07. Aliments qu’il est permis de consommer la veille de Pessa’h : résumé

Comme nous l’avons vu, depuis le milieu du 14 nissan, commence la période d’interdit toranique de consommation du ‘hamets ; et pour placer une haie protectrice autour de cet interdit, nos sages y ont ajouté deux heures relatives (ou solaires). Il est donc permis de consommer du ‘hamets, la veille de Pessa’h, jusqu’à la fin de la quatrième heure solaire du jour. Comme il apparaît dans les calendriers, il y a deux méthodes de calcul des heures relatives : selon la méthode du Maguen Avraham, on fait commencer ce calcul horaire dès l’aube, tandis que suivant le Gaon de Vilna, il faut commencer au lever du soleil. A priori, il est bon d’être rigoureux, et d’achever la consommation du ‘hamets dès la fin de la quatrième heure telle que le Maguen Avraham l’entend ; cependant, en cas de nécessité, on peut être indulgent, et consommer du ‘hamets jusqu’à l’expiration de la quatrième heure suivant le calcul du Gaon de Vilna, puisque l’interdiction de consommer du ‘hamets après la quatrième heure est seulement rabbinique (cf. ci-dessus, chap. 3 § 6)[8].

Après l’expiration de la quatrième heure, un problème se pose pour ceux qui ont coutume de ne point manger de légumineuses (qitniot) à Pessa’h : quelle nourriture pourront-ils manger pour se rassasier ? Le ‘hamets et les légumineuses leur sont interdits ; quant à la matsa, les sages en ont interdit la consommation la veille de Pessa’h, afin que son goût soit notable et délectable le soir du séder. Concernant les gâteaux et pâtisseries confectionnés à partir de farine de matsa (matsa cuite et émiettée), nous avons vu au paragraphe précédent que les décisionnaires sont partagés. En pratique, on peut être indulgent, s’agissant d’un cas de doute portant sur un interdit rabbinique ; mais ceux qui sont rigoureux seront bénis pour cela. En revanche, tout le monde permet de manger des boulettes (kneidler) cuites à l’eau et faites de farine de matsa.

Suivant l’usage séfarade, il est permis de manger, aussi bien à Pessa’h que la veille de Pessa’h, de la matsa ‘achira, c’est-à-dire de la matsa faite de farine pétrie dans des jus de fruits (mei pérot) ou liquides de même statut, tels que le vin ou l’huile. Suivant l’usage ashkénaze, c’est interdit (Choul’han ‘Aroukh 462, 1-4). De nos jours, où de grands doutes sont apparus quant au mode de production de la matsa ‘achira, de nombreux décisionnaires, y compris séfarades, estiment qu’il faut s’abstenir d’en consommer, même la veille de Pessa’h après le milieu du jour (cf. ci-dessus, chap. 8 § 1).

Pour ceux-là même qui ont l’usage de manger de la matsa ‘achira (à condition, bien sûr, qu’elle ait été fabriquée conformément à la halakha, de façon non douteuse), il n’est permis de la manger, la veille de Pessa’h, que jusqu’à la fin de la neuvième heure relative du jour ; quand commence la dixième heure, par contre, environ trois heures avant l’entrée de la fête, nos sages interdisent de manger des gâteaux, afin que la matsa du soir du séder et du repas de fête soit consommée avec appétit. Si l’on a faim dans l’intervalle, on pourra manger un peu de fruits, de légumes, de viande ou de poisson, à condition d’avoir soin de ne manger qu’en petite quantité, afin d’avoir faim quand le soir viendra. Si l’on est particulièrement sensible, de sorte que, en mangeant de la viande ou quelque autre nourriture en milieu de journée, on risque de ne plus avoir faim le soir, on devra programmer ses ingestions du 14 nissan de manière à manger la matsa, le soir, avec appétit (Choul’han ‘Aroukh 471, 1-2).


[8]. La fin de la quatrième heure, suivant le Maguen Avraham, a lieu environ vingt-quatre minutes avant l’estimation du Gaon de Vilna. Cf. La Prière d’Israël, chap. 11, note 14. Nombreux sont ceux qui se trompent à ce sujet.

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