01. Horaires de Min’ha

Comme nous l’avons vu, certains décisionnaires pensent que les femmes sont tenues de réciter la ‘Amida de Cha’harit et celle de Min’ha chaque jour (chap. 2 § 2). D’autres estiment que les femmes ne sont tenues qu’à une ‘Amida quotidienne, celle de Cha’harit ou celle de Min’ha ; et bien qu’il soit préférable, à choisir, de prier à Cha’harit, une femme à qui il serait difficile de prier le matin est autorisée à prier à Min’ha (2 § 3). En pratique, il est bon de réciter la ‘Amida de Cha’harit et celle de Min’ha, conformément à l’opinion de la majorité des décisionnaires, mais celle qui dirait une seule ‘Amida serait quitte de son obligation (2 § 5).

La prière de Min’ha consiste dans la récitation de la ‘Amida ; et bien que les hommes aient l’usage de faire précéder la ‘Amida du psaume 145 (Achré/Tehila lé-David) et de la faire suivre de Ta’hanounim (supplications) et de la prière conclusive ‘Alénou léchabéa’h, les femmes ne sont pas tenues à ces ajouts. Toutefois, celle qui ne récite pas Achré devra attendre quelques secondes avant de commencer sa prière : le temps nécessaire pour parcourir quatre coudées (comme nous l’expliquons au chap. 10 § 1).

L’horaire de la prière de Min’ha est fixé d’après celui de l’oblation du sacrifice journalier de l’après-midi à l’époque du Temple : il commence une demi-heure après le midi solaire, c’est-à-dire depuis six heures solaires et demie du jour. Certes, si l’on s’en tient au fondement de la loi, le temps de l’oblation de l’après-midi courait à partir du milieu du jour ; toutefois, nos sages ont craint que les gens ne fissent erreur dans l’estimation de la place du soleil, et que le sacrifice ne fût apporté avant le midi solaire ; aussi ont-ils décidé que l’horaire du sacrifice de l’après-midi courrait une demi-heure après le milieu du jour. Cet horaire s’étend jusqu’au soir ; cependant, les décisionnaires débattent du temps précis où s’achève cette plage horaire. Leur controverse repose elle-même sur la question de savoir quand s’achève la période du sacrifice journalier de l’après-midi. Selon certains, le sacrifice pouvait être apporté jusqu’au coucher du soleil (élèves de Rabbénou Yona, Gaon de Vilna, Michna Beroura 233, 14) ; selon d’autres, il pouvait être valablement offert jusqu’à la nuit, et telle est l’opinion de la majorité des décisionnaires (Choul’han ‘Aroukh, Rama 233, 1).

En pratique, il faut s’efforcer de terminer la prière de Min’ha avant le coucher du soleil mais, a posteriori, on peut s’appuyer sur l’opinion de la majorité des décisionnaires et prier encore jusqu’environ treize minutes et demie après le coucher du soleil ; en effet, jusqu’à ce moment, de l’avis de tous, la nuit n’est pas encore tombée (La Prière d’Israël 24, 4)[1].


[1].. Afin que le fidèle n’oublie pas de réciter la prière de Min’ha, les sages ont institué une haie protectrice en décrétant qu’il ne soit entrepris, à partir de midi, aucune activité susceptible d’occuper l’esprit au point que l’on puisse en oublier de prier (comme l’explique le Choul’han ‘Aroukh 232, 2 ; cf. La Prière d’Israël 24, 5-6). Les décisionnaires n’ont pas écrit que ces interdits s’appliquaient aussi aux femmes ; à ce qu’il semble, même celles qui ont l’usage de réciter la prière de Min’ha ne sont pas tenues d’être pointilleuses à l’égard de ces interdits. La raison en est peut-être que les femmes sont autorisées à s’acquitter de leur obligation de prier en se contentant de la ‘Amida de Cha’harit, si bien que celles-là même qui ont l’usage de prier à Min’ha n’ont pas besoin d’être attentives à tous les interdits applicables avant la prière de Min’ha, cette prière n’étant pas, à leur égard, une pleine obligation. Peut-être les décisionnaires, estimant que les sages du Talmud n’ont pas appliqué de décret limitatif à une situation peu fréquente, se sont-ils abstenus d’appliquer ces limitations aux femmes, en raison du fait que, à cette époque, celles-ci étaient chez elles à pareille heure, et n’étaient pas occupées à de grands travaux ni à de grands repas, susceptibles de se prolonger longtemps. D’après cela, même de l’avis de ceux qui estiment que les femmes sont tenues de réciter la ‘Amida de Min’ha, ces interdits ne s’appliquent pas à elles : comme pour toute mitsva, la règle régissant Min’ha consiste à programmer son temps de manière qu’il soit possible de l’accomplir.
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