nous apprend que le Saint béni soit-Il s’est enveloppé [dans la nuée] comme un officiant [dans son talith], et a enseigné à Moïse le rituel de la prière. Il lui a dit : En tout temps où le peuple d’Israël faute, qu’il suive devant Moi ce rituel et Je lui pardonnerai ” » (Roch Hachana 17b).

En nous pénétrant de la foi au niveau supérieur impliqué par les treize attributs de miséricorde, nous nous lions à Dieu de façon si profonde, si élevée, que nos fautes deviennent marginales et extérieures à nous-mêmes. De là vient l’expiation.

Aussi, dans les Seli’hot[e], aux jours de jeûne et le jour de Kippour, on mentionne de nombreuses fois les treize attributs de miséricorde. Les usages diffèrent durant les jours ouvrables : d’après les usages ashkénaze et yéménite (Baladi[f]), on ne les récite que le lundi et le jeudi, jours qui conviennent particulièrement aux supplications ; selon l’usage séfarade, conformément à l’avis de Rabbi Isaac Louria (Ari zal), on mentionne les treize attributs de miséricorde à chaque office où est récitée la Nefilat apayim.

La récitation des treize attributs de miséricorde appartient à la catégorie des Devarim chébiqdoucha (« paroles de sainteté »)[g], aussi faut-il un minyan pour les dire. Celui qui prie seul n’est pas autorisé à les réciter. Cependant, si l’on souhaite les réciter en suivant les signes de cantillation (téamim), comme si on lisait la Torah, on est autorisé à le faire (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 565, 5 ; Michna Beroura 12)[6]. Si l’on n’a pas eu le temps de terminer la lecture du passage introductif E-l erekh apayim (« Dieu longanime ») avant que l’assemblée n’arrive à la récitation des treize attributs de miséricorde eux-mêmes, on s’interrompt pour se joindre à la récitation des attributs. Tant que l’assemblée n’a pas terminé la récitation des attributs, on peut encore se joindre à celle-ci. Dès que l’assemblée a terminé, le fidèle reprend, à cet égard, le statut de particulier (Ben Ich ‘Haï, Ki Tissa 4).


[d]. Cette traduction suit le Targoum Yonathan. Les signes de ponctuation du verset indiquent : « (L’Eternel) proclama le nom YHWH ».
[e]. Seli’hot : cérémonie de prières pour implorer le pardon, dites avant l’aube dans la période qui précède Roch Hachana, et jusqu’à la veille de Kippour.
[f]. Baladi : nom de la plus ancienne communauté yéménite, par opposition à la communauté Chami.
[g]. Passages dont la récitation nécessite la présence d’un minyan, tels que le Qaddich, la Qédoucha, Barekhou. Sur cette catégorie, voir chap. 5 § 9 et 11.
[6]. Selon le Kaf Ha’haïm 131, 23, il est souhaitable que celui qui prie seul dise les treize attributs de miséricorde. Pour le Min’hat Eléazar 4, 22, il est préférable de s’en abstenir.

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